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Citations

  • Chemin faisant - Balade poétique à Condillac

    En ces temps troublés par la guerre en Ukraine, par les tempêtes qui secouent la planète, des petites joies se faufilent dans les villages et sur les chemins de campagne.
    Geneviève et André, les colporteurs-liseurs, ont été sollicités par la médiathèque de Montélimar dans le cadre de Itinérance(s) ; à eux, se sont greffés d'autres liseurs : Naïs, Juan-Antonio et deux jeunes musiciens, Esteban saxophoniste et Maïa violoncelliste. Une équipe pour faire entendre poésie d'ici et d'ailleurs.
    Une trentaine de promeneurs s'étaient rassemblés autour d'eux ce samedi 30 avril.
     
    Revenir à la source, aux sources de la Layne à Condillac qui eurent leur moment de prestige quand elles étaient autrefois exploitées.
    J'écoute le murmure des sources, dit Naïs, des mots extraits d'un recueil Un caillou qui pense oiseau. Et ils sont là les oiseaux dans les branches qui s'agitent sous la brise. Se disent alors des mots sur l'importance de l'eau d'un poème touareg.
    Il y a presque toujours dans les lectures des colporteurs-liseurs des textes teintés d'humour du poète ardéchois Paul Vincensini qu'ils ont connu :
    Moi j'ai toujours peur du vent 
    Me voici 
    Mes poches 
    Bourrées de cailloux
    Pour rester avec vous
    Ne pas m'envoler dans les arbres
     
    On grimpe alors sur la colline, tandis que des interrogations de Guillevic ponctuent la grimpette :
    La force de qui / La force de quoi / Rêvez-vous d'avoir / Et c'est pour quoi faire ?
    Christine de la mairie de Condillac se lance et pose une question de Michel de Maulpoix : À qui, à quoi as-tu donné ton temps ? 
    Le groupe manifeste le plaisir de l'échange, du printemps, du partage.
    Esteban sur son saxophone élève aussi sa question musicale, libre d'interprétation. Ses notes de cuivre accompagnent certains textes et illuminent l'instant. Sa sonorité sait devenir murmure pour doubler la voix d'André qui conte comment il est né de ses voyages : route route route soixante fois route je suis né d'elle.
    Le poème Les exilés rappelle les dures épreuves des déracinés dans le monde et la nécessité de les accueillir. Ils viennent à notre rencontre, dit le poème de Geneviève.
    Arrive le texte de Jean Louis Novert Nous sommes d'une longue marche. Jacky le maire de Condillac nous conte  l'histoire du château qu'on aperçoit environné par la forêt.
    Avec un texte de Natyot, Naïs parle de déplacer les montagnes.
    Tel est le pouvoir de la poésie, éveiller en nous l'essence des choses et nous donner la force d'agir. La meilleure impulsion ne serait-elle pas celle de l'amour ? Alors on entend les mots d'Alain Borne, poète montilien : Le monde est nu, je voudrais le vêtir d'un poème d'amour comme la page blanche.
    Les voix mêlées de Geneviève et André disent : Il y aura ceux qui s'aiment de Andrée Chedid.
    À la fin du parcours, c'est Maïa avec son violoncelle qui accueille les marcheurs. Elle accompagne Juan-Antonio qui dit en français et en espagnol un poème de Pablo Neruda sur Federico Garcia Lorca.
    Le spectacle nomade se clôt sur une phrase : L'espace est libre et les jeunes musiciens en harmonie l'expriment à leur façon. Ils nous enchantent avec un dernier morceau, La toccata de Girolami Frescobaldi. 

    Geneviève et André

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  • Balade poétique à Savasse, le 26 mars - Itinérance(s)

    Avec André et Geneviève, les Colporteurs- liseurs et une cinquantaine de marcheurs
     
    Sur la colline, sous les remparts, les poèmes des livres prennent voix. Des poètes d'aujourd'hui et d'autrefois, d'ici et d'ailleurs, africains, amérindiens, revivent dans les rues, près des églises, s'envolent avec les oiseaux dans la plaine.
    Les poèmes se mettent à battre dans les corps des marcheurs et dans les pierres.
    L'invisible enlace le visible.
    Un élan de partage nous unit.
    Bouquet de ferveur.
    La vigne des anciens toujours vivace fait couler les meilleurs cépages dans la voix de Claude, un participant.
    Nous marchons dans le manteau du printemps, prêts à faire éclore nos désirs secrets.
     
