29.09.2009
Le monde ouvert de Kenneth White
même
sur le sol le plus dur
le plus rebelle
la beauté est partout
au détour d’une rue
dans les yeux
sur les lèvres d’un inconnu
dans les lieux les plus vides
où l’espoir n’a pas de place
où seule la mort
invite le cœur
la beauté est là
elle émerge
incompréhensible
inexplicable
elle surgit unique et nue -
à nous d’apprendre
à l’accueillir
en nous »
Kenneth White «Le grand rivage »
Entrer dans la poésie de Kenneth White, c’est pénétrer dans une forêt où les arbres parlent avec la lumière, c'est caresser la peau des troncs, adopter « le calendrier des nuages ». Le poète né en Écosse s’enracine sur la terre bretonne, il est migrant sur les routes nordiques, il est aussi dans la chaîne du Tiantaï qui est un de ces lieux où, selon un auteur du IXe siècle, « des ailes poussent aux hommes ».
Poésie du cosmos que Kenneth White s’emploie à saisir en héritier des poètes et des philosophes des siècles passés, en Europe, en Chine dans l’esprit du tao, ainsi qu’il la présente dans son essai « L’esprit nomade » Voyage sur un bateau de neige dans l’évocation de Sesshu, peintre japonais.
La poésie de Kenneth White est limpide, elle respire l’air du large. Une danse pour avancer en nudité. Un art de vivre.
Geneviève
09:43 Publié dans Actualité, Citations, écriture, nature, Nos lectures, Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : kenneth white, poésie, géopoétique
31.08.2009
Un silence voyageur
Cet été il a fait si chaud que j’avais l’impression que le ciel avait sorti son immense fer à repasser, au point qu’il a brûlé les feuilles des arbres qui se croient maintenant en automne et s’envolent au moindre souffle d’air.
Pour échapper à cette chaleur excessive, je suis souvent restée derrière les volets mi-clos. Là je fais le vide, j’enlève les décors. Le vide, je le repeins en blanc pour pouvoir accueillir le moment venu. Accueillir quoi ? Ce que je n’attends pas. Ne pas écouter les rumeurs des histoires ébauchées prêtes à bondir sur la page. Laisser le silence m’envahir. Non pas un « turbulent silence » mais un silence qui repousse les murs, qui erre sur des chemins perdus. Rester dans le vide, se laisser flotter, boire le déséquilibre. Jouir et souffrir du rien jusqu’à ne plus rien ressentir.
« J’écoute le silence, écrit Mahmoud Darwich. Si… nous tendions l’oreille, nous entendrions les voix des âmes errantes dans les airs et les cris de ceux qui ont trouvé le chemin des premières cavernes. Le silence est une voix qui s’est évaporée, cachée dans le vent et brisée en échos conservés dans des jarres cosmiques » Ce n’est pas un hasard si je lis ces mots en ce moment, ces mots tirés de « La trace du papillon ».
La poésie seule donne liberté espace. La poésie ne pense pas, elle vibre d’inconnu.
Geneviève
14:57 Publié dans Actualité, Citations, écriture, Poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : vide, silence, mahmoud darwich, la trace du papillon, geneviève briot
13.08.2009
Sourire de l'absente
Je travaille sur un nouveau texte dont le titre est "Sourire de l'absente". Il reprend quelques écrits de 2006 présentés lors de l’exposition "31 minutes" et chemine plus avant dans une écriture toute en mouvement où la "ponctuation appartient de nouveau au mot son ventre". En voici un extrait :
"au féminin changement de tonalité l’écriture devient fugue et les voyelles se transforment en signes se mêlent au rythme des tambours au tempo de prendre le pas sur la ponctuation il n’y pas de majuscule en musique suite de hautbois violoncelle clap clap au micro le rap s’affiche dans les revues de poésie les plus chics on parlera longtemps du noir à cause du chant je ne parle pas d’harmonie juste du bourdonnement de la forêt des os"
André
10:26 Publié dans Actualité, Citations, écriture, Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : andré cohen aknin, 31 minutes, écriture, poésie
24.07.2009
Nocturnes de l’aqueduc à St Nazaire en Royans (Drôme)
Le spectacle itinérant commence sur l’aqueduc d’où l’on domine la vallée de la Bourne. Au fond se profile le Vercors tandis que sous nos pieds à travers le pont métallique court un flot continu. La balade commentée avec humour et fantaisie se poursuit dans le village. Un guide assermenté, Julien Foydevaud onzième échelon et demi (Jean-Louis Debard) nous invite à découvrir l’histoire de ces lieux. Sur un ton faussement académique et naïf, il parle de la construction de l’aqueduc, du passé de St Nazaire. Mais il est sans cesse interrompu ou contesté par un « fantôme » du passé ou de l’avenir, Tiburce Mortefert, fantôme aux multiples visages (Juan Antonio Martinez). Avec les propos des deux comparses, l’histoire dérape dans la fiction la plus imaginative et la plus loufoque où la satire pointe parfois son nez. Il arrive qu’elle nous émeuve dans une évocation des maquis du Vercors et leur tragédie. Resurgissent aussi les monstres légendaires éveillant les peurs populaires ancestrales. Des personnages d’hier et d’aujourd’hui se mettent à vivre des aventures insolites. Un troisième larron, policier muet (Jean-Pierre Portier) surgit ça et là donnant une étrangeté à la visite. L’audace romanesque des comédiens qui nous fait voyager dans le temps nous subjugue, déclenche les rires, nous ravit.
