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Nos lectures - Page 4

  • Sourire "petite pomme"


    P1190275.JPGL'été est parfois le temps des relectures. Ce fut en juillet, pour moi la relecture du "Testament français" d'Andreï Makine.

    La langue française de la grand-mère maternelle de l'auteur est au cœur du roman. Les récits de l'aïeule ont éveillé chez l'enfant russe tout un imaginaire. La France était pour lui une Atlantide. À travers des photos anciennes, il construit un monde. Le livre démarre sur l'évocation d'une expression insolite : "petite pomme". 

    "Encore enfant, je devinais que ce sourire très singulier représentait pour chaque femme une étrange petite victoire. Oui une éphémère victoire sur les espoirs déçus, sur la grossièreté des hommes, sur la rareté des choses, belles et vraies de ce monde…

    Ces femmes savaient que pour être belles, il fallait quelques secondes avant que le flash ne les aveugle prononcer ces mystérieuses syllabes françaises dont peu connaissaient le sens : "pe-ti-te-pomme". Comme par enchantement, la bouche au lieu de s'étirer dans une béatitude enjouée ou de se crisper dans un rictus anxieux, formait ce gracieux arrondi. Le visage tout entier en demeurait transfiguré. Les sourcils s'arquaient légèrement, l'ovale des joues s'allongeait. On disait "petite pomme" et l'ombre d'une douceur lointaine et rêveuse voilait le regard, affinait les traits, laissait planer sur le cliché la lumière tamisée des jours anciens.

    Une telle magie photographique avait conquis la confiance des femmes les plus diverses."

    Bien entendu, au cours de l'été dans nos retrouvailles familiales et amicales, nous avons adopté le sourire "petite pomme".

    Essayez-le !

    Geneviève 

     

  • Lectures publiques - 1er trimestre 2O14

    - 15 janvier - Villa Boréa, Romans - "DES CERISES EN HIVER" par Geneviève et André (privé)

    - 23 janvier - Médiathèque Simone de Beauvoir - Romans, 18h30 -  "LE SOURIRE DE L'ABSENTE" par André (entrée libre)

    - 25 janvier - Bibliothèque de la Motte de Galaure, 17h - "LE SOURIRE DE L'ABSENTE" par André (entrée libre)

    - 5 février – Romans Accueil, 14h - "VIVRE ENSEMBLE" par Geneviève et André (adhérents)

    - 9 février – Festipage à Miribel, lecture par Geneviève "DES CERISES EN HIVER" selon "roue du hasard" (entrée libre)

    14 mars chez Agnès et Michel Guillemoto-Pesenti - Valence, 20h30 - par André  "LE SOURIRE DE L'ABSENTE". Nombre de places limitées. Veuillez réserver votre soirée au 04 75 43 58 95  agnès.guillemoto@hotmail.fr

     - 22 mars – Théâtre de la Courte Echelle – Romans -  Lecture Poésie. A confirmer

     - 29 mars - Médiathèque La Passerelle – Bourg les Valence – 15h "LE SOURIRE DE L'ABSENTE" par André (entrée libre)

    *

    Geneviève et André présenteront leurs livres :

    - 25 janvier à la Bibliothèque de la Motte de Galaure (après-midi)

    9 février à Festipage 2014 – Salle Intercommunale de la Haute Herbasse – Miribel – 10h/18h

  • Algérie Littérature Action

    171-172.jpgAlgérie littérature Action est une revue animée par Marie Virolle qui se propose depuis 1996 de présenter un dialogue interculturel à travers l'art et la littérature d'une Algérie plurielle  des deux rives.

    Dans le dernier numéro (171-172) j'apprends la mort de Yamina Mechakra. Nos romans "Arris" et "L'appel du sud" se côtoyaient dans "Trois romans algériens au féminin" publié en 2001 par les éditions Marsa. Nous avions échangé quelques mots par courrier et avions envisagé de nous rencontrer, ce qui ne s'est pas fait. Je suis troublée par sa disparition. Son roman retrace le parcours d'Arris enlevé et vendu à une famille en mal d'enfants. Toute sa vie Arris se sent étranger à la vie qu'on lui fait, aspiré par la faille des non-dits et des tromperies. Denise Brahimi qui écrit l'article parle de beauté farouche à propos de son autre ouvrage "La grotte éclatée", qui est un cri lié à la guerre d'Algérie. Au revoir, Yamina, je garde les étoiles de ton écriture pour qu'elles brillent au fond de ma nuit. 