    Quand tu es mal à l'aise 
    dans ton cœur
    va marcher
    dit l'Amérindien Ted D. Palmanteer
     
    Écoute plus souvent
    Les choses que les êtres
    La voix du feu s'entend
    Entends la voix de l'eau
    Écoute dans le vent
    Le buisson en sanglot :
    c'est le souffle des ancêtres
    dit L'Africain Birango Diop
     
    Le monde est nu, je voudrais le vêtir d'un poème d'amour comme la page blanche,
    dit le Montilien Alain Borne

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  • J'écris au fond de mon lit

    Lettre d'un colporteur-liseur N°34
    "J'écris au fond de mon lit" de André Cohen Aknin
    Les textes cités sont tirés de "Le banquet silencieux", Paul Vincensini, Ed. Culture et Pédagogie. Et "Manifeste sur l'amour faible et l'amour amer" de Tristan Tzara 
     
    J'écris au fond de mon lit.
    La faute à ce foutu vaccin. Toute une nuit à délirer, à prendre des cachetons. Des images incroyables passaient dans ma tête. J'étais sur un navire marchand à cuisiner des cookies, moi qui n'ai jamais fait le moindre gâteau. J'engueulais ma voisine madame Lombard, alors que je lui voue une admiration sans limites. Imaginez une vieille dame avec un chapeau à fleurs dans son jardin chaque matin. J'essayais d'entrer dans une baignoire avec une chambre à air de camion, celle qui me servait de bouée lorsque j'étais enfant. À côté de moi, un homme se débattait. Je pensais à un des migrants morts en mer du Nord, il y a deux jours, mais non, c'était un Bosniaque, l'ouvrier avec qui je travaillais il y a belle lurette. Puis d'un coup, mes autres compagnons d'atelier sont apparus. Il y avait Jean le contremaître que rien n’étonnait, le roi de l'épure. Roger le trublion, toujours un mot pour rire, expert en scie circulaire et en coup de fourchette. Pierre au traçage. Fallait pas se louper avant d'envoyer les bois chez le toupilleur.
    Quand ils me voyaient avec un bouquin, ils tiquaient. Ils n'étaient pas contre, mais ils ne voulaient pas que notre singe, le patron, s'en aperçoive et les soupçonne de parler littérature au lieu de bosser.

    Longtemps, j'ai lu pour me remplir, pour découvrir et pour frimer auprès des filles, jusqu'à ce que ça devienne une habitude, un besoin, un refuge. J'avalais tout ce qui me tombait sous la main, avec, au début, une prédilection pour Dostoïevski, Camus et son théâtre, Hermann Hesse avec son "jeu des perles de verre", Zola pour son "ventre de Paris", un peu de Giono. J'entrais dans leurs mondes. Je m'en rassasiais, comme si j'avalais ces plats copieux que l'on sert dans les restaurants d'ouvriers.

    Où sont mes compagnons aujourd'hui ? J'aimerais tant échanger avec eux. Je sortirais les mots cachés dans mon bleu de travail, au moment de la gamelle, et leur dirais que la poésie dense, épurée, discrète, parfois débridée, un peu folle, n'est pas une parole de bois tendre poussé à la va-vite, rempli d'aubier et désagréable à travailler, non, qu'elle est un bois de la meilleure espèce, chêne, noyer, palissandre, coupé à la bonne lune et séché sans hâte à cœur, où chaque ligne donne sève à un meuble, comme à une phrase.

    Je citerais  Emmanuel Hocquart et leur dirais que "c'est au contact de la poésie que j'ai peu à peu réappris à lire". (1) Oui, chers compagnons, la poésie permet de lire autrement, de cheminer comme bon vous semble. Il y a certes le style du poète, mais vous n'êtes pas obligé de le suivre, vous pouvez vaquer au bord des phrases, vous arrêter sur un simple mot, qui, à l'instant où vous le croisez, contient le monde entier. Vous pouvez aussi vous retrouver face à de larges espaces qui semblent vides mais qui, en réalité, ne le sont pas. Je pense aux intervalles d'André du Bouchet que je prends pour des pistes de danse.

    Vos mains d'ouvrier sauront caresser l'aspérité des voyelles et le lisse des consonnes. Vous découvrirez que les vers courts sont des épines bleues et que l'octosyllabe possède une peau flétrie. Quant aux vers libres, ils feront de vous des équilibristes. Excellent pour la pose des planches de rive à huit ou dix mètres de hauteur.

    Je leur parlerais volontiers de mon masseur-magnétiseur de Montélimar. Pour le voir, il faut traverser une épicerie, contourner l'étal de légumes, longer le comptoir réfrigéré avant d'accéder à une petite pièce sur cour. Cet homme lit les corps, comme s'il tenait un livre. Sans rien lui dévoiler, il sait tout de nos stigmates, de notre vie.

