Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

13/11/2016

André Cohen Aknin

Auteur, lecteur public

Dans mon pays, dit-il, on parle au son du violon et de la derbouka. De sa terre natale, il garde la musicalité et le sens de l'accueil. Auteur et homme de théâtre, il chemine à travers voyages et vie quotidienne à la rencontre des autres.

En 1983, il s'installe dans la Drôme, rencontre Geneviève Briot. Ensemble, ils donnent des récitals de poésie. Ils sont "Toujours et Jamais", puis les "Colporteurs liseurs".

Auteur de pièces de théâtre, tournées en France et à l'étranger, il a aussi publié un roman "La lèvre du vent" aux Editions L'Harmattan - 2006 ; il y évoque l'Algérie, une terre où les traditions juives et berbères se sont mêlées au long des siècles. Une terre où l'oralité donne au mot couleur et saveur, une terre où il a vécu jusqu'à l'âge de 13 ans. Benjamin Stora parle d'un ouvrage "passionnant de sensibilité et d'érudition".

Il chemine avec des musiciens, enseigne la communication, forme des enseignants, des élèves, des bibliothécaires à la lecture à voix haute, crée des rencontres : Mots de passe, Petites cours et résonances et met en scène des événements comme la "Biennale de l’International de Romans" qui a reçu le Prix national de l’innovation publique "Territoria 2004".

En 2006, il participe à un collectif de créateurs "31 minutes", un itinéraire entre l'image et le trait, l'écriture et la voix. Son écriture devient alors plus sobre.

"Le sourire de l'absente", un récit poétique publié à L'Atelier du Hanneton en 2012, est dans ce cheminement. Il y a les pays du sud, les pays du nord, les peintures de Giorda et de Modigliani qui bouleversent sa perception, l'amènent à une autre musicalité. Il donne actuellement une lecture récital de ce texte. Pour lui, le texte se fait chant, parole et musique en même temps.

- "Le sourire de l’absente", récit poétique. Editions L'Atelier du Hanneton, 2012
- "La lèvre du vent", roman. Editions L'Harmattan, 2006
- "Le carnaval de votre enfance". Paroles de résidents, Ehpad de Romans. 2010
- "Chronique d’un passager clandestin", récit d'une création théâtrale. 95-96. Inédit

THÉÂTRE, écriture

- “Salut Blaise”, 1988
- “Tous les murs donnent au sud”, 1989
- “Jour de marché”, 1998
- "Les gens d’ici”, 1994
- “Comme un Blues”, 1996
- “Les pensionnaires”, 1996-97
- “Jugement de Carmentran”, 1997
- “Visages”, 1998
- “Conversation sur un fil”,  2000-2002. Coauteur Geneviève Briot
- “Molière al-Qabbânî”, 2001-2003. Coauteur Mohamed Machti
- "Le chant d’Abelle", 2006 - 2008
- "Le sourire de l'absente", 2012

RÉCITALS ET LECTURES DE POÉSIE CONTEMPORAINE

-Toujours et jamais et ses musiciens, 1986-87.
- Récitals de poésie contemporaine avec le pianiste Pascal Cappuccia.1991.
- Les Colporteurs liseurs, avec Geneviève Briot, depuis 1997 :
"Le monde a mille voix",  "Alain Borne, une poésie d'ombre et de feu", "Andrée Chedid, un univers", "Paul Vincensini, une poésie en bleu majeur", "Le bruit des mots, le bruit du monde", "Vivre ensemble", "Des saveurs et des livres", "Il pleut des oiseaux bleus"…
"La poésie d’Afrique du Sud", 2007.
"Le sourire de l'absente", lecture récital, 2013,