    Un autre article me plonge dans une autre destinée tragique à travers "Une vie partagée avec Messali Hadj, mon père" de Djanina Messali-Benkelfat, Riveneuve éditions, "ce livre que je porte en moi depuis 35 ans, dit-elle… c'est une promesse. Un serment fait à un homme d'honneur qu'on a voulu déshonorer". C'est Rabah Chettabi, militant messaliste, qui me l'a fait mieux connaître. Il m'a fait part de son admiration pour ce héros de l'indépendance de l'Algérie, il me disait : C'est lui, le père du nationalisme. C'est lui qui a dessiné le drapeau algérien à Paris, dans une petite chambre sous les toits. Chaque fois que son parti était dissous, il le faisait renaître sous une autre forme. Ces  mots, je les ai repris dans un des récits de "Un livre à la mer." Marsa 2003.

    Comment l'histoire aurait-elle évolué si Messali Hadj n'avait pas été éliminé par le FLN, lui dont l'ambition n'était pas d'instaurer une dictature et un parti unique ? Sa lutte révolutionnaire s'étendait au domaine politique, éducatif, social et économique. On ne refait pas l'histoire. L'auteure de l'article, Rénia Aoudène, indique que le 16 avril 2011, l'aéroport de Tlemcen a été appelé "Messali Hadj". En septembre 2011, un premier séminaire en hommage à l'œuvre de Messali a été organisé et largement médiatisé en Algérie. Que justice lui soit rendue !

    Ce numéro présente un artiste, Hakim Beddar né en Algérie. Ses dessins écritures sont un langage dont les signes relient matière et émotion. Je découvre qu'il vit près de nous, dans la Drôme des Collines. 

    Un article, sous le titre de "L'arche entre deux mondes" rend hommage à Jean El Mouhoub Amrouche, écrivain de culture kabyle et française, victime d'une époque où deux mondes s'entredéchiraient. (Le numéro précédent était consacré à sa sœur Taos Amrouche, écrivaine, chanteuse qui, en particulier, a sauvé de l'oubli des chants berbères).

    Des livres, un artiste à découvrir. Dans cette revue, d'autres articles, poésies et la présentation des derniers romans de Malika Mokkedem "La désirante" et Maïssa Bey "Puisque mon cœur est mort", deux auteures que j'apprécie particulièrement.

    Geneviève

  • Lectures en mars

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    • Geneviève rencontrera les lecteurs de la Médiathèque de Pierrelatte le 21 mars à 15h et lira des extraits de son dernier roman "Des cerises en hiver"

    Bibliothèque Municipale - 2 Bld Eisntein  Pierrelatte Tél. : 09 64 09 17 60



    • André présentera le sourire de l'absente

    - à Bourg les Valence - 4ème rencontre à Livres ouverts, " la musique en toutes lettres" le samedi 16 mars de 14 à 18h. Centre musical Quai Thannaron - 26500 Bourg-lès-Valence. Contact : Laurence Creton 06 64 96 97 01. 

    - à Romans :  lecture d'extraits en compagnie de "Swingalam", avec Claudine Serme et ses musiciens -  WEEK-END POESIE à la salle Jean Vilar - Romans, le samedi 30 mars à 20h30. Renseignements et réservation au théâtre de la Courte Echelle : 04 75 02 20 76.

  • Ateliers en fête

    Les 16, 22 et 23 décembre, il y fête à LIEU DE MURMURE !

    L'Atelier du Hanneton de Stéphane Landois, éditions & typographie et L'Atelier de poterie de Marie-Pierre Bonnardel

    Lectures, musiques, expositions… 

    André y donnera une lecture d'extraits de son ouvrage : le sourire de l'absente, les dimanches 16 et 23 décembre.

    Le programme est disponible au 04 75 59 69 54 - atelierduhanneton@orange.fr 

    L'Atelier du Hanneton - Les Presles - 26300 - CHARPEY 

    Horaires de 10h à 12h et de 14h à 19h - entrée libre

     

  • Jeanne Benameur

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    Une auteure dont la sobriété de l'écriture est proprement stupéfiante.

    Dans les romans que nous avons lus avec délectation, Jeanne Benameur met en scène des êtres de silence et de contemplation, dans une langue poétique qui va à l'essentiel. On est touché par une grâce qui détonne avec notre monde où les paroles tourbillonnent, nous empêchent de penser et peut-être de voir.

