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alain borne

  • André Cohen Aknin

    Auteur, lecteur public

    Dans mon pays, dit-il, on parle au son du violon et de la derbouka. De sa terre natale, il garde la musicalité et le sens de l'accueil. Auteur et homme de théâtre, il chemine à travers voyages et vie quotidienne à la rencontre des autres.

    En 1983, il s'installe dans la Drôme, rencontre Geneviève Briot. Ensemble, ils donnent des récitals de poésie. Ils sont "Toujours et Jamais", puis les "Colporteurs liseurs".

    Auteur de pièces de théâtre, tournées en France et à l'étranger, il a aussi publié un roman "La lèvre du vent" aux Editions L'Harmattan - 2006 ; il y évoque l'Algérie, une terre où les traditions juives et berbères se sont mêlées au long des siècles. Une terre où l'oralité donne au mot couleur et saveur, une terre où il a vécu jusqu'à l'âge de 13 ans. Benjamin Stora parle d'un ouvrage "passionnant de sensibilité et d'érudition".

    Il chemine avec des musiciens, enseigne la communication, forme des enseignants, des élèves, des bibliothécaires à la lecture à voix haute, crée des rencontres : Mots de passe, Petites cours et résonances et met en scène des événements comme la "Biennale de l’International de Romans" qui a reçu le Prix national de l’innovation publique "Territoria 2004".

    En 2006, il participe à un collectif de créateurs "31 minutes", un itinéraire entre l'image et le trait, l'écriture et la voix. Son écriture devient alors plus sobre.

    "Le sourire de l'absente", un récit poétique publié à L'Atelier du Hanneton en 2012, est dans ce cheminement. Il y a les pays du sud, les pays du nord, les peintures de Giorda et de Modigliani qui bouleversent sa perception, l'amènent à une autre musicalité. Il donne actuellement une lecture récital de ce texte. Pour lui, le texte se fait chant, parole et musique en même temps.

    - "Le sourire de l’absente", récit poétique. Editions L'Atelier du Hanneton, 2012
    - "La lèvre du vent", roman. Editions L'Harmattan, 2006
    - "Le carnaval de votre enfance". Paroles de résidents, Ehpad de Romans. 2010
    - "Chronique d’un passager clandestin", récit d'une création théâtrale. 95-96. Inédit

    THÉÂTRE, écriture

    - “Salut Blaise”, 1988
    - “Tous les murs donnent au sud”, 1989
    - “Jour de marché”, 1998
    - "Les gens d’ici”, 1994
    - “Comme un Blues”, 1996
    - “Les pensionnaires”, 1996-97
    - “Jugement de Carmentran”, 1997
    - “Visages”, 1998
    - “Conversation sur un fil”,  2000-2002. Coauteur Geneviève Briot
    - “Molière al-Qabbânî”, 2001-2003. Coauteur Mohamed Machti
    - "Le chant d’Abelle", 2006 - 2008
    - "Le sourire de l'absente", 2012

    RÉCITALS ET LECTURES DE POÉSIE CONTEMPORAINE

    -Toujours et jamais et ses musiciens, 1986-87.
    - Récitals de poésie contemporaine avec le pianiste Pascal Cappuccia.1991.
    - Les Colporteurs liseurs, avec Geneviève Briot, depuis 1997 :
    "Le monde a mille voix",  "Alain Borne, une poésie d'ombre et de feu", "Andrée Chedid, un univers", "Paul Vincensini, une poésie en bleu majeur", "Le bruit des mots, le bruit du monde", "Vivre ensemble", "Des saveurs et des livres", "Il pleut des oiseaux bleus"…
    "La poésie d’Afrique du Sud", 2007.
    "Le sourire de l'absente", lecture récital, 2013,

