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Nos lectures

  • Juifs d'Algérie, une mémoire qui (en)chante

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    Nous sommes en lien avec Michel WILSON Vice-président de Association Coup de Soleil en Auvergne/Rhône-Alpes qui poursuit son exploration des mémoires autour de l’Algérie. 
    Nous proposons une rencontre qui entremêle culture, histoire, témoignages, gastronomie.

    JUIFS D’ALGÉRIE, UNE MÉMOIRE QUI ‘EN)CHANTE

    Elle aura lieu les 1er et 2 février 2023

    Sous la présidence d’honneur de Grégory DOUCET, Maire de Lyon, en présence de Florence DELAUNAY, adjointe au Maire.

    Les Juifs sont depuis deux mille ans l’une des composantes de l’Algérie.
Leurs liens avec cette terre et ses habitants sont indéfectibles.
 Cette rencontre fera découvrir des aspects de leur univers, leur histoire, leur diversité, leurs richesses
culturelles, leurs traditions, leurs cuisines, leur contribution à maintenir vivante la musique arabo-andalouse, leur ouverture au monde…
 Une fierté retrouvée.

    MERCREDI 1 FÉVRIER -
 Cinéma Opéra 6 rue Joseph Serlin -  69001 Lyon

     19 h Le port des amours, de Jacqueline Gozland,
 film sur Reinette l’Oranaise. Suivi d’un débat

    JEUDI 2 FÉVRIER –
 Hôtel de Ville de Lyon
    - 9h30 – 9h45 : Textes poétiques dits par les Colporteurs-liseurs.

         Ils ponctueront la journée de courtes lectures
    - 9h45 – 10h15 : Karima DIRÈCHE, Histoire des juifs d’Algérie.
    - 10h15 – 10h45 : DÉBAT ET TÉMOIGNAGES
    - 10h45 – 11h05 : CONCERT du répertoire judéo arabe par Nacer Hamzaoui et Siham

    - 11h05 – 11h 50 : André COHEN AKNIN, « Un lit dans l’océan », roman

    - 11h50 – 12h05 : Ryma PROST-ROMAND cheffe du restaurant Mama Trøtter La cuisine d’Afrique du nord

    - Repas (sur inscription)


    - 13h30 – 14h30 : Trois écritures de femmes
Lecture croisée d’extraits de leurs livres, ainsi que de leurs poèmes par :
 Geneviève BRIOT, « Un livre à la mer”, récit
 - Marie-Claude AKIBA EGRY, «L’enfant qui se taisait”, récit 
- Simone MOLINA, « Voile blanche sur fond d’écran », poésie

    - 14h30 : Films documentaires
 de Yves BENITAH, extraits de la captation de Moh et les petites morts
 - Ferhat MOUHALI, "Un retour à Constantine"

    - 15h30 – 16h : ECHANGE

    - 16h – 16h30 : Pierre-Jean LE FOLL LUCIANI Historien
« Les juifs algériens dans la lutte anticoloniale, trajectoires dissidentes ».

    - 16h30 – 17h15 : DÉBAT ET TÉMOIGNAGES

    - 17h15 : CONCERT du répertoire judéo arabe par Nacer et Siham

    Les colporteurs-liseurs : G.Briot, A. Cohen Aknin, Naïs, J-A Martinez Carrion,


    INSCRIPTIONS: une inscription à cette manifestation (gratuite) est nécessaire. Pour s’inscrire au repas le versement d’une somme de 12€ est demandée via Hello

    https://www.helloasso.com/associations/coup-de-soleil-en-rhone-alpes/evenements/juifs-d-algerie-une-memoire-qui-en-chante

    INFOS :
    06 79 47 04 52

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  • Du côté de chez Proust

    J'avais seize ans quand j'ai lu Un amour de Swann. J'ai été dès lors littéralement envoûtée par cette écriture. Pas spécialement par le récit, mais par la phrase de Proust qui sinue, s'enroule, se déroule, dessine une promenade dans les souvenirs, les sensations du passé et du présent entremêlées. J'étais sensible à ce voyage au cœur des émotions. Je me berçais dans le manteau de ses mots.