    Dans Les demeurées les mots font leurs nids dans la tête de Luce. La petite héroïne fait bloc avec sa mère dans un monde de gestes du quotidien. Objets en gros plan. Mots nimbés de silence. Phrases courtes.

    Les blancs sur la page ouvrent des espaces où le lecteur peut s'arrêter, imaginer, toucher, sentir, exulter. Le voile de ma petite grand-mère qui me revient, toute ridée, odorante, ma bouche contre sa joue, le voile au bord, épice musc, odorante livre-t-elle dans Ça t'apprendra à vivre.

    Les mots se font rares, ont une vibration. Jeanne Benameur sait même faire parler leur absence.

    Dans Les mains libres, il n'y a pas eu de mots pour qu'Yvonne devienne Madame Lure. Monsieur Lure a simplement été ému par le mouvement de ses mains, c'est tout. Nous-mêmes n'avons-nous pas été parfois interdits, privés d'expression parce que le tumulte en nous était trop grand ou que nous nous sentions dans une grande vacuité.

    Les mains ont une présence particulière, celles de son père dans Un jour mes princes sont venus : je n'ai pas su quitter la paume de sa main. Je t'en prie souffle souffle sur ta main pour que je sois libre. Trouve ton dernier souffle papa, envole-moi.

    Il y a l'Algérie, une terre qui nous est chère.

    Dans Ça t'apprendra à vivre, elle se souvient de son enfance là-bas, de tout ce que ses parents ne disent pas et de tout ce qu'il ne faut pas dire. Fille d'un Arabe et d'une Européenne, l'enfant demande : Est-ce que nous serons toujours des "à moitié, des demi" Quand serons-nous entiers ?

    En elle :

    le désarroi parce rien ne lui est expliqué de ce voyage vers un ailleurs inhospitalier. Moi aussi j'ai une frontière, elle est dedans. Personne ne la respecte 

    et une détermination : Je me suis fait le serment que je ne m'habituerais jamais à rien.

     Ces romans nous apparaissent comme un désir d'ouverture, de compréhension du monde dans ce qu'elle a de plus secret. Ne dit-elle pas il y a … des jardiniers invisibles qui cultivent les rêves des autres ? Elle nous fait sentir à quel point nous sommes liés les uns aux autres : personne ne meurt vraiment. Jamais.

    Une force étonnante se dégage de cette écriture, quelque chose d'irréductible qui rayonne de l'intérieur. 

    Geneviève et André

  • André du Bouchet

    Nous descendions dans la nuit de décembre, dans l'ombre de la vie et nous avons rencontré "Une lampe dans la lumière aride " de André du Bouchet aux Editions Le Bruit du Temps :

    "Je me trouve au-dessus de la terre

                dans un rapport de délicatesse

    voilà le jour

                            écru

    mais je pense que nous sommes aussi fragiles l'un que l'autre

                            …

    le jour éclaboussant le sol autour de la porte

    et cette branche noire qui se détache contre la façade noire

                            …

    j'ai revu ton visage cette nuit, tes lèvres gercées

    c'est toujours ton visage dans la lumière blanche - le mien - comme la lumière qui vient couvrir - d'un trait - doucement se poser sur l'entaille

    j'étais toujours à côté de mon visage

    celui qui n'est pas le nôtre

    devenu visage de vent

    que le jour dénature …"

     

    De la nuit profonde puiser la poésie limpide pour rafraîchir les fronts les plus obscurcis, pour étancher les soifs les plus brûlantes. La poésie parle une langue "d'étrangèreté" et ouvre un voyage immobile au cœur de nous-mêmes.

    André et Geneviève

  • LIEU DE MURMURE

    l’atelier du Hanneton  (édition & typographie - librairie de campagne)

    &

    l’atelier poterie Marie-Pierre Bonnardel

    présentent :

    LIEU DE MURMURE

    à Charpey, dans la Drôme

    On y trouvera des livres, de la poésie, des poteries, de l’encre et du plomb pour la typographie, du papier naturellement, mais aussi des courts-métrages, une roulotte de haïkus, un gueuloir poétique, des musiques, des lecture, un temps pour se rencontrer, sourire, boire…

    Les 11, 17 et 18 décembre 2011

    Deux dimanches festifs à ne pas manquer

    Horaires 10h à12h et de 14h à 19h

    Se renseigner au 04 75 59 69 54


    Le dimanche 11 décembre (après-midi)

    André donnera lecture de « Ce rouge qui brillait dans le torrent »

    Une petite histoire de peinture et de Soutine de Sylvie Durbec

    que l’Atelier du Hanneton publie et présente à cette occasion. 

