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Citations - Page 4

  • Paix Peur Respect

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    C'est sous ce titre que vient de paraître Le n° 19 de Cairns
    Cairns est une revue de poésie éditée par Patrick Joquel à Mouans-Sartoux et les éditions Gros Textes.
    Pour moi, Cairns, c'est une sorte de sculpture collective sur notre chemin de lecteur où les poètes déposent leur pierre-poésie.
    En guise d'édito… écrit Patrick Joquel pour ce numéro :
    "Dans nos journaux, des images de guerre… Une Europe qui du haut de ses 70 ans de paix se ferme et connaît des scènes de guerre… La peur un peu partout. Terrorisme. Pollution. Peur de grandir. Peur d'avancer. D'oser. le poème se confronte à ces/ses peurs. Il palpite et cherche des mots comme le mot respect. Pour éclairer. Respect de l'homme, de l'autre. Respect de notre histoire commune. Respect de notre planète. Respect de la vie tout simplement."

    24 poètes témoignent :

    Je vous propose la poésie de Sébastien Lion

    "Ma kalash à moi
    Elle a six cordes
    Et elle porte ma voix
    Contre la horde

    Toujours sur  le dos
    Je la dégaine
    Au premier bistro
    A la moindre peine

    Des balles de Blues
    Du riff en rafale
    Barillet de douze
    Bises musicales"

    La revue est destiné aux enfants, mais les poèmes parlent à tous.
    Un de mes poèmes y figure : "Envol des enfants". Il a été publié sur ce blog en juillet dernier.

    Geneviève

  • Écriture sonore

    Actuellement André relit le manuscrit de son dernier roman.
    Faire résonner les mots, entendre la coulée de la phrase, son rythme. Les sonorités des mots composent la musique du texte. Cette lecture invite à supprimer les mots parasites qui sont comme des fausses notes. Ce n'est pas seulement la signification du texte qui est importante, il y a aussi sa résonance. C'est ainsi qu'André, originaire d'Afrique du Nord, conçoit l'écriture. Il unit la bouche et l'oreille à la compréhension comme le font les conteurs. Le fait d'être homme de théâtre et lecteur public l'incline encore davantage à expérimenter le texte oralement. Un exercice de concentration, car lire à voix haute "éloigne le lecteur des distractions venues du monde extérieur" ainsi que le dit Alberto Manguel dans son "Histoire de la lecture". C'est aussi une façon de se relier à la lecture originelle qui était "plus auditive que visuelle"
    "Lire pendant le troisième millénaire avant notre ère, écrit Alberto Manguel, revenait peut-être à entendre les cunéiformes, c'est-à-dire à imaginer le discours de façon hallucinatoire, en regardant les signes qui le symbolisent, plutôt qu'à reconnaître visuellement les syllabes de la façon qui est la nôtre."…
    "Jusqu'à une période avancée du Moyen Age, les auteurs supposaient que leurs lecteurs verraient moins le texte qu'ils ne l'entendraient, et eux-mêmes prononçaient les phrases à haute voix tout en les composant."
    Aujourd'hui, certains auteurs continuent à écrire ainsi à voix haute, ainsi l'écrivain prix Nobel, Gao Xingjian. Pour les lecteurs publics que nous sommes, il est important d'être sensibles à un texte dans sa substance auditive, ses harmoniques. Sa musique peut être feutrée, scandée, tonique, fluide…

    Extrait du roman
    "Le ronflement du bateau est plutôt agréable. Au centre, des banquettes posées dos à dos. Je file vers la proue avec l'espoir de percevoir les parfums de la mer. Mes narines frémissent comme frémissent les feuilles d'un arbre. À l'appareillage, une odeur brutale de gaz d'échappement et son relent de mazout, puis comme par enchantement un goût de sucré. Quelqu'un sur la côte doit caraméliser des amandes.
    Le reflet sur l'eau. L'écume contre la coque. La brise qui m'enlace. Je ne sais pas combien de temps dure la traversée. Trop courte à mon goût. Je descends au premier arrêt : l'île Sainte Marguerite. On sort de l'embarcation comme on sort d'un autobus. D'autres personnes attendent pour embarquer. Prochain arrêt : l'île Saint Honorat où séjournent des moines. Je n'irai pas jusque là, je n'ai pas besoin de spiritualité, seulement de tranquillité. Sorti de l'embarcadère, je m'enfonce dans une allée bordée d'agapanthes, des fleurs bleues à grandes tiges. Il y a aussi des eucalyptus. Le couple de trentenaires me devance ; il s'est mis à courir. Des sportifs, je ne m'étais pas trompé. La brise fait frémir les eucalyptus dont les feuilles laissent passer la lumière à petites touches sur les écorces auréolées. Le corps précède l'esprit. Les idées viennent du mouvement, disent les Amérindiens. Doung doung font les semelles de crêpe. À qui appartient cet enfant qui zigzague sur le trottoir ? À dix ans, je flânais sur les boulevards. Parfois un passant me secouait, me sortant avec éclat de mon insouciance. Ici, personne ne me sortira de quoi que ce soit.
    Les eucalyptus ont un côté enivrant qui n'est rien comparé au parfum des lavandes à la pleine saison et à celui des mimosas quand leurs fleurs explosent en grains d'or."