    La poésie naît d'une source et devient source. Elle donne parfois l'impression de retrouver quelque chose ou quelqu'un que nous avons connu, il y a fort longtemps. Une voix ancienne, d'avant notre naissance et, peut-être, celle d'un jumeau intra-utérin disparu.

    Je leur dirais aussi, qu'avec la poésie, ils apprendraient à aimer, même mal.
    Je suis le seul débout
    Tous mes amis sont là assis
    Ils me sourient
    Avec leur beau regard
    Car je suis encore en retard
    Mais la table
    Je ne dis rien
    Mais je l'ai bien vue
    Mais les quatre pieds de la table
    Sont à deux doigts
    Au-dessus du sol
    Ne pas leur faire de peine
    Fermer les yeux
    M'asseoir près d'eux (2)
    S'ils ont encore un doute, je leur demanderais de se rapprocher d'un poste à ondes courtes et de s'abreuver pendant des heures d'affilée des voix nasillardes de stations lointaines, de Macao à Vancouver, en passant par Dakar et São Paulo. Ils pourraient ainsi trouver la porte au bout de la douleur dont parle Louise Glück.

    Si ce n'est pas le cas, alors ils pourraient s'essayer à l'écriture. Je leur conseillerais pour débuter (dans la bonne humeur) de faire un poème à la manière dadaïste. La table d'épure de l'atelier conviendrait parfaitement.
    Pour faire un poème dadaïste
    Prenez un journal.
    Prenez des ciseaux.
    Choisissez dans un journal un article ayant la longueur que vous comptez donner à votre poème.
    Découpez l'article.
    Découpez ensuite avec soin chacun des mots qui forment cet article et mettez-les dans un sac.
    Agitez doucement.
    Sortir ensuite chaque coupure l'une après l'autre.
    Copiez consciencieusement
    dans l'ordre où elles ont quitté le sac.
    Le poème vous ressemblera. (3)
    Aux infos de midi, j'apprends que le virus Covid aurait de nouveau muté du côté de l'Afrique australe et qu'à nos vaccins d'aujourd'hui, il faudra peut-être en ajouter d'autres. J'en conclus que j'écrirai de nouveau au fond de mon lit.

    André Cohen Aknin
     
    (1) Cité dans un "Nouveau monde, Poésies en France 1960-2010", Editions Mill&unepages Flammarion, à propos des Editions Oranges Export Ltd (1969-1986)
    (2) Le banquet silencieux, Paul Vincensini - tiré de "Toujours et Jamais" - Ed. Culture et Pédagogie)
    (3) Extrait du Manifeste sur l'amour faible et l'amour amer. Tristan Tzara (1920)

  • Des saveurs et des livres au Bazar de St Martin en Vercors

    "Des saveurs et des livres" au Bazar de St Martin en Vercors,
    par Geneviève Briot

    Du 6 au 12 août 2021 était organisé le Bazar de St Martin en Vercors, à l'initiative de la Cie Cyrène, avec Michel et Jacotte Fontaine : musique, théâtre, danse, lectures, film et chants au fil de la semaine sur le thème Le pain dans tous ses états.

    Nous les Colporteurs, André et Geneviève, avec Naïs, nous présentions une lecture Des Saveurs et des livres, un menu différent chaque jour. Nous étions dans la rue, sous le regard bienveillant de Raymond et Ginette, nos voisins de porte. Nous affichions des poésies comme d'autres accrochent leur lessive, montrant ainsi nos dessous les plus intimes, les poésies qui nous collent à la peau. Les cailloux peints et les tissus poèmes de Naïs montraient le chemin de la place jusqu'à nous.

    Nous présentions nos derniers ouvrages : Un lit dans l'océan, le lien entre une mère et son fils ponctué de saveurs orientales, D'azur et de feu où Josette l'héroïne croque la vie à belles dents.

    Ces extraits étaient ponctués de poèmes de Blaise Cendrars, Mahmoud Darwich, Guillevic, Pablo Neruda, François Cheng, Alain Borne, Paul Vincensini, Jean-Louis Novert et autres boulangers et pâtissiers des mots.

    Avec les Touaregs, nous avons fêté l'eau : "Annoncez que l'eau doit être partagée, annoncez-le à tous les peuples de la terre", tout en accueillant Omar Khayam venu de la Perse du XIIe siècle pour célébrer le vin.

    Notre table était ouverte à tous. Bernard Vandewièle est venu parler de son livre Brigitte l'œuvre à vif, Juan Antonio Martinez a slamé accompagné par Esteban au saxophone, Marie a chanté un poème de Victor Hugo, Cécile a dit La lionne de Jacques Prévert…

    Dans cette période de pandémie où nous avons été privés de lectures publiques, ce fut un plaisir de partager avec des personnes réellement présentes.

