30.05.2009
Les enfants ont des soucis
Après la rencontre avec mes jeunes lecteurs (6e du Collège Étienne Lapassat à Romans) lors du Salon du Livre Jeunesse de Châtillon St Jean, un thème d'écriture leur a été proposé à partir du roman « Najib l’enfant de la nuit ». Les enfants pouvaient écrire en leur propre nom à l’un des héros du livre pour parler de leur souci ou se substituer à l’un des personnages. Il est remarquable qu’ils ont souvent intégré les éléments de l’histoire pour la continuer par une lettre de Najib à Pilou, ou de Pilou à Najib, les deux amis au centre de l’intrigue, tout en y introduisant leur propre souci. Parfois, ils allaient chercher inspiration chez les personnages secondaires, Simon, Meriem ou même Juliette à peine entrevue dans le roman. L’un d’eux a même imaginé qu’il avait vu Najib sur la place du village alors qu’il s’y était arrêté lors d’une randonnée à vélo. Ils ont montré une connaissance du livre qui m’a impressionnée et je pense que l‘approche pédagogique de leur professeur y est pour beaucoup. Le projet d'écriture portait aussi sur le brouillon, son évolution jusqu'au texte définitif.
Leurs soucis ? Divorce des parents, solitude, moquerie, difficultés à l’école, racisme, mésentente avec les parents, décès d’un proche, problème de drogue pour un membre de la famille, disputes avec des copains.
Extraits de lettres : « Maintenant, je vais te parler de mon problème : j’aime quelqu’un qui ne m’aime pas »
« Chère Meriem, Je suis triste, tu me manques énormément, c’était super de jouer Slimane avec toi qui étais la princesse. À l’école, je n’ai pas tellement d’amis. Ils me rejettent, disent que je suis idiot parce que je suis nul à l’école ! Mes seuls amis, c’est vous »
« Cher Simon, …Meriem m’a dit qu’on peut te confier tous les secrets, donc j’ai décidé de te parler du mien. Je voulais te parler d’un petit souci : mes parents sont en plein divorce, moi je suis au milieu de tout ça. On ne peut plus manger ensemble, chacun est de son côté. Et aussi, maman va déménager, je vais partir avec elle, partir loin d’ici. Je vais perdre touts mes amis et tous les week-ends, je devrai aller chez mon papa. Je devrai changer d’école… et je ne peux rien dire, je ne peux que supporter les cris de mes parents. J’ai peur et j’ai besoin de toi et de ton soutien. »
Les lettres sont actuellement exposées à la Médiathèque de La Monnaie à Romans. Les bibliothécaires, Patricia, Isa et Lila sont à l’origine du projet avec Rachel Mandon, documentaliste dynamique et attentive et leur professeur Jacquie Grimaldi. L’engagement des élèves vient aussi de l’implication des adultes autour d’eux qui ont créé un climat de confiance. La présence chaleureuse de Jean René Perchet Principal du Collège lors de l’exposition des lettres à la Médiathèque a aussi valorisé le travail de tous.
21:13 Publié dans Actualité, Citations, écriture, Exposition | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : médiathèque monnaie, romans-sur isère, collège lapassat, najib l'enfant de la nuit, rachel mandon, jacquie grimaldi, jean-rené perchet
17.05.2009
Belles Dames de passage
Hier, 16 mai 2009, nous avons été surpris par un phénomène que nous n'avions jamais observé : le temps était beau, nous mangions sur la terrasse et nous avons vu arriver du sud et se diriger vers le nord des vagues de papillons orangés. Quand ils arrivaient devant la maison, ils s'élevaient au-dessus du toit pour surmonter l'obstacle. Nous avons réussi à en intercepter un et les avons ainsi identifiés : il s'agit de Belles Dames. Elles ne se posaient pas, attirées vers une destination lointaine. Leur passage continu a bien duré deux à trois heures, plus peut-être. Ce qui était impressionnant, plus encore que la multitude, c'était l'élan déterminé qui entraînaient ces voyageuses vers leur but. Ces Belles Dames, selon le site d'Enviscope Rhône-Alpes, viendraient d'Afrique du Nord pour se reproduire en Europe du Nord et à l'automne leurs descendantes entreprendraient une migration inverse.
(photo: Belle Dame locale sur le thym)
19:53 Publié dans Actualité, écriture, nature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : migration papillons
06.05.2009
Le village de l'Allemand

« Plus on se prépare dans la vie, moins on est prêt » écrit dans son journal Rachid Helmut, né de père allemand et de mère algérienne, devenu par la contraction de ses prénoms Rachel. Le jeune ingénieur qui vit en France ne s’attendait pas à l’héritage qui lui échoit à la mort de ses parents en Algérie, victimes du GIA.
Boualem Sensal a l’habileté de nous faire vivre ou revivre, à la fois « la sale guerre » des années 90 en Algérie, la Shoah vue par un jeune Arabe et la situation d’une banlieue française investie par les islamistes. Le journal de Rachel se double de celui de son jeune frère Malrich (Malek Ulrich) qui découvre la tragédie vécue par son aîné. Ce roman d’une grande intensité est fondé sur une histoire authentique, nous dit la quatrième de couverture. À travers cette histoire, l'auteur entraîne le lecteur dans sa réflexion qui s’appuie sur la pensée de Primo Levi. Il fait le procès du silence qui engendre les ombres.