    Geneviève

  • La tentation du passé

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    Deux livres sur ma table de chevet "SI PRÈS" de Hélène Cixous et "ÉLÉGIES POUR LE TEMPS DE VIVRE" de Richard Rognet.
    (Je me demande parfois si des auteurs qui voisinent sur une étagère de bibliothèque échangent dans l'ombre des nuits)
     Dans "SI PRÈS", Hélène Cixous s'interroge sur le fait d'aller en Algérie où elle a passé son enfance et son adolescence. Son mode d'être, écrit-elle est la broussaille, son héritage algérien. Ses mots errent sur des chemins secrets de son Algériance. Ses Algérêveries vont du jardin d'Essai à Alger au lion du heurtoir de la porte d'entrée de la maison à Oran, en passant par le cyprès sur le chemin du Lycée Fromentin. L'image de Zohra Drif, la fille du Lycée à qui elle n'a jamais parlé, à qui elle a voulu écrire et ne l'a jamais fait, est une présence lancinante. Après trente-cinq ans, elle erre là-bas à la recherche de ce qui n'existe plus. Au cimetière, à la force des mots et de l'imaginaire, elle finit par dialoguer avec son père. De retour à Paris, elle écrit : "Je suis venue à Alger pour retrouver l'immortel chagrin. Et je l'ai trouvé. Il est avec moi."

    Dans "ÉLÉGIES POUR LE TEMPS DE VIVRE", Richard Rognet s'interroge sur la tentation de réveiller le passé.
    "Ne reviens pas, les retours nuisent au temps
    de vivre…
    ne reviens pas, la blessure ne dort pas,
    la mémoire comme un ciel couvert
    prépare les orages futurs, ne reviens
    pas. A qui dis-je ne reviens pas ?…

    à qui ? sinon à celui qui résiste en moi,
    sous les pierres ensevelies sous
    d'autres pierres, celui qui frappe
    sans qu'on l'entende à la porte
    de l'intérieur…"

    Richard Rognet raconte le passage du temps, la volonté "pour vivre comme doit vivre la vie" et il s'engage délibérément dans le présent

    "tu tiens bon, tu renais, tu arraches les voiles
    étouffants des peurs bleues, tu recomposes
    ton présent, tu es le messager de ta propre existence"
    ……
    car il en est des lieux secrets comme des mots
    dans la mémoire, plus on les cherche, les recherche,
    et plus la vie s'appesantit, et plus les larmes
    tourbillonnent dans les profondeurs du cœur

    qui bat la breloque, tu demeures orphelin des
    lieux que le merle atteint, contente-toi de son
    chant, vibre avec lui et remercie la nuit venue."

    J'ai suivi les chemins des deux auteurs, j'ai suivi les phrases éclatées et inventives d'Hélène Cixous, sensible à sa fidélité à son immortel chagrin ; j'ai suivi la coulée lumineuse des phrases de Richard Rognet qui sont recherche de plénitude. Lectrice, je suis à la croisée des deux univers,  je suis un lieu de rencontre.

    Geneviève

     

     

  • Lire Baudelaire au lycée

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    Mettre les poèmes en voix, les faire vibrer, c'est ainsi que les élèves de la Seconde 7 du Lycée Alain Borne de Montélimar ont donné corps à la poésie de Baudelaire, c'est ainsi qu'ils ont acquis la connaissance du poète.

    "La musique souvent me prend comme une mer !"

    C'est une musique qu'ils ont donné à entendre mardi 29 mars 2016 à la Médiathèque de Montélimar.

    À l'initiative de leurs professeurs, Martine Français et Pascale Conjaud, ils ont travaillé sous la direction de André Cohen Aknin, écrivain et lecteur public, assisté de Naïs, comédienne. Les jeunes gens ont ainsi acquis une technique de lecture basée sur la respiration. Apprendre à poser sa voix, à introduire des silences. Ils sont entrés dans la compréhension du texte pour le restituer. La lecture à voix haute qui peut paraître simple et évidente, demande une maîtrise pour que les mots parviennent à l'auditeur, pour que la poésie soit à la fois sens et musique.

