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03/03/2017

Vin, peinture et poésie

L'Association Bleu 31 a le plaisir de rendre compte de l'événement créé par les Éditions de L'Autre incertain dans les cales de la péniche Alizarine Quai Mistral à Valence le samedi  25 février 2017.
L'Autre incertain y présentait une EXPOSITION de petits formats de Brigitte Nêmes. Cécile et Raphaël, les mariniers, transportent habituellement par voie fluviale vins et futailles du Nord au Sud et du Sud au Nord. L’an dernier, des tableaux de Brigitte sont revenus de Paris portés dans les entrailles de la péniche. Actuellement, contraints de rester à quai, ils offraient leur lieu selon un projet concocté de longue date. Vins et expression artistique ne sont-ils pas faits pour s'entendre ? Baudelaire a chanté cette union et avant lui Omar Khayam au XIe siècle.
 "Ce que je demande c'est un flacon de  vin en rubis, une œuvre de poésie,
un instant de répit dans la vie et la moitié d'un pain
Si avec cela je pouvais ami, demeurer près de toi, dans quelque lieu en ruines, ce serait un bonheur préférable à celui d'un sultan dans son royaume"
Les tableaux de Brigitte sous les projecteurs laissaient éclater les couleurs et la fraîcheur d'expression de l'artiste.

Dans ce décor, une LECTURE de poèmes extraits de Un caillou qui pense oiseau à paraître aux éditions l’Autre incertain était donnée par l'auteure Geneviève Briot, accompagnée de Bernard Vandewiele et de Maïa, une jeune violoncelliste.
"Les mots sont sur la lisse
prêts à être tissés
Laines de l'amour
du doute et de la sagesse
le présent a couleur de la terre
a tissage de la toile
toujours inachevée"

Cette lecture a été suivie du vernissage des peintures de Brigitte, qui a présenté ses tableaux avec une spontanéité et un humour réjouissants.
Le plaisir des yeux, des oreilles et du cœur, un apéritif arrosé de vins de la région, ont créé ce moment de convivialité qui laisse trace en chacun des participants.

Le dimanche 26 février, l'EXPOSITION de Brigitte Nêmes s'est poursuivie de 12 H 30 à 18 H 30
À 16 H 30 Brigitte a réalisé une peinture sur le bateau.

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 Photo Annick ROUBINOWITZ]

19/01/2017

Un caillou qui pense oiseau

 

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Encre "la main qui parle"

Mains ouvertes
laisse entrer
les univers
les couleurs les plus secrètes

Marche pieds nus dans la neige
allonge-toi sur les cailloux du lit de la rivière
laisse le froid chauffer le sang

trouve des accords inconnus

L'association Bleu 31 est heureuse de vous informer de la prochaine publication de :

Un caillou qui pense oiseau
de Geneviève Briot
poésies

aux Editions l'Autre Incertain
Parution prévue en février 2017

La peau diaphane de la poésie de Geneviève Briot illumine notre regard. On y découvre son univers où chaque rencontre nous réinvente.

Après "Basalte" et "Météorites", recueils publiés dans les années 80, elle écrit théâtre, récits et romans. Cependant, la poésie est toujours présente, comme une rivière souterraine ; elle vient au jour maintenant.

Souscription :
Prix de l'exemplaire : 10 euros

Merci de libeller votre paiement à  Éditions L'Autre Incertain
Impasse Pâme 22 rue Pêcherie  - 26100 Romans-sur-Isère
Tél. : 06 80 92 08 85

13/11/2016

André Cohen Aknin

Auteur, lecteur public

Dans mon pays, dit-il, on parle au son du violon et de la derbouka. De sa terre natale, il garde la musicalité et le sens de l'accueil. Auteur et homme de théâtre, il chemine à travers voyages et vie quotidienne à la rencontre des autres.

En 1983, il s'installe dans la Drôme, rencontre Geneviève Briot. Ensemble, ils donnent des récitals de poésie. Ils sont "Toujours et Jamais", puis les "Colporteurs liseurs".

Auteur de pièces de théâtre, tournées en France et à l'étranger, il a aussi publié un roman "La lèvre du vent" aux Editions L'Harmattan - 2006 ; il y évoque l'Algérie, une terre où les traditions juives et berbères se sont mêlées au long des siècles. Une terre où l'oralité donne au mot couleur et saveur, une terre où il a vécu jusqu'à l'âge de 13 ans. Benjamin Stora parle d'un ouvrage "passionnant de sensibilité et d'érudition".

Il chemine avec des musiciens, enseigne la communication, forme des enseignants, des élèves, des bibliothécaires à la lecture à voix haute, crée des rencontres : Mots de passe, Petites cours et résonances et met en scène des événements comme la "Biennale de l’International de Romans" qui a reçu le Prix national de l’innovation publique "Territoria 2004".

