07.02.2010

Ecrits de neige

 

photo Naïs.JPG
© photo Naïs

Entends craquer la neige

l'hiver joue sa musique

sur le portée des vignes

Geneviève

 

De la souffrance au sourire

il n'y a qu'un chant

celui d'un oiseau

André

20.01.2010

Coïncidence

41vrten5PaL._SL500_AA240_.jpg"Nous sommes composés des anecdotes qui sont la trace que nous laissons en ce monde… nous sommes la constellation d’un million d’événements indépendants reliés par ce que l’œil du lecteur appelle, faute d’un terme plus approprié, coïncidence", écrit  Alberto Manguel dans la postface du livre de Luis Schwarcz : Éloge de la coïncidence édité chez Actes Sud.

Coïncidence. Si nous étions plus attentifs à ces interférences, ces liens fortuits qui s’établissent entre des personnes, des événements, peut-être prendrions-nous davantage conscience de notre appartenance à une même terre, à une même humanité et de ce fait, peut-être serions-nous plus solidaires.

Le petit livre de Luiz Schwarcz est arrivé entre nos mains par la magie d’un jeu d’échanges de livres de poches entre lecteurs inconnus. Ainsi nos pensées se croisent, s’invitent à aller vers d’autres découvertes, à rester éveillés.

13.12.2009

Musée des Arts Premiers

Le Musée des Arts premiers Quai Branly à Paris est vraiment passionnant. Une rencontre avec d'autres civilisations et une découverte de nos propres racines.

Nous entrons dans un bâtiment conçu par l'architecte Jean Nouvel. Du hall d'accueil, nous suivons une rampe d'accès un peu sombre pour arriver au Plateau des collections. Des murs couleur sable rappellent les enceintes des cités antiques. Le chemin nous mène aux domaines de l'Afrique et de l'Océanie que nous choisissons d'explorer en premier.

P1060335.JPG

Dans une vitrine, un masque royal d'éléphant ouvre la voie aux visions d'une humanité pénétrée de traditions, une humanité reliée au  monde animal et au cosmos. Les statuettes d'Afrique noire avec leurs vertus protectrices invitent à un monde où réalisme et imaginaire se mêlent. Les clous plantés dans les figurines, pour stimuler leur effet magique, guident notre pensée vers ces hommes qui ne sont pas si loin de nous. Il s'agit de penser mais aussi et surtout de ressentir. Ces ancêtres tentaient de conjurer le mauvais sort, de s'attirer du bien-être, de se protéger.  Nous pénétrons leurs questionnements, leurs joies et leurs souffrances.  Au cours de notre déambulation dans le musée, nous entrons dans une caverne aménagée dans le décor. L'effet est saisissant. Nous sommes en présence d'une séance filmée de divination en Côte d'Ivoire.

P1060406.JPG

Il y a encore plus d'étrangeté à se trouver face aux créations des Aborigènes d'Australie. Les lignes tracées, les points posés minutieusement décrivent un chemin où il est tentant de se perdre. On pressent que les tableaux intitulés « esprit de sirène d'eau douce », « rêve de Tjunginpa », « désert central », « serpent arc-en-ciel »... expriment un univers pour nous mystérieux. Pourtant la matière colorée, les formes dessinées sont sources d'émotion. Un petit film sur un artiste aborigène montre comment il détache l'écorce d'un arbre, brûle l'extérieur pour en faire son support de création. Il peint dans l'esprit d'une cérémonie traditionnelle et dit : « Nous ne peignons pas le corps mais son pouvoir ».

P1060451.JPG

Sur le chemin du retour nous passons devant l'exposition consacrée aux îles du Pacifique Sud et nous sommes subjugués par de hautes sculptures / tambours  de plus de deux mètres creusées dans la masse de troncs. Elles proviennent de l'île de Malekula. Ici se mêlent l'humain et le végétal. Nous touchons à l'esprit de la terre. 

10.11.2009

Les provisions pour l'hiver

 

bois des Naix.JPG
Faire provision de lumière

  garder les rouges et les ors

  pour la traversée de l'hiver

 

29.09.2009

Le monde ouvert de Kenneth White

 

herbe des champs.JPG
« la beauté est partout

                        même

sur le sol le plus dur

                        le plus rebelle

la beauté est partout

            au détour d’une rue

                        dans les yeux

            sur les lèvres d’un inconnu

dans les lieux les plus vides

            où l’espoir n’a pas de place

où seule la mort

                        invite le cœur

la beauté est là

                        elle émerge

            incompréhensible

                        inexplicable

elle surgit unique et nue -

à nous d’apprendre

à l’accueillir

en nous »

Kenneth White  «Le grand rivage »

Entrer dans la poésie de Kenneth White, c’est pénétrer dans une forêt où les arbres parlent avec la lumière, c'est caresser la peau des troncs, adopter « le calendrier des nuages ». Le poète né en Écosse s’enracine sur la terre bretonne, il est migrant sur les routes nordiques, il est aussi dans la chaîne du Tiantaï qui est un de ces lieux où, selon un auteur du IXe siècle, « des ailes poussent aux hommes ».

Poésie du cosmos que Kenneth White s’emploie à saisir en héritier des poètes et des philosophes des siècles passés, en Europe, en Chine dans l’esprit du tao, ainsi qu’il la présente dans son essai « L’esprit nomade » Voyage sur un bateau de neige dans l’évocation de Sesshu, peintre japonais.

La poésie de Kenneth White est limpide, elle respire l’air du large. Une danse pour avancer en nudité. Un art de vivre.

Geneviève