    Ils ont donné les images de la mer, si importante chez Baudelaire, images de paix, de passion et de tourments.

    "Homme libre, toujours tu chériras la mer ! / La mer est ton miroir "

    Tous sur scène, ils étaient plus de trente vêtus de noir, mais aux pieds de couleurs. Certains glissaient vers l'avant ou reculaient au gré de la composition et de la mise en espace. Les voix se succédaient, voix légères ou bien timbrées, unies parfois, pour évoquer le poète-albatros avec "Ses ailes de géants qui l'empêchent de marcher" ou Le chat "ses yeux mêlés de métal et d'agate" ou encore "une dame créole aux charmes ignorés".

    Ils ont fait vibrer les poèmes d'amour, de sensualité, de voyage où étaient invités parfums et ivresse. La lecture s'est close avec le poème intitulé "La fin de la journée" la nuit voluptueuse / le cœur plein de songes funèbres et les rafraîchissantes ténèbres ont été chantés avec une belle inventivité par trois jeunes filles.

    Bravo aux lycéens qui ont su exprimer leur sensibilité à travers leur choix de poésies, dans une cohésion qui offrait au spectateur une belle harmonie, bien dans l'esprit de Charles Baudelaire.

    "Là tout n'est qu'ordre et beauté / Luxe, calme et volupté"

     Geneviève

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  • Printemps en poésie

    - Le 12 mars de 10h à 17h, à la librairie Clareton des Sources à Béziers. Dans le cadre d'une "carte blanche" donnée à l'éditeur Stéphane Landois - Atelier du Hanneton - les auteurs André Cohen Aknin et Monique Domergue donneront des lectures poétiques.

    - le 19 mars de 10h à 17h, à la Médiathèque de Crest (Drôme), André Cohen Aknin donnera des lectures dans le cadre d'un atelier créatif mené par l'éditeur-typographe Stéphane Landois.

    - Le 19 mars à 16 h, Naïs de l'Association Bleu 31 présentera dans le cadre du Festival de Mirmande (Drôme) une lecture intitulée "Dans ma maison vous viendrez". Dans la composition élaborée par Naïs, différents poètes parlent de cet espace d'intimité capable de s'ouvrir aux autres.

    "Il y aura ceux qui s'aiment / Debout devant ma porte je les attends" Andrée Chedid

    Infos sur https://www.facebook.fr/MaisondelaPoesiedelaDrome

    Pour le Printemps des poètes 2016, on peut consulter le site : http://www.printempsdespoetes.com/. On peut aussi consulter les rubriques "Apologie des poètes" dans lesquelles des auteurs d'aujourd'hui parlent de leurs coups de cœur pour des poètes du XXe siècle (thème de cette année) : Alain Borne par Geneviève Briot, Aimé Césaire par Cécile Oumhani, Hélène Cadou par Nicole et G. Drano etc. Plus de cent poètes sont évoqués.

    Célébrons la poésie et évoquons le poète d'origine palestinienne, Achraf Fayad condamné à mort pour apostasie en novembre 2015 en Arabie Saoudite. Devant l'émotion suscitée dans le monde, sa peine a été commuée en février 2016 en une sentence de huit ans de prison et de huit cents coups de fouet !

    Nous relayons les mots de Tahar Ben Jelloun qui écrit : "Les poètes sont des insurgés, porteurs de feu, compagnons de la vérité et de l’évidence. Ils sont la lumière qui éteint les ténèbres et donne les mots aux choses qui meurent de ne pas être dites. Ils sont fragiles et forts à la fois. Ils ne possèdent que leur souffle et leur âme qui résistent. On peut les frapper, les fouetter, les jeter au fond d’un puits, les enterrer vivants, leur voix continue de s’élever et réveille le monde. Les tribunaux les détestent. Les États les craignent. L’ordre les poursuit et les persécute. Les religions s’en méfient et les dénoncent. Mais ce sont les poètes qui donnent à la terre son sel, son grain de folie, sa musique et ses songes. La poésie ne peut être que fulgurance, clarté, doute et "intranquillité".

  • Face à la tragédie un poème

    Dans la tourmente que nous vivons, nous pensons à ce poème de Guillevic que nous avons envie de partager.

    Douceur

    Je dis : douceur.

     

    Je dis : douceur des mots

    Quand tu rentres le soir du travail harassant

    Et que des mots t'accueillent

    Qui te donnent du temps.

     

    Car on tue dans le monde

    Et tout massacre nous vieillit.

     

    Je dis  : douceur

    Pensant aussi

    A des feuilles en voie de sortir du bourgeon,

    A des cieux, à de l'eau dans les journées d'été,

    A des poignées de main.