    CRÉATION, EXPOSITIONS, MISES EN SCÈNE

    - "Mots de passe", 1985-86. Un espace où les créateurs peuvent s’exprimer.
    - "Petites joies avec pignon sur rue", 2000. Création de rencontres d’auteurs. Romans. Evénement festif.
    - "Danse avec les mots" 2002. Lecture récital avec deux équipes de médiathèques.
    - "Biennale de l’International de Romans", 2004, 2006, 2008, 2010. La première manifestation a reçu le Prix national de l’innovation "Territoria, 2004"
    - "31 minutes", 2006.  Un itinéraire entre l'image et le trait, l'écriture et la voix. Avec un collectif de créateurs.
    - "Sur le chemin de Compostelle". Scénario et mise en scène - chorale, 2010.
    - "Quand 1+1 font 4", 2014. Avec Stéphane Landois de l'Atelier du Hanneton. Lecture.
    - "Paroles de silence", encres et poésies. Exposition à Bourg les Valence. 2013
    - Assistant mise en scène “La vie de Galilée” de B. Brecht mise en scène de Philippe Delaigue, 1995-96. Et stage mise en scène avec François Rancillac Comédie de Saint-Etienne, 2010.

    INTERVENTIONS EN MILIEU SCOLAIRE ET UNIVERSITAIRE

    Lectures, ateliers voix, ateliers d'écriture. IUFM Aubenas, Grenoble, Lycées, collèges, écoles primaires, médiathèques, FOL…  Recueils : "C'est de moi que l'on parle" - "De feu et d'encre" - "Portraits de femmes" - "A celle, à celui qui viendra" - "Tais-toi et mange".

    Membre de la Maison des Écrivains (MEL) et de la Société des Auteurs (SACD)

  • Les poètes Alain Borne et Paul Vincensini

    Nous avons eu le plaisir de présenter une lecture musicale le 30 octobre 2015 à la Médiathèque de Montélimar en soirée de clôture du Centenaire de la naissance d'Alain Borne. Avec beaucoup de talent, Lise Péchenart, violoncelliste qui nous accompagnait, a glissé ses mélodies, souvent improvisées, entre les textes ou à l'intérieur des poèmes.

    Nous avons connu Paul Vincensini. Celui-ci, ami d'Alain Borne disait qu'Alain avait été son initiateur en poésie. Quant à nous, nous avons marché sur les traces de Paul dont l'ambition était de faire vivre la poésie.

    Pierre Seghers disait qu'Alain Borne était avec Paul Eluard l'une des grandes voix amoureuses du XXe siècle. Ses poèmes de passion et de sensualité jaillissent peut-être d'autant plus intensément qu'il est hanté par la mort. Pour cette soirée souhaitée légère, nous n'avons donné que la face amoureuse. Paul Vincensini, poète funambule, pouvait apporter son humour qui cache une forme de gravité.

    Les deux poètes savaient la fêlure qui était en eux et que nous avons tous, mais ils en avaient la lucidité et seule la poésie leur permettait d'avoir les yeux ouverts. L'un se perd dans la femme aimée sans jamais pouvoir assouvir son désir d'absolu. L'autre ne cesse de revenir à l'enfance, de célébrer avec désinvolture les pierres, les oiseaux, le cheval, la rivière… dans la dualité des personnages "Toujours et Jamais."

    Deux poèmes dits en cette soirée :

    Tu étais belle ce soir dans le soleil

    plus que de lui vêtue

    on aurait dit que tout entier

    il se donnait pour te faire. 

    Tu me brûlais de loin

    tantôt tu étais d'or

    tantôt de miel tantôt de lait

    tu étais la rosée

    doublant de transparence l'aubépine.

    Je te savais brûlante

    je te savais la fraîcheur même

    tu étais l'aube mystérieusement couchée

    sur un million de lis.

    Alain Borne "La nuit me parle de toi" 

     

    Moi j'ai toujours peur du vent

    Me voici

    Mes poches

    Bourrées de cailloux

    Pour rester avec vous

    Ne pas m'envoler dans les arbres.

    Paul Vincensini "Toujours et jamais"

    Après la lecture, il y a eu un échange chaleureux avec le public, Chantal Brunel et Thierry Trial de la médiathèque. Merci à tous.