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  • Les mots mystérieux  

    Poé-ponctuation n° 2, de Geneviève Briot

    Les mots sont plus mystérieux qu'ils n'y paraissent au premier abord. Familiers, ils sont aussi insaisissables. On a beau rechercher leur sens, leur étymologie, ils se défilent.
    Les dictionnaires ne font que soulever une partie du voile. Les poètes tournent autour, les regardent de face, du dessus, du dessous, au soleil, à l'ombre d'autres mots, ils écoutent leur sonorité, les utilisent parfois avec perplexité.

    Prenons par exemple les mots fruits, prière, dieu, vie, voyage, forêt, abeille, chat, livre, lèvre, lumière, amour… Des amis avec qui l'on vit et que l'on ne connaît jamais vraiment. Les multiples façons de les aborder peuvent les rendre contradictoires et sont source d'incompréhensions.

    Ainsi Guillevic nous le dit avec l'enquête n°1 dans Avec

    Est-ce que la lumière vos a fait mal ?

    Est-ce que la lumière parfois vous emporte ?

    Est-ce que c'est toujours la même lumière ?   

    Nous flottons dans une langue incertaine, sur des mots aux multiples facettes. N'est-ce pas là le charme des conversations et bien sûr de la littérature ?

  • Lecture musicale "D'azur et de feu - sept visages de Josette Duc"

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    Lecture musicale à Lascours (Bouches-du-Rhône).

    Avec Pascal Delalée violoniste, Naïs lectrice, Geneviève auteure et narratrice. 

    Sur la terrasse ensoleillée se sont rassemblés une douzaine d'amis de Naïs. Vers le soir, il fait un peu moins chaud. Les places sont espacées pour cause de Covid 19. Les arbres et les plants de tomate font le décor.

    Les acteurs sont en blanc en accord avec la couverture du livre.

    Le violon de Pascal joue une impro où se profile un portrait de Josette Duc, sa vie libre et tumultueuse ; il fait émerger de la gravité d'où rejaillit la joie. C'est l'ouverture.

    Je n'ai plus qu'à être l'amie qui évoque la femme amoureuse, le premier amour pour Robert marié à la poésie. Alors Naïs lit les mots de René Guy Cadou qui les avaient réunis quand ils avaient dix-huit ans et qu'elle récitait encore par cœur 70 ans plus tard :

    Je t'attendais et tous les quais et toutes les routes 

    Ont retenti du pas brûlant qui s'en allait

    Vers toi que je portais déjà sur mes épaules 

    Comme une douce pluie qui ne sèche jamais » 

    Naïs lit les poèmes qui cheminent dans la vie de Josette, en particulier celui de Paul Eluard qui a donné le titre au livre :

    L'azur m'ayant abandonné, je fis un feu

    Elle lit les textes et les paroles de Josette avec ferveur et légèreté. Accordée, j'évoque les différents visages de notre héroïne, la désirante, la voyageuse, la femme blessée, la tisseuse de liens, la mystique. Pascal avec son violon insuffle un supplément d'âme.

    Puis nous sommes en Inde dans l'ashram du sage indien, Ramana Maharshi. Nous chantons le mantra de la montagne sacrée, accompagnées par le violon : 

    Arunachala a / a are om nama shivaya…

    Josette est avec nous. Louis un spectateur la voit à travers nous deux réunies.

    Quelques mots sur René son dernier amour. Pour conclure, Naïs lit trois vers de René Guy Cadou sur le thème musical de Josette : 

    Et pourtant c'était toi dans le clair de ma vie

    Ce grand tapage matinal qui m'éveillait

    Ces astres, ces millions d'astres qui se levaient.

    Quand le violon donne la note de fin, le long trajet de l'archet prolonge pour tous le sentiment ineffable d'avoir rencontré une femme exceptionnelle et qui, par certains côtés, nous ressemble.

    Geneviève

  • Vient de paraître

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    D'azur et de feu - Sept visages de Josette Duc

    Récit de Geneviève Briot et illustration de Jean-Luc Boiré.

    Edité par l'association Bleu 31, 2020

    On y évoque la vie d'une Romanaise, née à Châtillon St Jean en 1927 et décédée en 2019 à l'âge de 92 ans.

    Josette a épousé Robert Passas de Bourg-de-Péage en 1950. Robert était anarchiste, libertaire et poète ; Josette était anti-conventionnelle, spontanée, littéraire.

    Selon leur vœu le plus cher, ils deviennent instituteurs, d'abord au Maroc, puis dans la Drôme.