    Marcel Proust dit nos pensées qui se mêlent à tout moment et qu'on ne peut écrire. Magicien de la langue française, il parvient à dessiner un tableau du multiple. 

    La vieille dame que je suis aujourd'hui est toujours fascinée par cette écriture. Je relis des pages de la Recherche et j'en écoute la musique. 

    Merci à Augustin Trapenard et à sa "Grande librairie" du 23 novembre 2022. Il m'a permis de voir davantage l'humour dans l'œuvre de Proust, d'aller plus loin dans le ressenti. L'évocation de la sonate de Vinteuil par la pianiste Claire Marie Le Guay était savoureuse.

    Geneviève

  • Balade poétique à Savasse, le 26 mars - Itinérance(s)

    Avec André et Geneviève, les Colporteurs- liseurs et une cinquantaine de marcheurs
     
    Sur la colline, sous les remparts, les poèmes des livres prennent voix. Des poètes d'aujourd'hui et d'autrefois, d'ici et d'ailleurs, africains, amérindiens, revivent dans les rues, près des églises, s'envolent avec les oiseaux dans la plaine.
    Les poèmes se mettent à battre dans les corps des marcheurs et dans les pierres.
    L'invisible enlace le visible.
    Un élan de partage nous unit.
    Bouquet de ferveur.
    La vigne des anciens toujours vivace fait couler les meilleurs cépages dans la voix de Claude, un participant.
    Nous marchons dans le manteau du printemps, prêts à faire éclore nos désirs secrets.
     
    Quand tu es mal à l'aise 
    dans ton cœur
    va marcher
    dit l'Amérindien Ted D. Palmanteer
     
    Écoute plus souvent
    Les choses que les êtres
    La voix du feu s'entend
    Entends la voix de l'eau
    Écoute dans le vent
    Le buisson en sanglot :
    c'est le souffle des ancêtres
    dit L'Africain Birango Diop
     
    Le monde est nu, je voudrais le vêtir d'un poème d'amour comme la page blanche,
    dit le Montilien Alain Borne

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  • Agenda Lectures Rencontres

    • 25 février - Librairie Les Cordeliers à Romans-sur-Isère - 19h 
    Rencontre lecture "Un lit dans l'océan" par André
     
    •  11 mars - Médiathèque de Montélimar Agglomération - 18h
    Lecture sur scène - Rencontre "Un lit dans l'océan" par André 
     
    • 26 Mars - Savasse - 14h
    Balade poétique "Chemin faisant", par André, Geneviève et Naïs
     
    • 31 mars - Librairie L'étincelle à Valence - 19h
    Rencontre lecture "Un lit dans l'océan" par André
     
    • 9 avril  - Librairie Le Baz’Art des Mots à Hauterives - 19h30
    Rencontre lecture "Un lit dans l'océan" par André & "D'azur et de feu" par Geneviève
     
    • 30 avril - Condillac - 14h
    Balade poétique "Chemin faisant", par André, Geneviève et Naïs
     
     
    CHEMIN FAISANT, balade poétique
    Par les colporteurs-liseurs André Cohen Aknin, Geneviève Briot et Naïs
    Marcher dans un village, voir un papillon virevolter, des pierres danser, un enfant rire. Entendre les poèmes résonner entre terres et langues et chevaucher le vent vers un autre angle du ciel.
     
    UN LIT DANS L'OCEAN, roman
    de André Cohen Aknin, Edition Parole, Coll. Regard d'homme. 2021
    Cela commence par la préparation de la loubia, une soupe aux parfums d'enfance. Une manière pour un fils de se rapprocher de sa mère, une vieille femme juive d'Algérie atteinte par la maladie d'Alzheimer. Démuni par les silences, les phrases éclatées, les mots qui se délitent, il tente cependant de la rejoindre dans son univers fantomatique. Apparaissent alors des saveurs de cuisine, des notes de musique arabo-andalouse, des pleurs, des rires…
    Toute vie même en délitement est source de créativité, dit-il.
    Ce livre est un roman d’amour.
     