CRÉATION, EXPOSITIONS, MISES EN SCÈNE

- "Mots de passe", 1985-86. Un espace où les créateurs peuvent s’exprimer.
- "Petites joies avec pignon sur rue", 2000. Création de rencontres d’auteurs. Romans. Evénement festif.
- "Danse avec les mots" 2002. Lecture récital avec deux équipes de médiathèques.
- "Biennale de l’International de Romans", 2004, 2006, 2008, 2010. La première manifestation a reçu le Prix national de l’innovation "Territoria, 2004"
- "31 minutes", 2006.  Un itinéraire entre l'image et le trait, l'écriture et la voix. Avec un collectif de créateurs.
- "Sur le chemin de Compostelle". Scénario et mise en scène - chorale, 2010.
- "Quand 1+1 font 4", 2014. Avec Stéphane Landois de l'Atelier du Hanneton. Lecture.
- "Paroles de silence", encres et poésies. Exposition à Bourg les Valence. 2013
- Assistant mise en scène “La vie de Galilée” de B. Brecht mise en scène de Philippe Delaigue, 1995-96. Et stage mise en scène avec François Rancillac Comédie de Saint-Etienne, 2010.

INTERVENTIONS EN MILIEU SCOLAIRE ET UNIVERSITAIRE

Lectures, ateliers voix, ateliers d'écriture. IUFM Aubenas, Grenoble, Lycées, collèges, écoles primaires, médiathèques, FOL…  Recueils : "C'est de moi que l'on parle" - "De feu et d'encre" - "Portraits de femmes" - "A celle, à celui qui viendra" - "Tais-toi et mange".

Membre de la Maison des Écrivains (MEL) et de la Société des Auteurs (SACD)

Paix Peur Respect

cairns,patrick joquel,éditions gros textes,sébastien lion,geneviève briotrevue de poésie jeunesse,s

 

 

C'est sous ce titre que vient de paraître Le n° 19 de Cairns
Cairns est une revue de poésie éditée par Patrick Joquel à Mouans-Sartoux et les éditions Gros Textes.
Pour moi, Cairns, c'est une sorte de sculpture collective sur notre chemin de lecteur où les poètes déposent leur pierre-poésie.
En guise d'édito… écrit Patrick Joquel pour ce numéro :
"Dans nos journaux, des images de guerre… Une Europe qui du haut de ses 70 ans de paix se ferme et connaît des scènes de guerre… La peur un peu partout. Terrorisme. Pollution. Peur de grandir. Peur d'avancer. D'oser. le poème se confronte à ces/ses peurs. Il palpite et cherche des mots comme le mot respect. Pour éclairer. Respect de l'homme, de l'autre. Respect de notre histoire commune. Respect de notre planète. Respect de la vie tout simplement."

24 poètes témoignent :

Je vous propose la poésie de Sébastien Lion

"Ma kalash à moi
Elle a six cordes
Et elle porte ma voix
Contre la horde

Toujours sur  le dos
Je la dégaine
Au premier bistro
A la moindre peine

Des balles de Blues
Du riff en rafale
Barillet de douze
Bises musicales"

La revue est destiné aux enfants, mais les poèmes parlent à tous.
Un de mes poèmes y figure : "Envol des enfants". Il a été publié sur ce blog en juillet dernier.

Geneviève

21/09/2016

Écriture sonore

Actuellement André relit le manuscrit de son dernier roman.
Faire résonner les mots, entendre la coulée de la phrase, son rythme. Les sonorités des mots composent la musique du texte. Cette lecture invite à supprimer les mots parasites qui sont comme des fausses notes. Ce n'est pas seulement la signification du texte qui est importante, il y a aussi sa résonance. C'est ainsi qu'André, originaire d'Afrique du Nord, conçoit l'écriture. Il unit la bouche et l'oreille à la compréhension comme le font les conteurs. Le fait d'être homme de théâtre et lecteur public l'incline encore davantage à expérimenter le texte oralement. Un exercice de concentration, car lire à voix haute "éloigne le lecteur des distractions venues du monde extérieur" ainsi que le dit Alberto Manguel dans son "Histoire de la lecture". C'est aussi une façon de se relier à la lecture originelle qui était "plus auditive que visuelle"
"Lire pendant le troisième millénaire avant notre ère, écrit Alberto Manguel, revenait peut-être à entendre les cunéiformes, c'est-à-dire à imaginer le discours de façon hallucinatoire, en regardant les signes qui le symbolisent, plutôt qu'à reconnaître visuellement les syllabes de la façon qui est la nôtre."…
"Jusqu'à une période avancée du Moyen Age, les auteurs supposaient que leurs lecteurs verraient moins le texte qu'ils ne l'entendraient, et eux-mêmes prononçaient les phrases à haute voix tout en les composant."
Aujourd'hui, certains auteurs continuent à écrire ainsi à voix haute, ainsi l'écrivain prix Nobel, Gao Xingjian. Pour les lecteurs publics que nous sommes, il est important d'être sensibles à un texte dans sa substance auditive, ses harmoniques. Sa musique peut être feutrée, scandée, tonique, fluide…