« Les enfants ne savent pas / Ils vivent, ils jouent, ils aiment. / Et quand ce qui fut vient à eux, / Les drames légués par les parents, / Ils sont devant des questions étranges, / Des silences glacés, / Et des ombres sans nom. / Ma maison s’est écroulée et la peine m’accable, / Et je ne sais pas pourquoi / Mon père ne m’a rien dit. » (Boualem Sensal)
10:48 Publié dans Actualité, Citations, Littérature, Nos lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : boualem sensal, primo levi, algérie, shoah, banlieue française, islamisme
06.04.2009
Lire c'est ouvrir une fenêtre
Le 4e Salon du Livre Jeunesse à Châtillon St Jean dans la Drôme fut un beau moment de partage autour du texte, de l’illustration, de la poésie.
Lire c’est ouvrir une fenêtre
S’envoler au bout des mots vers d’autres vies.
Lire c’est prendre le vent entre brise et tempête.
Lire c’est regarder un tableau et voir son propre visage.
Le livre tient toujours sa place. Il faut voir la détermination des enfants pour obtenir un livre dédicacé avec quelques mots de l'auteur ou un dessin original de l'illustrateur. Leur intérêt, ils le manifestent aussi lors des rencontres. Interrogations sur le métier d’écrivain, sur le texte lui-même. Comment est venue l’idée ? Pourquoi ce sujet ?
Les rencontres avaient lieu dans la semaine qui a précédé le Salon. Deux à trois auteurs ou illustrateurs chaque jour pour des élèves du village et des écoles environnantes.
Très attentifs, des petits aux plus grands, les enfants ont posé leurs questions préparées avec soin, mais en ont aussi posé d’autres dans la spontanéité de l'échange. Je leur montrais ma documentation. Mes brouillons circulaient, écrits à la main sur un petit carnet ou sur des feuillets, transcrits à l’ordinateur, à nouveau corrigés avant de devenir le tapuscrit confié à l’éditeur, puis le livre qu’il avaient entre les mains. Ils comprenaient ainsi que l’écriture est un travail, l’aboutissement d’une réflexion, d’une aventure.
C’est ainsi que « Najib l’enfant de la nuit », mon dernier roman jeunesse a été mis à l’épreuve de mes jeunes lecteurs (Cours moyens, classe de 6e). L’histoire a suscité beaucoup de questions sur la souffrance des enfants ou plus simplement leurs soucis. Najib est un enfant orphelin qui a connu la guerre, Maurice-Pilou qui a une sœur malade d’un cancer se sent délaissé. Les petits lecteurs réalisent l’importance de l’amitié, apprécient le lien qu’il peut y avoir entre des enfants de pays différents.
Maintenant l’histoire se poursuit avec les 6e du collège Lapassat qui vont écrire aux héros pour parler de leurs soucis à travers des lettres. À leur tour, ils feront se rencontrer réel et imaginaire. Entrer dans cette distanciation propre aux auteurs permet de comprendre que la littérature n’est pas une distraction frivole, mais qu’à travers elle sont traités des problèmes, des difficultés qui deviennent par la fiction plus vivaces.
Le samedi, jour du Salon à Châtillon St Jean, se retrouvaient tous les auteurs illustrateurs dans une salle des fêtes décorée de dessins d’enfants, ponctués de poèmes d’un petit Yannis. Les livres sur toutes sortes de sujets emplissaient les tables. Pierre-Yves Taravello, à l’humour toujours présent, était l’ordonnateur qui veillait à tout, soutenu par l’équipe enseignante et par bon nombre de parents qui apportaient leurs concours à la réussite de la fête. On était aux petits soins pour les invités : une maman avait préparé un couscous pour le déjeuner, les enfants dans l’après-midi prenaient note auprès de nous des boissons et des crêpes souhaitées.
Il s’agissait bien d’une fête à laquelle les visiteurs étaient conviés et ils furent nombreux. On a échangé dans la simplicité et le plaisir d’être ensemble. Bien sûr, la réussite vient aussi des enseignants qui ont su motiver leurs élèves.
Il me semble que le but de Pierre-Yves et de son équipe est de rapprocher le livre des habitants de Châtillon St Jean et des environs, de faire prendre conscience de son importance dans le développement d’un enfant. Ils ont réussi. Bravo !
Geneviève
11:45 Publié dans Actualité, écriture, Rencontre lecteurs, Salons du livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : salon du livre jeunesse, châtillon st jean, pierre-yves taravello, najib l’enfant de la nuit, geneviève briot
15.03.2009
Terre d'enfance
« Il est un arbre
qui résiste à tous les vents
C’est l’arbre d’enfance
Ses racines creusent
la terre des ancêtres
Au bord du vert
ses branches retiennent
dans son feuillage
le chuchotement de l’invisible. »
Joseph Paul Schneider
Après des activités d’écritures avec des adolescents au cours de l’hiver, avec le printemps je reviens en terre d’enfance à l’occasion du Salon du Livre Jeunesse à Châtillon St Jean (Drôme), du 23 au 28 mars.
- Le 23 mars, je rencontrerai des classes pour répondre à leurs questions à propos de mes ouvrages : « L’ogre aux pieds nus » (Ed. Chardon bleu), « Histoire d’éléphant » (Ed. Grandir) et « Najib l’enfant de la nuit » (Ed. L’Harmattan Jeunesse Ed.). Nous parlerons aussi du lien entre le réel et l’imaginaire.
- Le samedi 28, avec d’autres auteurs et illustrateurs, je participerai au Salon ouvert au public.
Geneviève
Informations sur le Salon du Livre Jeunesse à Châtillon St Jean : Signatures et spectacles sont prévus tout au long de la semaine.
http://www.ac-grenoble.fr/ecole/chatillon.st-jean/ecole-salon2009.html
Tél. mairie : 04 75 45 31 15 - Tél. école : 04 75 71 41 41
18:58 Publié dans Actualité, Citations, Poésie, Salons du livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : salon du livre jeunesse, chatillon st jean, poésie, création, joseph paul schneiderr