    D'AZUR ET DE FEU, sept visages de Josette Duc, récit
    de Geneviève Briot. 2020 Bleu 31
    Sur un chemin poétique, Josette Duc danse, chante, parcourt le monde, poussée par une curiosité insatiable, par son "goût des autres". Le cœur sur la main et en quête de spiritualité, elle trace un chemin original. 

  • Lectures "Un lit dans l'océan"

    UN LIT DANS l’OCÉAN
    André Cohen Aknin
    Editions Parole, 2021
    Collection Regard d’homme
     
    Prochaines lectures rencontres par l’auteur à la :

    • Librairie Les Cordeliers à Romans-sur-Isère, le 25 février à 19h
    • Médiathèque de Montélimar Agglomération, le 11 mars 19h
    • Librairie L'étincelle à Valence, le 31 mars
    • Librairie Le Baz’Art des Mots à Hauterives, le 9 avril 

    Cela commence par la préparation de la loubia, une soupe aux parfums d'enfance. Une manière pour un fils de se rapprocher de sa mère, une vieille femme juive d'Algérie atteinte par la maladie d'Alzheimer. Démuni par les silences, les phrases éclatées, les mots qui se délitent, il tente cependant de la rejoindre dans son univers fantomatique. Apparaissent alors des saveurs de cuisine, des notes de musique arabo-andalouse, des pleurs, des rires…

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    "Dégusté comme une datte sucrée, un thé à la menthe, ce texte cristallise nos 5 sens : les goûts, les couleurs, les odeurs, les musiques, les cultures juives et musulmanes si proches. La délicatesse et la pudeur avec lesquelles l'auteur aborde des thèmes pourtant difficiles (les césures familiales, la maladie, la guerre...) font de cette lecture un incroyable voyage." (Nath2dragui - site Babelio) 

    "Entre Orient et Occident, entre terre et mer, entre mère et fils, enfance et vieillesse, entre rêve et réel... Il m’a surprise, saisie, désarçonnée, sans pour autant me lâcher... C’est une curieuse traversée au cours de laquelle le lecteur respire le monde et la vie par petites touches. Des touches colorées et rapides qui créent une œuvre indéfinissable, insaisissable, quasi impressionniste..." (Anne-Marie (Facebook, repris sur le site de Parole)

    "L’histoire de Juliette pourrait être une sorte de métaphore de ce qui s’est passé dans l’histoire de l’Algérie il y a quelques décennies, un engloutissement dont pourtant, sous une forme presque inaudible, on trouve ici ou là des remontées aussi saisissantes qu’inespérées. Le récit poétique d’André Cohen Aknin ne cherche pas à en faire la théorie, il n’en est que plus convaincant. (Denise Brahimi, Lettre culturelle franco-maghrébine #57 - site de coup de soleil Rhône-Alpes) 

    Editions Parole : https://www.editionsparole.fr

    Les premières lignes de "Un lit dans l'océan : https://vimeo.com/548157291

    Interview Edition Parole : https://vimeo.com/574063653

    France Alzheimer : https://radiofrancealzheimer.org/broadcast/1237-Un-lit-dans-l-oc%C3%A9an-un-roman-comme-acte-d-amour-d-un-fils-pour-sa-m%C3%A8re

    Article de Denise Brahimi : https://www.coupdesoleil-rhonealpes.fr/lettre-culturelle-franco-maghrebine-57

  • Lecture au Chouchalout

    Poé-ponctuation n° 3, de Geneviève Briot

    geneviève briot,un caillou qui pense oiseau,d'azur et de feu,le chouchalout,dominique divrechy,les pilles,nyons