Ce spectacle itinérant est proposé par la Compagnie « Les Comédiens de Campagne ». Brigitte Couston s’occupe des relations publiques.
Les représentations ont lieu à 20h45 les jeudis 23 et 30 juillet, vendredis 17, 24, 31 juillet, mercredis 5 et 12 août, jeudis 6 et 13 août, vendredis 7 et 14 août.
Réservation conseillée à l’Office du tourisme de St Nazaire en Royans au 04 75 48 49 80.
22:03 Publié dans Actualité, Agenda, écriture, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : les comédiens de campagne, saint nazaire en royans, jean-louis debard, juan antonio martinez, drôme
30.05.2009
Les enfants ont des soucis
Après la rencontre avec mes jeunes lecteurs (6e du Collège Étienne Lapassat à Romans) lors du Salon du Livre Jeunesse de Châtillon St Jean, un thème d'écriture leur a été proposé à partir du roman « Najib l’enfant de la nuit ». Les enfants pouvaient écrire en leur propre nom à l’un des héros du livre pour parler de leur souci ou se substituer à l’un des personnages. Il est remarquable qu’ils ont souvent intégré les éléments de l’histoire pour la continuer par une lettre de Najib à Pilou, ou de Pilou à Najib, les deux amis au centre de l’intrigue, tout en y introduisant leur propre souci. Parfois, ils allaient chercher inspiration chez les personnages secondaires, Simon, Meriem ou même Juliette à peine entrevue dans le roman. L’un d’eux a même imaginé qu’il avait vu Najib sur la place du village alors qu’il s’y était arrêté lors d’une randonnée à vélo. Ils ont montré une connaissance du livre qui m’a impressionnée et je pense que l‘approche pédagogique de leur professeur y est pour beaucoup. Le projet d'écriture portait aussi sur le brouillon, son évolution jusqu'au texte définitif.
Leurs soucis ? Divorce des parents, solitude, moquerie, difficultés à l’école, racisme, mésentente avec les parents, décès d’un proche, problème de drogue pour un membre de la famille, disputes avec des copains.
Extraits de lettres : « Maintenant, je vais te parler de mon problème : j’aime quelqu’un qui ne m’aime pas »
« Chère Meriem, Je suis triste, tu me manques énormément, c’était super de jouer Slimane avec toi qui étais la princesse. À l’école, je n’ai pas tellement d’amis. Ils me rejettent, disent que je suis idiot parce que je suis nul à l’école ! Mes seuls amis, c’est vous »
« Cher Simon, …Meriem m’a dit qu’on peut te confier tous les secrets, donc j’ai décidé de te parler du mien. Je voulais te parler d’un petit souci : mes parents sont en plein divorce, moi je suis au milieu de tout ça. On ne peut plus manger ensemble, chacun est de son côté. Et aussi, maman va déménager, je vais partir avec elle, partir loin d’ici. Je vais perdre touts mes amis et tous les week-ends, je devrai aller chez mon papa. Je devrai changer d’école… et je ne peux rien dire, je ne peux que supporter les cris de mes parents. J’ai peur et j’ai besoin de toi et de ton soutien. »
Les lettres sont actuellement exposées à la Médiathèque de La Monnaie à Romans. Les bibliothécaires, Patricia, Isa et Lila sont à l’origine du projet avec Rachel Mandon, documentaliste dynamique et attentive et leur professeur Jacquie Grimaldi. L’engagement des élèves vient aussi de l’implication des adultes autour d’eux qui ont créé un climat de confiance. La présence chaleureuse de Jean René Perchet Principal du Collège lors de l’exposition des lettres à la Médiathèque a aussi valorisé le travail de tous.
21:13 Publié dans Actualité, Citations, écriture, Exposition | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : médiathèque monnaie, romans-sur isère, collège lapassat, najib l'enfant de la nuit, rachel mandon, jacquie grimaldi, jean-rené perchet