    Au fil du récit, on rencontre une femme aux sept visages : la désirante, l'amoureuse, la femme libre, la femme blessée, la voyageuse, la tisseuse de liens, la mystique.

    Une femme qui portait les valeurs de fraternité et de liberté des anarchistes.

    Une femme en quête de spiritualité sans pour autant appartenir à une religion.

    Une femme amoureuse. Josette a aimé d'amitié ou d'amour des gens hors du commun. Elle se souvenait avec émotion de sa passion amoureuse pour le vieil anarchiste libertaire Alexandre Marius Jacob. Elle en témoigna sur France Culture lors d'une émission consacrée à “cet honnête cambrioleur” qui était revenu en métropole après 23 ans de bagne. Dépourvu de jalousie, Robert, son mari, s'était réjoui : "Elle tomba dans l'hiver de Jacob comme une branche d'avril" a-t-il écrit. Marius avait alors 74 ans, elle 27. "L'amour n'a pas d'âge", disait-elle. Elle vivra son dernier amour à 80 ans, avec René qui l'accompagnera jusqu'à son dernier souffle.

    Geneviève Briot, auteur de romans, poésie, théâtre, a composé ce récit à partir d'entretiens qu'elle a eus avec Josette Duc, tout en y incluant des écrits de cette dernière.

    On  peut acheter le livre à Romans,  

    à la Papeterie Deval

    à la Librairie Les Cordeliers

    à la Librairie La Manufacture

    On peut également le commander à l’Association Bleu 31 en envoyant un chèque à l'adresse postale : Les Chapeliers Bât A - 5 rue du Sergent Bouchet 26300 Bourg-de-Péage

    18 € + 4,20 de frais de port

  • Elixir

    Ce matin, où je sens la déprime qui rôde, des mots arrivent :
    Sans amour et sans haine
    Mon cœur a tant de peine

    C'est la force de la poésie qui bondit hors de notre mémoire en bribes de phrases le plus souvent.
    Alors je pense à ces mots qui surgissent selon les circonstances :

    Sois sage ô ma douleur et tiens-toi plus tranquille
    Tu réclamais le soir, il descend, le voici.

    Mignonne, allons voir si la rose
    Qui ce matin avait déclose
    Sa robe de pourpre au Soleil…

    Demain dès l'aube à l'heure où blanchit la campagne
    je partirai.

    Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées
    Mon paletot aussi devenait idéal
    J'allais sous le ciel, Muse, et j'étais ton féal…

    Ces poèmes célèbres, de Verlaine, Baudelaire, Ronsard, Victor Hugo, Rimbaud, même si nous n'avons en mémoire que des bribes, ces mots-là nous font du bien, ils agissent tels des talismans. Tissés dans notre chair depuis l'enfance, ils ont traversé le temps et les êtres et soudain, nous nous sentons moins seuls.
    Jorge Luis Borges dans Aleph - la quête d'Averroès rend compte de la réflexion du philosophe et médecin qui prononce ces mots dans un jardin :
    Toi aussi, tu es, ô palme
    en terre étrangère
    Singulier privilège de la poésie : des mots écrits par un roi qui regrettait l'Orient me servirent à moi, exilé en Afrique, pour exprimer ma nostalgie de l'Espagne.

    Josette Duc, dont je viens d'écrire la biographie D'azur et de feu, savait par cœur de multiples textes qui nourrissaient sa vie intérieure et lui permettaient de ne pas sombrer dans les épreuves.
    La poésie n'est pas à mettre sur un piédestal, c'est un élixir au jour le jour.

    Ce serait intéressant de savoir à quels mots, vous lecteurs, attachez vos émotions. Nous les mettrions côte à côte et ça ferait un patchwork de phrases cousues les unes aux autres pour un tableau de réconfort.

    Geneviève

  • Qui suis-je ?

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    Qui suis-je ? demande Guillevic dans son recueil "Maintenant". 

    Oui maintenant, à l'heure où nous nous interrogeons sur l'après coronavirus, relisons ce poème, qui en quelques mots donne le la, la note juste.

     

    Qui suis-je ?

    Je suis l'usufruitier 

    Du domaine.

     

    En moi 

    Des milliards de courbes

    Se rencontrent, se croisent.

     

    En moi

    Tous les courants qui font le monde (1)

     

    À nous humains qui voulons dominer, posséder, consommer, rappelons-nous que sur cette terre, nous n'avons que l'usufruit. 

    Si nous comprenons cela, tous les espoirs sont permis.

    Geneviève

    (1) Guillevic - Maintenant, Editions Gallimard, 1993