    Un cailllou qui pense oiseau

    a invité D'azur et de feu

    et les sept visages de Josette Duc

    La poésie n'a ni rimes ni tête

    n'a pas de masques, pas de virus

    elle s'est respirée au cœur à cœur

    Lecture par Geneviève au Chouchalout, aux Pilles près de Nyons le 4 décembre 2021, chez Dominique Divrechy

  • Rendez-vous au Casino Venier

    Mon article sur Casino Venier Veniseun livre écrit sous la direction de Marie-Christine Jamet, chez Serge Safran éditeur, 2021

     

    est paru dans la revue QUINZAINES (Lettres, Arts et idées), n° 1240, de novembre 2021

    Le livre est beau, d'un noir secret. Sur la couverture, un cercle éclairé, comme si nous regardions à travers un judas : décor, masques, chapeau, éventail suggèrent le XVIIIème à Venise. Glissons un œil dans ce judas pour y surprendre ce qui se cache là…
     
    André
  • Des saveurs et des livres au Bazar de St Martin en Vercors

    "Des saveurs et des livres" au Bazar de St Martin en Vercors,
    par Geneviève Briot

    Du 6 au 12 août 2021 était organisé le Bazar de St Martin en Vercors, à l'initiative de la Cie Cyrène, avec Michel et Jacotte Fontaine : musique, théâtre, danse, lectures, film et chants au fil de la semaine sur le thème Le pain dans tous ses états.

    Nous les Colporteurs, André et Geneviève, avec Naïs, nous présentions une lecture Des Saveurs et des livres, un menu différent chaque jour. Nous étions dans la rue, sous le regard bienveillant de Raymond et Ginette, nos voisins de porte. Nous affichions des poésies comme d'autres accrochent leur lessive, montrant ainsi nos dessous les plus intimes, les poésies qui nous collent à la peau. Les cailloux peints et les tissus poèmes de Naïs montraient le chemin de la place jusqu'à nous.

    Nous présentions nos derniers ouvrages : Un lit dans l'océan, le lien entre une mère et son fils ponctué de saveurs orientales, D'azur et de feu où Josette l'héroïne croque la vie à belles dents.

    Ces extraits étaient ponctués de poèmes de Blaise Cendrars, Mahmoud Darwich, Guillevic, Pablo Neruda, François Cheng, Alain Borne, Paul Vincensini, Jean-Louis Novert et autres boulangers et pâtissiers des mots.

    Avec les Touaregs, nous avons fêté l'eau : "Annoncez que l'eau doit être partagée, annoncez-le à tous les peuples de la terre", tout en accueillant Omar Khayam venu de la Perse du XIIe siècle pour célébrer le vin.

    Notre table était ouverte à tous. Bernard Vandewièle est venu parler de son livre Brigitte l'œuvre à vif, Juan Antonio Martinez a slamé accompagné par Esteban au saxophone, Marie a chanté un poème de Victor Hugo, Cécile a dit La lionne de Jacques Prévert…

    Dans cette période de pandémie où nous avons été privés de lectures publiques, ce fut un plaisir de partager avec des personnes réellement présentes.

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  • Une lumière dans l'ombre

    Lettre d'un colporteur-liseur N°31
    "Une lumière dans l'ombre" de André Cohen Aknin
    Textes cités : "Une longue impatience" de Gaëlle Josse.

    *

    De nouveau, une lettre d’un colporteur-liseur à propos d’un roman : "Une longue impatience" de Gaëlle Josse” (1). A la lecture, j'ai ressenti la vibration d’un long poème.
     
    Ce roman est une lumière dans l'ombre, dans la rudesse d'une vie balancée entre pauvreté et présence de la mer. Une mer immuable, sa force, sa joie presque, son attirance irrésistible. Il y a aussi l'absence qui, à la fois, nous tourmente et nous construit.

    Nous sommes avec Anne qui attend son fils Louis, parti à la mer comme on part à la guerre. Pas tout à fait. Il est parti sans salut, sans banquet de classe, sans ce baiser sur la joue d'une mère.
    Ce livre offre le banquet du départ en même temps que celui du prochain retour.

