Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Le sourire de l'absente

Le sourire de l'absente
  • Éditeur : L'Atelier du Hanneton
  • Année : 2012
  • Cela commence par l'arrachement à une terre, l'Algérie, que deux enfants quittent cartable en main. Suit leur arrivée en métropole avec le sentiment que l'enfance se termine d'un seul coup. L'un et l'autre grandissent unis par un fil invisible. Il est est assoiffé d'inconnu tout en portant la terre de ses ancêtres à ses souliers. Elle porte les chants des femmes et cherche sa propre liberté.
    Le texte chante les pays du Sud ainsi que les pays du Nord, la marche qui éveille les mots, la rencontre avec la peinture qui fait éclore une nouvelle musicalité.

    Avis de lecteurs :

    La lecture à haute voix par le poète commence par un chant,  « Temba , Temba… », venu des origines depuis l’Afrique de son enfance.
    « la ville est à feu et à sang et à sang… j’ai entendu les cris d’une ratonnade haine qui noircit les murs j’avais douze ans »
    Le présent de la guerre et son cortège de morts s’impriment à jamais dans la tête de l’enfant qui court sans le savoir vers un destin qui l’arrache à sa terre d’origine, en pressant son cartable contre lui. La mer franchie,
    « les corps savent que rien ne sera plus comme avant » 

    Et puis commencent d’autres voyages en emportant toujours avec lui-même, les images de  « l’absente », cette sœur avec qui il a partagé l’intimité du ventre de la mère. Féminin et masculin sont liés à jamais
    « entre moi et moi l’autre pluriel l’altérité homme femme »

    « temba temba », le chant d’Afrique revient au fil des mots et des pages de manière lancinante. Une musique qui accompagne le poète dans les voyages de la vie. Une musique des origines qui colle au corps et résonne dans la tête pour s’écrire un jour au masculin comme au féminin. Une manière de « glisser dans les anfractuosités ah piocher dans l’effacement trouver le fil qui ne rompra pas »

    Est-il possible de traverser l’exil et de trouver la paix ? Il faut du temps, beaucoup de temps dit le poète pour que l’écriture dépasse les blessures de l’exil et de l’existence semée d’absences. Il faut du temps pour que l’être retrouve la lumière. Alors dans l’écriture comme dans la vie surgissent les couleurs, le bleu de la femme nue de Modigliani, les couleurs des toiles de Giorda… sans jamais oublier le creux de l’absente.

    Le poème d’André Cohen Aknin interroge, travaille les profondeurs de l’être, l’inoubliable rupture de l’exil et l’attachement indissoluble aux êtres que nous aimons y compris en leur absence. A chaque pas, le voyage de la vie peut s’interrompre ; l’éphémère guette. Les mots et les images s’inscrivent dans la chair avec une force qui vous fait même vaciller.

    Et s‘imprime en moi, au-delà des expériences singulières, la douleur universelle de l’exil. Je la sens qui me ramène à mes racines. Je l’entends gronder en moi. Seule la beauté de l’écriture du poète, sa puissance, conduit à plus de calme.
    « écrire où reposer ses yeux la nuit alors viendra avec douceur »

    Jeanne Sétian. 2013 - Paru dans la revue "La main millénaire". Extrait

    ***

    Le "Sourire de l'absente " ne ressemble à aucun livre.
    Cette écriture, déroutante de sensualité, de liberté où l'on  pénètre sans prendre la mesure de l'envoûtement qui nous guette.
    Très vite, la fièvre vient, puis la transe, puis l'abandon.
    On en sort fort, groggy comme un boxeur, repu de lumière et de bleu avec une miette de makroud au coin des lèvres.
    Le texte ne connaît aucune ponctuation, seuls les points d'interrogations offrent l'abri fragile d'une halte au détour d'un mot. Alors, par je ne sais quel profond envoûtement, l'on se surprend à chanter plutôt qu'à lire cette écriture si étrange, à nulle autre pareille.
    Ce texte est un livret taillé pour un opéra rock.

    Dalila Attlassy-Guérin, 2013 pour la revue "Etoile d'Encre"

    ***

    Lecteur, imaginez que, vous promenant sur un rivage de la Méditerranée, vous découvriez soudain une valise échouée là. Une valise en carton comme on n’en fait plus. Curieux à la fois de l’objet et de son contenu, vous l’ouvrez, et là, surprise ! De vieux papiers s’y trouvent… Intrigués, vous déchiffrez : des mots comme pris sur le vif, arrachés du cœur, surgissent. Alors, vous comprenez qu’on ne saurait pas grand-chose des gens de la Méditerranée, de tradition orale, tels Ulysse, si Homère ne l’avait conté. Lecteur, si André Cohen Aknin vous livre sa valise, c’est parce qu’Homère, c’est vous.

    Marie-France Moyns, 2013. MAIF Magazine

    ***

    Le spectateur est happé, porté par la douce voix d'André Cohen Aknin, tantôt sourire aux lèvres, tantôt l'air grave pour conter cette poignante histoire où le texte semble parfois suspendu en l'air. Tout le monde peut se retrouver dans cette histoire, celle d'un homme déraciné qui a traversé la mer et a adopté un nouveau pays.

    Cyril Lehembre. "Drôme-Heddo" septembre 2012

    ***

    Des mots en grappes, en rythme, des mots couleurs, musique, des mots silence… une langue fluide, forte et sensible, la parole du conteur qui nous embarque, nous bouscule et nous offre avec "le sourire de l’absente", soudain tellement vivante, traversée de la mer, les vibrations de la terre, le champ bleu de la poésie.

    Marie-Paule Richard

Publié dans Nos livres | Lien permanent