Extrait du roman
"Le ronflement du bateau est plutôt agréable. Au centre, des banquettes posées dos à dos. Je file vers la proue avec l'espoir de percevoir les parfums de la mer. Mes narines frémissent comme frémissent les feuilles d'un arbre. À l'appareillage, une odeur brutale de gaz d'échappement et son relent de mazout, puis comme par enchantement un goût de sucré. Quelqu'un sur la côte doit caraméliser des amandes.
Le reflet sur l'eau. L'écume contre la coque. La brise qui m'enlace. Je ne sais pas combien de temps dure la traversée. Trop courte à mon goût. Je descends au premier arrêt : l'île Sainte Marguerite. On sort de l'embarcation comme on sort d'un autobus. D'autres personnes attendent pour embarquer. Prochain arrêt : l'île Saint Honorat où séjournent des moines. Je n'irai pas jusque là, je n'ai pas besoin de spiritualité, seulement de tranquillité. Sorti de l'embarcadère, je m'enfonce dans une allée bordée d'agapanthes, des fleurs bleues à grandes tiges. Il y a aussi des eucalyptus. Le couple de trentenaires me devance ; il s'est mis à courir. Des sportifs, je ne m'étais pas trompé. La brise fait frémir les eucalyptus dont les feuilles laissent passer la lumière à petites touches sur les écorces auréolées. Le corps précède l'esprit. Les idées viennent du mouvement, disent les Amérindiens. Doung doung font les semelles de crêpe. À qui appartient cet enfant qui zigzague sur le trottoir ? À dix ans, je flânais sur les boulevards. Parfois un passant me secouait, me sortant avec éclat de mon insouciance. Ici, personne ne me sortira de quoi que ce soit.
Les eucalyptus ont un côté enivrant qui n'est rien comparé au parfum des lavandes à la pleine saison et à celui des mimosas quand leurs fleurs explosent en grains d'or."

Geneviève

04/07/2016

Carton rouge pour le travail des enfants

droits des enfants,auditorium pharo à marseille,bach,mozart,pablo casals,vangelis,weber,corette,cassado,goltermann,chantal darietto latil,maestro antonio mosca,suzuki,genevieve briot,bleu citron prod

Copyright © 2016 bleu citron prod. All rights reserved

La période est centrée sur l'Euro de football qui rassemble les foules de supporters, qui suscite l'enthousiasme ou la déception. Le sport est à l'honneur et il est fédérateur. D'autres événements pourtant se vivent, plus discrets et non moins importants. Le 12 juin 2016 était célébrée La journée mondiale contre le travail des enfants.

À cette occasion a eu lieu à Marseille à l'Auditorium du Pharo un grand concert d'enfants : 200 enfants choristes et violoncellistes de la région de Marseille, de Lyon et de Turin en Italie. Ils ont interprété des œuvres de Bach, Mozart, Vangelis, Weber, Pablo Casals, Corette, Cassado, Goltermann, des chansons du compositeur Daniel Beaume sur le thème du droit des enfants. Des images d'enfants au travail dans le monde étaient projetées, tandis que des textes étaient lus et donnaient le sens de cette manifestation. Les jeunes artistes sous la direction de Chantal Darietto-Latil et Maestro Antonio Mosca des Instituts Suzuki ont enchanté le public par leur talent et aussi par le témoignage qu'ils donnaient du pouvoir de l'éducation qui les ouvrait à la joie et à la créativité. Touchée par cette prestation, j'ai écrit le poème qui suit : Envol des enfants

Deux cents enfants
sur une scène de théâtre
visages lumineux
ensemble ils chantent
jouent du violoncelle
offrent leur joie de vivre

Deux cents millions
d'enfants dans le monde
Visages éteints
ils fabriquent des briques
ils cassent des cailloux
portent de lourdes charges