    Louis n'a rien dit, il n'a même pas laissé de message, après que son beau-père lui a donné une tannée avec sa ceinture. Pourtant Etienne avait promis de s'occuper de lui comme si c'était son propre fils. Qui plus est, Anne n'était pas là ce jour-là, elle s'occupait de ses plus jeunes enfants.

    Son fils est sur la mer, pressent-elle. Le père de cet enfant était marin. Ces choses-là n'arrivent pas par hasard.

    Anne est terrassée. Elle avait connu un abandon quelques années plus tôt avec son premier mari, qui, lui aussi, était parti en mer. Il y était resté. Déclaré disparu après que l’aviation anglaise eut bombardé son bateau. Churchill ne voulait pas que les pêcheurs bretons puissent nourrir les soldats allemands.

    La mer comme une attirance, une malédiction.

    Elle vit à présent dans un appartement cossu au-dessus de la pharmacie de son nouveau mari, Etienne. Un autre monde pour cette veuve de pêcheur démunie. Y s’est-elle jamais sentie à sa place ? Pourtant, ça avait été une histoire d’amour entre Anne et Etienne. Surtout pour lui. Ils se connaissent depuis l'école communale. Il l’avait toujours aimée. Et il avait attendu la fin du deuil avant de lui déclarer son amour. Elle avait accepté de l'épouser. Ils ont eu deux enfants ensemble. Mais que vaut ce nouvel amour comparé à celui d'une mère pour le fils disparu ?

    L'attente est un dialogue avec l'autre, avec celui ou celle qu’on attend, mais aussi avec soi. On y construit un verbe fait de silences, de larmes et de rires.

    Anne écrit à son fils par l'entremise d'une Compagnie Maritime. Des lettres comme on balance une bouteille à la mer. Elle lui promet un festin. Ce roman se construit ainsi autour de la table : entrées, poissons, viandes, desserts, tout à foison. Rien n'est trop beau pour le retour d’un fils.

    L'absence prend toutes les pages. Nous accompagnons cette femme, pas à pas, jusqu’au dessus d’un trou dans la falaise, devant une mer déchaînée, avec la peur de la voir s'y jeter. Elle raconte la vie qui s'en va, qui reviendra, pour sûr. L'espoir d'un retour que nous portons en chacun de nous.

    Ce fils parti est à la fois, sa part d'ombre et sa lumière, son attachement à sa vie passée, à ce qu'elle avait été enfant, à son premier mari marin, à cette vie de pauvreté, à la fascination de la mer.
    Elle va peu à peu délaisser le bel appartement au-dessus de la pharmacie pour se réfugier dans son ancienne maison, qu'elle a gardée.

    Anne s’épuise à attendre. Alors, sur son banc, elle coud, elle brode, elle raconte son histoire. Elle tisse l'avenir. C'est une autre manière d’écrire, plus proche d’elle. Elle a raison, on n'écrit vraiment que près de sa source.
    Gaëlle Josse redonne aux mots tissage et texte leur gémellité.

    Anne est dans les fils de cette nappe, dans chaque minuscule trou où est passée son aiguille, dans chaque point coloré. C'est sa façon de s’asseoir à la table du banquet avec son fils, même en son absence, de rester dans le monde des vivants.

    L'écriture de Gaëlle Josse nous fait respirer un air marin, nous mène sur les crêtes des vagues, la houle jusque dans les yeux. Ses mots, leurs vibrations, nous emportent plus loin que le premier regard. Nous sommes transpercés, bouleversés. Nous sommes avec Anne dans son humble maison. Sa douleur de femme abandonnée par son fils, son appel à l'absent deviennent les nôtres. Mais, au lieu de souffrir, nous lisons la joie dans le scintillement de l'écume d'une nappe brodée.

    La magie de “Une longue impatience” vient de ce que l’auteure nous fait vibrer avec elle et que ce livre entre dans nos vies.

    (1) Une longue impatience" de Gaëlle Josse” aux Editions Noir sur Blanc, collection Notabilia, 2018.