07.05.2012
Les haïkus des écoliers
Le Salon du Livre Jeunesse de Roiffieux en Ardèche avait pour thème cette année Nature et forêt. La veille, je suis intervenue dans la classe de CM1 de Laurence Munoz à l'école St Joseph. Nous avions le projet d'écrire des haïhus.
Dans la tradition japonaise, le haïku, poésie de 3 vers, s'inscrit sur le thème de la nature et des saisons. Depuis, il a évolué vers des thèmes plus diversifiés. L’écriture du haïku, selon Dominique Chipot, est une marche dans la vie, une marche paisible dont le seul but est de se faire plaisir en prenant le temps d’observer, d’écouter, de goûter, de toucher ou de sentir.
C'est un art d'écriture qui allie précision, simplicité, suggestion et qui, pour moi, est un art de vie.
Après avoir fait connaissance, les enfants m'ont présenté leurs poèmes précédents, haïkus d'automne et d'hiver. Nous avons esquissé collectivement quelques poésies à partir d'une page de Najib l'enfant de la nuit qui exprime les sensations d'un enfant dans la montagne.
Et nous voilà partis vers un petit bois non loin du village, tous les sens en alerte. Sur le chemin déjà, ils écrivaient leurs premières mots. Sous les arbres, ils se dispersaient, attentifs aux bruits, aux parfums, aux images.
Les enfants ont rassemblé leurs haïkus dans un recueil. En voici quelques-uns :
Les maisons en pierre
Sous le vent du printemps
Le champ et ses lignes vertes
Loan
Un morceau de bois gravé
Par les insectes
Le lierre a mis ses paillettes
Chloé
Le bruit du vent dans les arbres
Les fourmis sur les mots
Par terre les feuilles
Léandre
Cette forêt harmonique
Percussion de mes pas
Nature si belle que je n'ai plus de mots
Maëlys
Écorce douce écorce rugueuse
Le gendarme monte sur la fleur violette
La mousse sur la pierre
Tiphaine
Les orties piquent
Ça fait fait très très mal
Les prunes fleurissent
Loan
Je suis tombé dans un trou
Plein de haïkus
Je me fonds dans le paysage
Maëlan
De retour en classe, ils m'ont posé des questions sur Najib l'enfant de la nuit et surtout sur L'ogre aux pieds nus qu'ils avaient lu en classe. Le livre étant épuisé, Laurence l'avait emprunté à la Bibliothèque d'Annonay. Le lendemain, lors du Salon, les enfants se sont bousculés pour acheter les exemplaires que j'avais apportés. Hélas, je n'en avais que deux.
Geneviève
14:55 Publié dans Actualité, Citations, écriture, nature, Poésie 1, Rencontre lecteurs, Salons du livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : salon du livre jeunesse, roiffieux ardèche, laurence munoz, atelier d'écriture, haïku, najib l'enfant de la nuit, l'ogre aux pieds nus, poésie
09.04.2012
le sourire de l'absente
le sourire de l’absente est une recherche de création entre l’écriture texte, chorégraphie, musique et la scène.
Sur un texte d'André Cohen Aknin avec pour thème l'exil, le voyage, le masculin et le féminin, un spectacle est en préparation. Il est actuellement en répétition aux Nouvelles Planches à Romans.
Le texte chante les pays du Sud, mais aussi les pays du Nord, la marche qui éveille les mots, la rencontre avec la peinture qui fait éclore une nouvelle musicalité.
La danse a son langage, crée son propre univers. Elle s’unit à la parole pour en jouer, s’en éloigner, la rejoindre à nouveau.
Un homme, une femme, unis par un fil parfois invisible. Il est assoiffé d'inconnu tout en portant la terre de ses ancêtres à ses souliers. Elle porte les chants des femmes et cherche sa propre liberté.
Extraits :
au féminin changement de tonalité l’écriture devient fugue et les voyelles se transforment en signes se mêlent au rythme des tambours au tempo de prendre le pas sur la ponctuation il n’y a pas de majuscule en musique suite de hautbois violoncelle clap clap au micro on parlera longtemps du noir à cause du chant je ne parle pas d’harmonie juste du bourdonnement de la forêt des os
…
je suis d’un pays où l’on parle au son du violon et de la derbouka l’écriture redevient voix sans frontières
résonne par moments le pilon de ma grand-mère cuisinière couleur cuivre l'onde de son timbre court sous mes pas
Deux modes de spectacle sont envisagés : une petite forme réservée aux petits espaces, en milieu scolaire, en centres de formation, de rééducation, d’hospitalisation, en appartement… Une grande forme, pour les grands espaces, les théâtres…
Le recueil le sourire de l’absente sera édité par l’Atelier du Hanneton selon la fabrication artisanale qui est celle de Stéphane Landois, l’éditeur imprimeur. Une exposition sera construite avec lui.
Création prévue à l'automne 2012 avec le soutien de la ville de Romans : Résidence de création au Théâtre de la Presle en septembre 2012. Elle pourra être suivie par des lycéens.
le sourire de l’absente
Spectacle texte et danse avec André Cohen Aknin, auteur, comédien
et Yvonne Collino, danseuse, chorégraphe
Mise en jeu et en espace collective avec Geneviève Briot
Coréalisation Association Bleu 31 & Compagnie Le Fil à la Patte
18:23 Publié dans Actualité, Agenda, Art, Citations, écriture, Exposition, Littérature, Poésie 1, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : spectacle, andré cohen aknin, association bleu 31, yvonne collino, cie le fil à la patte, atelier du hanneton, stéphane landois, geneviève briot, danse contemporaine
15.03.2012
Quelle utopie pour demain ?