Deux cents enfants de Marseille
de Lyon  de Turin
filles et garçons écoliers
ils jouent Bach Mozart
Vangelis Pablo Casals
ils ont trois ans huit ans douze ans

Deux cents millions d'enfants
filles vendues garçons à la dérive
enfants soldats
Dans les décharges
ils trient des matériaux toxiques
ils ont trois ans huit ans douze ans

Deux cents millions d'enfants
au travail. Harassés
ils n'ont pas le temps de jouer
de rêver de sourire
ils ne vont pas à l'école
ils aimeraient lire et écrire

Aujourd'hui deux cents enfants
chantent à pleine voix
leurs doigts vibrent sur les cordes
pour que tous soient des oiseaux
ivres de ciel bleu
riches de couleurs et de rires

Ces enfants voudraient
que leurs mots et leurs notes
réveillent le monde
pour que vivent les droits des enfants
Leurs voix leurs musiques lancent un appel
L'entendez-vous ?

Geneviève

 

13/05/2016

La tentation du passé

hélène cixous,si près,richard rognet,élégies pour le temps de vivre,algerie,alger,oran,geneviève briot     hélène cixous,si près,richard rognet,élégies pour le temps de vivre,algerie,alger,oran,geneviève briot

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Deux livres sur ma table de chevet "SI PRÈS" de Hélène Cixous et "ÉLÉGIES POUR LE TEMPS DE VIVRE" de Richard Rognet.
(Je me demande parfois si des auteurs qui voisinent sur une étagère de bibliothèque échangent dans l'ombre des nuits)
 Dans "SI PRÈS", Hélène Cixous s'interroge sur le fait d'aller en Algérie où elle a passé son enfance et son adolescence. Son mode d'être, écrit-elle est la broussaille, son héritage algérien. Ses mots errent sur des chemins secrets de son Algériance. Ses Algérêveries vont du jardin d'Essai à Alger au lion du heurtoir de la porte d'entrée de la maison à Oran, en passant par le cyprès sur le chemin du Lycée Fromentin. L'image de Zohra Drif, la fille du Lycée à qui elle n'a jamais parlé, à qui elle a voulu écrire et ne l'a jamais fait, est une présence lancinante. Après trente-cinq ans, elle erre là-bas à la recherche de ce qui n'existe plus. Au cimetière, à la force des mots et de l'imaginaire, elle finit par dialoguer avec son père. De retour à Paris, elle écrit : "Je suis venue à Alger pour retrouver l'immortel chagrin. Et je l'ai trouvé. Il est avec moi."

Dans "ÉLÉGIES POUR LE TEMPS DE VIVRE", Richard Rognet s'interroge sur la tentation de réveiller le passé.
"Ne reviens pas, les retours nuisent au temps
de vivre…
ne reviens pas, la blessure ne dort pas,
la mémoire comme un ciel couvert
prépare les orages futurs, ne reviens
pas. A qui dis-je ne reviens pas ?…

à qui ? sinon à celui qui résiste en moi,
sous les pierres ensevelies sous
d'autres pierres, celui qui frappe
sans qu'on l'entende à la porte
de l'intérieur…"

Richard Rognet raconte le passage du temps, la volonté "pour vivre comme doit vivre la vie" et il s'engage délibérément dans le présent

"tu tiens bon, tu renais, tu arraches les voiles
étouffants des peurs bleues, tu recomposes
ton présent, tu es le messager de ta propre existence"
……
car il en est des lieux secrets comme des mots
dans la mémoire, plus on les cherche, les recherche,
et plus la vie s'appesantit, et plus les larmes
tourbillonnent dans les profondeurs du cœur

qui bat la breloque, tu demeures orphelin des
lieux que le merle atteint, contente-toi de son
chant, vibre avec lui et remercie la nuit venue."

J'ai suivi les chemins des deux auteurs, j'ai suivi les phrases éclatées et inventives d'Hélène Cixous, sensible à sa fidélité à son immortel chagrin ; j'ai suivi la coulée lumineuse des phrases de Richard Rognet qui sont recherche de plénitude. Lectrice, je suis à la croisée des deux univers,  je suis un lieu de rencontre.

Geneviève