    Geneviève et André - Ass. BLEU 31

    Les œuvres complètes d'Alain Borne aux éditions Curandera sont épuisées. Des recueils ont été publiés chez des éditeurs dont : Voix d'encre, L'atelier du Hanneton, Jacques Brémond…

    L'œuvre poétique de Paul Vincensini est publié aux éditions L'arbre à paroles. Une sélection pour les enfants : "Je dors parfois dans les arbres" aux éditions Motus

  • Balades poétiques en Drôme

    rochefort-en-valdaine,ancône,moines de tibhirine,st marcel-les-sauzet,lise péchenart,paul vincensini,andré cohen aknin,geneviève briotLes balades poétiques "Il pleut des oiseaux bleus" ont fait vibrer les mots dans le château de Rochefort-en-Valdaine où errent encore les âmes d'un passé rude et enchanté.

    Nous avons été accueillis dans l'église d' Ancône où les oiseaux bleus sur les vitraux étaient lumière. Nos voix étaient portées par la sérénité fraternelle des moines de Tibhirine. L'église restaurée leur est dédiée.

    A St Marcel-les-Sauzet, nous étions enveloppés des pierres du passé et des bruits du jour, du lavoir à l'église romane, la poésie traçait son chemin.

    Dans tous ces lieux, le violoncelle de Lise Péchenart lançait ses notes de terre et de ciel, éclairait les mots d'amour, de liberté, de voyage, vibrait dans un temps hors du temps, celui de la poésie.

    "l'oiseau seul a tout le ciel pour s'étirer dans tous les sens" Paul Vincensini

    Les visages des "écoutants" devenaient des livres.

  • Il pleut des oiseaux bleus

    Dans le cadre d'Itinérance(S) 5èmeédition - Montélimar Agglomération, nous donnerons des balades poétiques. 2015 fête le centenaire de la naissance du poète Alain Borne.

    Lecture de Geneviève Briot et André Cohen Aknin. Avec Lise Péchenart, violoncelliste :

    "Toujours et Jamais traversent le village sous les rires des pierres et des arbres, parlent de rencontres, d'amours et de rêves. Ils nous invitent à la découverte de poètes dans une farandole de textes où pleuvent des oiseaux bleus. Leur credo : rien ne nous soutient mieux dans la vie qu'une bonne paire de poèmes."

    - Château de Rochefort-en-Valdaine, le samedi 14/03 à 15h30

    - Ancône, le samedi 21/03 à 15h30

    - St Marcel-Les-Sauzet, le dimanche 29/03 à 15h30

    Itinérance[S] - 04 75 54 35 73 - montelimar-agglo.fr - Ass BLEU 31 - 04 75 02 61 93 - bleu31@orange.fr - http://briot-cohenaknin.hautetfort.com/ - Lise Péchenart limaca@riseup.net

    Pour blog il pleut.jpg

  • Le monde est nu

     

    2015 Le monde est nu.jpg

    Cette année, nous fêterons le centenaire de la naissance d'Alain Borne. Il est né le 12 janvier 1915 dans l'Allier, il a passé son enfance en Ardèche à Privas et a vécu ensuite à Montélimar où il fut avocat. Il disait : "Pour moi, seule la poésie est vie, tout le reste est subsistance." 

    "Je songe à vous dans le soir dont la pluie contre moi resserre la présence.

    Le monde est nu, je voudrais le vêtir d'un poème d'amour comme la page blanche.

    Ma main répand de petits rêves froids, je construis de maigres vies grelottantes, j'aide à voir quelques yeux qui n'ont plus de refuge qu'en l'automne des livres.

    Le monde est nu, je n'ai qu'un cœur de glace à l'équateur de mon amour. Et pourtant le soleil m'avait paru si pauvre que je lui préférai mon gel de naissance.

    Faudra-t-il que je parte sans réussir ce feu dont j'assemblais les branches ?"

    Saurons-nous faire chanter les poèmes d'Alain Borne et faire vibrer ses mots en brasiers ?

    Geneviève & André

  • Silence !

    Voici ce que j'avais projet de lire en préambule lors de la table ronde "dire avec la voix, dire avec la plume" des "27 heures chrono" Baz'Art des Mots (2014). Faute de temps, le débat n'eut pas lieu. Ce n'est que partie remise, j'espère. On me demandait un avis tranché. Le voici :

     Je pense que dans ce monde où l'actualité nous parvient comme un tourbillon, nous manquons cruellement de silence.