En 2006, il participe à un collectif de créateurs "31 minutes", un itinéraire entre l'image et le trait, l'écriture et la voix. Son écriture devient alors plus sobre.

"Le sourire de l'absente", un récit poétique publié à L'Atelier du Hanneton en 2012, est dans ce cheminement. Il y a les pays du sud, les pays du nord, les peintures de Giorda et de Modigliani qui bouleversent sa perception, l'amènent à une autre musicalité. Il donne actuellement une lecture récital de ce texte. Pour lui, le texte se fait chant, parole et musique en même temps.

- "Le sourire de l’absente", récit poétique. Editions L'Atelier du Hanneton, 2012
- "La lèvre du vent", roman. Editions L'Harmattan, 2006
- "Le carnaval de votre enfance". Paroles de résidents, Ehpad de Romans. 2010
- "Chronique d’un passager clandestin", récit d'une création théâtrale. 95-96. Inédit

THÉÂTRE, écriture

- “Salut Blaise”, 1988
- “Tous les murs donnent au sud”, 1989
- “Jour de marché”, 1998
- "Les gens d’ici”, 1994
- “Comme un Blues”, 1996
- “Les pensionnaires”, 1996-97
- “Jugement de Carmentran”, 1997
- “Visages”, 1998
- “Conversation sur un fil”,  2000-2002. Coauteur Geneviève Briot
- “Molière al-Qabbânî”, 2001-2003. Coauteur Mohamed Machti
- "Le chant d’Abelle", 2006 - 2008
- "Le sourire de l'absente", 2012

RÉCITALS ET LECTURES DE POÉSIE CONTEMPORAINE

-Toujours et jamais et ses musiciens, 1986-87.
- Récitals de poésie contemporaine avec le pianiste Pascal Cappuccia.1991.
- Les Colporteurs liseurs, avec Geneviève Briot, depuis 1997 :
"Le monde a mille voix",  "Alain Borne, une poésie d'ombre et de feu", "Andrée Chedid, un univers", "Paul Vincensini, une poésie en bleu majeur", "Le bruit des mots, le bruit du monde", "Vivre ensemble", "Des saveurs et des livres", "Il pleut des oiseaux bleus"…
"La poésie d’Afrique du Sud", 2007.
"Le sourire de l'absente", lecture récital, 2013,

CRÉATION, EXPOSITIONS, MISES EN SCÈNE

- "Mots de passe", 1985-86. Un espace où les créateurs peuvent s’exprimer.
- "Petites joies avec pignon sur rue", 2000. Création de rencontres d’auteurs. Romans. Evénement festif.
- "Danse avec les mots" 2002. Lecture récital avec deux équipes de médiathèques.
- "Biennale de l’International de Romans", 2004, 2006, 2008, 2010. La première manifestation a reçu le Prix national de l’innovation "Territoria, 2004"
- "31 minutes", 2006.  Un itinéraire entre l'image et le trait, l'écriture et la voix. Avec un collectif de créateurs.
- "Sur le chemin de Compostelle". Scénario et mise en scène - chorale, 2010.
- "Quand 1+1 font 4", 2014. Avec Stéphane Landois de l'Atelier du Hanneton. Lecture.
- "Paroles de silence", encres et poésies. Exposition à Bourg les Valence. 2013
- Assistant mise en scène “La vie de Galilée” de B. Brecht mise en scène de Philippe Delaigue, 1995-96. Et stage mise en scène avec François Rancillac Comédie de Saint-Etienne, 2010.

INTERVENTIONS EN MILIEU SCOLAIRE ET UNIVERSITAIRE

Lectures, ateliers voix, ateliers d'écriture. IUFM Aubenas, Grenoble, Lycées, collèges, écoles primaires, médiathèques, FOL…  Recueils : "C'est de moi que l'on parle" - "De feu et d'encre" - "Portraits de femmes" - "A celle, à celui qui viendra" - "Tais-toi et mange".

Membre de la Maison des Écrivains (MEL) et de la Société des Auteurs (SACD)

Paix Peur Respect

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C'est sous ce titre que vient de paraître Le n° 19 de Cairns
Cairns est une revue de poésie éditée par Patrick Joquel à Mouans-Sartoux et les éditions Gros Textes.
Pour moi, Cairns, c'est une sorte de sculpture collective sur notre chemin de lecteur où les poètes déposent leur pierre-poésie.
En guise d'édito… écrit Patrick Joquel pour ce numéro :
"Dans nos journaux, des images de guerre… Une Europe qui du haut de ses 70 ans de paix se ferme et connaît des scènes de guerre… La peur un peu partout. Terrorisme. Pollution. Peur de grandir. Peur d'avancer. D'oser. le poème se confronte à ces/ses peurs. Il palpite et cherche des mots comme le mot respect. Pour éclairer. Respect de l'homme, de l'autre. Respect de notre histoire commune. Respect de notre planète. Respect de la vie tout simplement."