Chagall peint avec sa technique d'artiste et son âme d'enfant. Il crée son monde dans "Moi et le village". Le tableau rayonne jusqu'à nous. Maisons sur base, maisons sur toit. Invitation à marcher sur le ciel.
Chacun de nous a un village, un monde qui englobe aujourd'hui et hier avec l'enfance comme source vive. Des choses minuscules ont un impact exorbitant. Des événements importants ne sont qu'un souffle dans le souvenir.
Danse du masculin et du féminin. Nous sommes dans le multiple : il y a des gens qui survivent, des gens qui veulent changer le monde. Ils appartiennent à des cercles qui se croisent ou s'éloignent. Les cercles sont notre force et notre enfermement.
La Maison de quartier St Nicolas à Romans, Maison du centre ville s'interroge : quelle utopie pour demain, pour les quatre années à venir ? Elle a convié l'Association Bleu 31 à participer à sa démarche.
Cette maison est riche de toutes les actions passées, animée d'un esprit de résistance au consumérisme, de solidarité envers les plus modestes, d'inventivité née des envies des habitants (journées créatives ou festives, ateliers éphémères, monnaie locale, "ressourcerie", luttes féministes, lieu de paix…)
"La maison bien enracinée aime avoir une branche sensible au vent, un grenier qui a des bruits de feuillage" dit Gaston Bachelard. Comment trouver cette nouvelle vibration qui réponde à une société chancelante ? Comment donner à ce lieu de convivialité un supplément d'âme ?
Élargir le champ des possibles. Se déployer dans un nouveau souffle, à la limite du réel et de l'irréalité, c'est la liberté d'un grand poème pour la Maison de Quartier et son rayonnement sur les habitants. Agissons aujourd'hui, croisons nos histoires, métissons-nous.
Le samedi 17 mars 2012, les habitants sont invités à une journée de réflexion et de partage pour dire leur rêve, afin d'aller vers une transformation profonde et une amélioration de la vie pour tous.
Maison de quartier St Nicolas 14 place du Chapitre à Romans-sur-Isère (04 75 72 47 70)
Geneviève
21:09 Publié dans Actualité, Agenda, Art, Citations, écriture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : maison de quartier st nicolas à romans, utopie, association bleu 31, marc chagall, gaston bachelard romans-sur-isère, rêve
08.02.2012
Jeanne Benameur

Une auteure dont la sobriété de l'écriture est proprement stupéfiante.
Dans les romans que nous avons lus avec délectation, Jeanne Benameur met en scène des êtres de silence et de contemplation, dans une langue poétique qui va à l'essentiel. On est touché par une grâce qui détonne avec notre monde où les paroles tourbillonnent, nous empêchent de penser et peut-être de voir.
Dans Les demeurées les mots font leurs nids dans la tête de Luce. La petite héroïne fait bloc avec sa mère dans un monde de gestes du quotidien. Objets en gros plan. Mots nimbés de silence. Phrases courtes.
Les blancs sur la page ouvrent des espaces où le lecteur peut s'arrêter, imaginer, toucher, sentir, exulter. Le voile de ma petite grand-mère qui me revient, toute ridée, odorante, ma bouche contre sa joue, le voile au bord, épice musc, odorante livre-t-elle dans Ça t'apprendra à vivre.
Les mots se font rares, ont une vibration. Jeanne Benameur sait même faire parler leur absence.
Dans Les mains libres, il n'y a pas eu de mots pour qu'Yvonne devienne Madame Lure. Monsieur Lure a simplement été ému par le mouvement de ses mains, c'est tout. Nous-mêmes n'avons-nous pas été parfois interdits, privés d'expression parce que le tumulte en nous était trop grand ou que nous nous sentions dans une grande vacuité.
Les mains ont une présence particulière, celles de son père dans Un jour mes princes sont venus : je n'ai pas su quitter la paume de sa main. Je t'en prie souffle souffle sur ta main pour que je sois libre. Trouve ton dernier souffle papa, envole-moi.
Il y a l'Algérie, une terre qui nous est chère.
Dans Ça t'apprendra à vivre, elle se souvient de son enfance là-bas, de tout ce que ses parents ne disent pas et de tout ce qu'il ne faut pas dire. Fille d'un Arabe et d'une Européenne, l'enfant demande : Est-ce que nous serons toujours des "à moitié, des demi" Quand serons-nous entiers ?
En elle :
le désarroi parce rien ne lui est expliqué de ce voyage vers un ailleurs inhospitalier. Moi aussi j'ai une frontière, elle est dedans. Personne ne la respecte
et une détermination : Je me suis fait le serment que je ne m'habituerais jamais à rien.
Ces romans nous apparaissent comme un désir d'ouverture, de compréhension du monde dans ce qu'elle a de plus secret. Ne dit-elle pas il y a … des jardiniers invisibles qui cultivent les rêves des autres ? Elle nous fait sentir à quel point nous sommes liés les uns aux autres : personne ne meurt vraiment. Jamais.
Une force étonnante se dégage de cette écriture, quelque chose d'irréductible qui rayonne de l'intérieur.
Geneviève et André
13:45 Publié dans Actualité, Citations, écriture, Littérature, Livres, Nos lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jeanne benameur, algérie, exil, mains, littérature
15.01.2012
Premier matin 2012
La lumière glisse sur la brume
un chemin de silence
pour quel chant ?
Geneviève
16:43 Publié dans Actualité, écriture, nature, Poésie 1 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : soleil, brume, matin d'hiver, geneviève briot, 2012