    Le silence appartient au processus de la parole comme il appartient à la musique. Indispensable.

    On peut comparer le silence au vide de l'univers, la voix aux étoiles et aux planètes. Le silence est un immense champ de découverte. Il est un renouvellement de la parole pour qu'elle devienne audible. 

    Parole et silence semblent des contraires, alors que l'un possède l'autre comme le Yang et le Yin sont réunis en chaque partie du corps, en chaque chose. Le lien est constant. Un peu comme au théâtre où les "contraires" provoquent le mouvement. Rien n'est statique, rien n'est acquis. Un peu aussi comme la décroissance, dont on parle aujourd'hui, qui n'est pas la négation de la croissance mais son renouvellement. Le silence est source de renouveau pour la parole parlée et écrite. Donner un sens à l'un donne un sens à l'autre.

     Le silence comme viatique à la fête, à la pleine possession du corps. C'est aussi un temps où l'on apprend à parler avec la voix de la terre.

    Le silence comme époux de la parole. "La poésie, ce sont les noces de la paroles et du silence", nous dit Guillevic.

     Transversalité de la parole et du silence, comme oralité et écriture, corps, espaces, matières. Des lieux sans frontières.

     Je propose de fomenter des silences, jusqu'à l'insurrection ! Créons des brigades de silence !

     Le silence comme un rêve de l'autre. Aucune rencontre n’est anodine. C’est “l’autre” qui te métamorphose. Aller à sa rencontre, c’est aussi aller à la rencontre de soi, trouver la source d’une renaissance, inventer le temps qui reste.

    Offrons-nous ces moments. Partageons-les comme on partage un repas. D'autres paroles viendront ensuite, naturellement.

    Jusqu'à la débandade. 

    Aux mots du poète Alain Borne "Je pense que tout est fini qui retenait la toile / Je pense qu'il reste dorénavant surtout à mourir". Ce qui, ici, retient la toile est pour moi le silence. Je préfère ceux pleins de vie et de fougue de Blaise Cendrars "Quand je pense, je suis un animal en rut qui se vautre la verge haute stupide vers le futur. Quand je pense, je suis la débandade effrayée des sons d'une symphonie, la débandade de l'harmonie et du silence".

    Je termine ce préambule avec Philippe Jaccottet : "Le travail du poète est de veiller comme un berger et d'appeler tout ce qui risque de se perdre s'il s'endort".

    André Cohen Aknin, juin 2014

  • Les mots qu'il faut

    Dans la tourmente et devant la folie des hommes, nous écoutons les poètes qui ont toujours les mots qu'il faut.

    "A force de parler d'amour
    vous sentirez à vos lèvres ce mot
    comme de la neige
    plutôt que du sang."

    Alain Borne

  • Terre de l'été

    Il y a une soixantaine d'années, le poète Alain Borne écrivait les poèmes qui composent "Terre de l'été". Je l'imagine aux heures chaudes à l'ombre des persiennes dans sa maison de Montélimar évoquer la brûlure de l'été et de l'émoi amoureux.
    En voici quelques extraits :

    "Août
    le vent de flammes
    sur l'enclume blanche,
    et tout le ciel n'est que marteaux.
    ……………
    Le soleil imite l'amour
    et pèse sa lente brûlure
    aux balances d'un corps renversé
    ……………
    Pour quatre lèvres
    une soif unique
    chemine chemine
    cheval de soleil
    ……………
    Sous sa robe blanche
    ma compagne est nue
    jambe de soleil,
    corsage de lait
    sang visité d'eau
    il reste une source
    où le ciel est tiède
    et où l'aube reste
    sous le grand midi,
    il reste un peu d'ombre,
    un dernier cyprès
    sur le feu de la route,
    un pétale de neige
    sur tout ce fer rouge,
    ma compagne est nue
    sous sa robe blanche
    chemine, chemine,
    cheval de myrte.

    Pour quatre lèvres
    une soif unique
    chemine chemine
    cheval d'éveil"