     

    Je dis : douceur, pensant aux heures d'amitié,

    A des moments qui disent

    le temps de la douceur venant pour tout de bon,

     

    Cet air tout neuf

    Qui pour durer s'installera.

     

  • Les poètes Alain Borne et Paul Vincensini

    Nous avons eu le plaisir de présenter une lecture musicale le 30 octobre 2015 à la Médiathèque de Montélimar en soirée de clôture du Centenaire de la naissance d'Alain Borne. Avec beaucoup de talent, Lise Péchenart, violoncelliste qui nous accompagnait, a glissé ses mélodies, souvent improvisées, entre les textes ou à l'intérieur des poèmes.

    Nous avons connu Paul Vincensini. Celui-ci, ami d'Alain Borne disait qu'Alain avait été son initiateur en poésie. Quant à nous, nous avons marché sur les traces de Paul dont l'ambition était de faire vivre la poésie.

    Pierre Seghers disait qu'Alain Borne était avec Paul Eluard l'une des grandes voix amoureuses du XXe siècle. Ses poèmes de passion et de sensualité jaillissent peut-être d'autant plus intensément qu'il est hanté par la mort. Pour cette soirée souhaitée légère, nous n'avons donné que la face amoureuse. Paul Vincensini, poète funambule, pouvait apporter son humour qui cache une forme de gravité.

    Les deux poètes savaient la fêlure qui était en eux et que nous avons tous, mais ils en avaient la lucidité et seule la poésie leur permettait d'avoir les yeux ouverts. L'un se perd dans la femme aimée sans jamais pouvoir assouvir son désir d'absolu. L'autre ne cesse de revenir à l'enfance, de célébrer avec désinvolture les pierres, les oiseaux, le cheval, la rivière… dans la dualité des personnages "Toujours et Jamais."

    Deux poèmes dits en cette soirée :

    Tu étais belle ce soir dans le soleil

    plus que de lui vêtue

    on aurait dit que tout entier

    il se donnait pour te faire. 

    Tu me brûlais de loin

    tantôt tu étais d'or

    tantôt de miel tantôt de lait

    tu étais la rosée

    doublant de transparence l'aubépine.

    Je te savais brûlante

    je te savais la fraîcheur même

    tu étais l'aube mystérieusement couchée

    sur un million de lis.

    Alain Borne "La nuit me parle de toi" 

     

    Moi j'ai toujours peur du vent

    Me voici

    Mes poches

    Bourrées de cailloux

    Pour rester avec vous

    Ne pas m'envoler dans les arbres.

    Paul Vincensini "Toujours et jamais"

    Après la lecture, il y a eu un échange chaleureux avec le public, Chantal Brunel et Thierry Trial de la médiathèque. Merci à tous.

    Geneviève et André - Ass. BLEU 31

    Les œuvres complètes d'Alain Borne aux éditions Curandera sont épuisées. Des recueils ont été publiés chez des éditeurs dont : Voix d'encre, L'atelier du Hanneton, Jacques Brémond…

    L'œuvre poétique de Paul Vincensini est publié aux éditions L'arbre à paroles. Une sélection pour les enfants : "Je dors parfois dans les arbres" aux éditions Motus

  • Voyage au cœur de nous-mêmes

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    Au cours d'un stage de Qi Gong avec le Dr Liu Dong*, nous avons ressenti plus que du bien-être. Il y a chez Liu Dong une vibration que l'on rencontre chez certains poètes. Une vibration qui émane de sa voix, mais aussi de quelque chose de plus impalpable, un fluide né de sa présence. Une porte s'ouvre : nous sommes à la fois dans l'intériorité et sur une onde qui unit les participants. Créer des liens entre les énergies pour acquérir une conscience de soi. On se situe dans la nature, les saisons, entre le ciel et de la terre. C'est aussi la saison de l'âme qui prend sa source dans le corps en mouvement, en mutation.

    Une perception intime et profonde nous fait évoquer la poésie qui est essence de la vie. Des mots de Guillevic nous viennent aux lèvres :  

    "Laisse faire le silence.

    Laisse-le agir à sa guise"

    "Voilà que cette nuit

    Tu désirerais tenir dans ta main

    Une boule de lumière,

    Et soudain tu comprends

    cette lumière est en toi,

    tapie dans ton corps"

    "La voie du calme", ainsi que l'indique le titre d'un livre du maître chinois, nous invite à poser sur la page des mots surgis d'un silence fécond,  invite à une autre trace sur le sable.

    Geneviève et André

    * Stage de 4 jours organisé au château de Beauregard à St Péray (Ardèche) en août par le Taiji et Qi gong Grangeois

     - © photo d'André dans le Vercors