24 poètes témoignent :

Je vous propose la poésie de Sébastien Lion

"Ma kalash à moi
Elle a six cordes
Et elle porte ma voix
Contre la horde

Toujours sur  le dos
Je la dégaine
Au premier bistro
A la moindre peine

Des balles de Blues
Du riff en rafale
Barillet de douze
Bises musicales"

La revue est destiné aux enfants, mais les poèmes parlent à tous.
Un de mes poèmes y figure : "Envol des enfants". Il a été publié sur ce blog en juillet dernier.

Geneviève

21/09/2016

Écriture sonore

Actuellement André relit le manuscrit de son dernier roman.
Faire résonner les mots, entendre la coulée de la phrase, son rythme. Les sonorités des mots composent la musique du texte. Cette lecture invite à supprimer les mots parasites qui sont comme des fausses notes. Ce n'est pas seulement la signification du texte qui est importante, il y a aussi sa résonance. C'est ainsi qu'André, originaire d'Afrique du Nord, conçoit l'écriture. Il unit la bouche et l'oreille à la compréhension comme le font les conteurs. Le fait d'être homme de théâtre et lecteur public l'incline encore davantage à expérimenter le texte oralement. Un exercice de concentration, car lire à voix haute "éloigne le lecteur des distractions venues du monde extérieur" ainsi que le dit Alberto Manguel dans son "Histoire de la lecture". C'est aussi une façon de se relier à la lecture originelle qui était "plus auditive que visuelle"
"Lire pendant le troisième millénaire avant notre ère, écrit Alberto Manguel, revenait peut-être à entendre les cunéiformes, c'est-à-dire à imaginer le discours de façon hallucinatoire, en regardant les signes qui le symbolisent, plutôt qu'à reconnaître visuellement les syllabes de la façon qui est la nôtre."…
"Jusqu'à une période avancée du Moyen Age, les auteurs supposaient que leurs lecteurs verraient moins le texte qu'ils ne l'entendraient, et eux-mêmes prononçaient les phrases à haute voix tout en les composant."
Aujourd'hui, certains auteurs continuent à écrire ainsi à voix haute, ainsi l'écrivain prix Nobel, Gao Xingjian. Pour les lecteurs publics que nous sommes, il est important d'être sensibles à un texte dans sa substance auditive, ses harmoniques. Sa musique peut être feutrée, scandée, tonique, fluide…

Extrait du roman
"Le ronflement du bateau est plutôt agréable. Au centre, des banquettes posées dos à dos. Je file vers la proue avec l'espoir de percevoir les parfums de la mer. Mes narines frémissent comme frémissent les feuilles d'un arbre. À l'appareillage, une odeur brutale de gaz d'échappement et son relent de mazout, puis comme par enchantement un goût de sucré. Quelqu'un sur la côte doit caraméliser des amandes.
Le reflet sur l'eau. L'écume contre la coque. La brise qui m'enlace. Je ne sais pas combien de temps dure la traversée. Trop courte à mon goût. Je descends au premier arrêt : l'île Sainte Marguerite. On sort de l'embarcation comme on sort d'un autobus. D'autres personnes attendent pour embarquer. Prochain arrêt : l'île Saint Honorat où séjournent des moines. Je n'irai pas jusque là, je n'ai pas besoin de spiritualité, seulement de tranquillité. Sorti de l'embarcadère, je m'enfonce dans une allée bordée d'agapanthes, des fleurs bleues à grandes tiges. Il y a aussi des eucalyptus. Le couple de trentenaires me devance ; il s'est mis à courir. Des sportifs, je ne m'étais pas trompé. La brise fait frémir les eucalyptus dont les feuilles laissent passer la lumière à petites touches sur les écorces auréolées. Le corps précède l'esprit. Les idées viennent du mouvement, disent les Amérindiens. Doung doung font les semelles de crêpe. À qui appartient cet enfant qui zigzague sur le trottoir ? À dix ans, je flânais sur les boulevards. Parfois un passant me secouait, me sortant avec éclat de mon insouciance. Ici, personne ne me sortira de quoi que ce soit.
Les eucalyptus ont un côté enivrant qui n'est rien comparé au parfum des lavandes à la pleine saison et à celui des mimosas quand leurs fleurs explosent en grains d'or."

Geneviève