  • Kaléidoscope au féminin

    étoiles d'encre,l'étranger,behja traversac,sophie bessis,catherine simon,leïla sebbar,cécile oumhani,valéry meynadier,marie malespina,maïssa bey,geneviève briotL’étranger, tel est le titre du dernier numéro de la revue « étoiles d’encre » n°45-46 à laquelle je participe. 

    Dans son édito Behja Traversac annonce : « les textes contenus dans ce numéro nous disent non seulement la polysémie du mot « étranger » mais aussi sa densité.… L’étrangeté est inséparable des frontières et il n’y a d’étranger que parce qu’il y a frontière, y compris en soi… On ne mesure jamais vraiment ce qui nous fait étrangers dans le regard des autres et à notre propre regard. On sait ce plein, cette faille…là, au creux du corps nous séparant et nous unissant aux autres.»

    Pour ce numéro, carte blanche est donnée à Sophie Bessis, spécialiste des questions liées aux relations Nord-Sud, actuellement chercheuse associée à l’Institut  des Relations Internationales et Stratégiques (IRIS Paris) . « Naître étranger, le devenir ? demande-t-elle. Elle cite le proverbe : Si longtemps que le tronc d’arbre séjournera dans la rivière, il ne deviendra jamais caïman. »

    Elle invite quinze auteures ou artistes à s’exprimer sur ce thème. Catherine Simon parle des migrants d’Erythrée dans le Pas-de-Calais, Leïla Sebbar se dit étrangère dans la maison de son père parce qu’il ne lui a pas transmis sa langue.

    Dans la rubrique « Forum », je retiens le texte de Cécile Oumhani qui parle du sentiment d’étrangeté éprouvé depuis l’enfance. « Trois langues résonnent à mes oreilles, en toile de fond, alors que le français est bel et bien ma langue d’écriture. Chez moi, je saute agréablement de l’une à l’autre, saisissant l’expression dont la saveur s’impose à moi dans telle ou telle situation… Des phrases ricochent dans ma tête, entre le français, l’anglais et l’arabe… Par delà l’ivresse de ces horizons élargis où puiser les mots à des sources multiples, mon étrangeté si ancienne … me pousse à me recroqueviller pour parer les chocs. Les gens n’aiment pas ce qui est polymorphe, inclassable, atypique. »

    Dans la rubrique Variations sur…, je m’arrête au texte de Valéry Meynadier « Entre ». Elle y exprime sa lutte contre sa propre étrangeté héritée du mensonge et du meurtre. Marie Malespina dans « La femme au bord du puits » rend hommage à l’étranger qui l’a aimée et réconciliée avec elle-même. « Il importait que ce temps d’union consentie et heureuse un jour ait eu lieu, ce temps où la différence était un attrait puissant où l’autre nationalité libérait des identités endeuillées »

    Maïssa Bey, dans sa nouvelle « L’autre » éveille chez la narratrice ce double qui se révolte contre la soumise. « Ainsi il t’a fallu tout ce temps, toutes ces colères, tous ces détours pour te connaître ! pour accepter l’autre en toi ! Et surtout pour faire accepter aux autres ce que tu es ! »

    Quant à moi, j’interroge : « Écrire, n’est-ce pas être amené à passer des frontières ? Des rêves dans les plis  d’une mémoire étrangère frappent à ma tête. » Expérience d’écriture où j’évoque la vie des femmes voilées au cœur du Mzab dans mon roman « L’appel du sud », où je transcris les témoignages de gens qui vivent en France avec l’Algérie au cœur dans « Un livre à la mer »  Écrire, c’est aller à la découverte,… repousser les limites de l’étrangeté. »

    Ce ne sont que quelques éclats d’une quarantaine de textes en prose et en poésie qui dévisagent l’étrangeté, « l’étrangèreté ».  Un kaléidoscope au féminin.

    Revue "étoiles d'encre" à lire, à découvrir. www.chevre-feuille.fr

    Geneviève