Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

léopold sédar senghor

  • Notre besoin de Rimbaud

    Lettre d'un Colporteur-liseur N°40. André Cohen Aknin (19 avril 2026)
    Auteurs cités : Amadou Lamine Sall, Jude Stéfan, Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor, Jean-Baptiste Tati-Loutard, Anne Sexton, Arthur Rimbaud, René Char, Blaise Cendrars, Jean Daive, Anne-Marie Albiach, Kerouac, Daniel Régnier-Roux, Sylvain Tesson, Frédéric Musso, Jean-Jacques Lefrère, Jean d'Amérique, Flore-Anne d'Arcimoles, Grégoire Kauffmann


    Il avait le visage des jujubiers 
    Le regard des termitières
    ses pas dessinaient les dunes du Sahara
    sa case était au clair de lune sa cathédrale l'espérance des oasis
    il venait de l'enfance et sa terre était le monde
    il portait des chansons bleues comme les lèvres des filles de Tombouctou
    il jouait avec le vent et les dattes des palmiers
    ses doigts étaient de l'étoffe soyeuse des turbans des chameliers
    ses mains étaient fécondes comme le temps de ses phrases
    sa voix sonore était d'une lune en fête comme
    les savanes d'Afrique savent en être le songe
    il était le griot des veines des princesses nègres
    il était le galop des racines
    il était la marée haute des mots
    il était la maison et le livre des piroguiers
    le poète invincible qui sortit de l'asile la poésie française

    avant la brousse avant les gazelles avant le mange-mil, il avait dansé avec mes ancêtres noirs"(1)

    Ces mots ont été écrits à Charleville en octobre 2008 par le poète sénégalais Amadou Lamine Sall. Son poème "Notre besoin de Rimbaud" est un hymne au "poète invincible qui sortit de l'asile la poésie française", au Rimbaud voyageur dont la terre était le monde, "sa vie fut un voilier voguant sur mer et sur terre à la rencontre de tous les sangs", au Rimbaud africain, à son univers : les collines du Harrar, le désert, les dattiers, la savane, son rêve de richesse et les déesses nègres. 
    En allant à Charleville dans la ville natale de Rimbaud, au pied de sa tombe probablement, Amadou Lamine Sall essaie d'être au plus proche du poète, de le toucher presque. Il a besoin de le "sentir" pour mieux l'accaparer et convertir les mots en grains de sable, pour faire de lui un poète du désert, un poète africain. Il lui parle : 

    "RIMBAUD accepte donc que je te chante que je te danse mes pieds d'entre tes pieds nègres"

    Amadou Lamine Sall nous dit en quelque sorte que c'est par le Rimbaud africain que nous pouvons approcher le Rimbaud poète de dix-sept ans, le Voyant, et non point le contraire, comme c'est souvent le cas. Jude Stéfan (Jacques Dufour) est également de cet avis. Dans son étude sur Rimbaud et Lautréamont(2), il défend qu'il "n'existe pas deux Rimbaud et l'on ne saurait juger le second, dit "africain" du seul point de vue du premier". Selon lui, il vaudrait mieux demander "l'avis de l'individu parvenu à maturité sur ses préoccupations d'adolescents". 

    Cette étude est troublante à bien des égards. J'y reviendrai. Mais pour l'heure je voudrais écarter toute équivoque. Ce n'est pas parce qu'Amadou Lamine Sall est africain qu'il a besoin seulement de "sentir". J'insiste sur ce point, parce que nous avons longtemps été influencés par la vision sur la négritude d'Aimé Césaire et de Léopold Sédar Senghor. Les deux poètes étaient amis, ils ont écrit à une époque où l'on utilisait sans gêne le mot Nègre pour Noir : "Le Nègre a les sens ouverts à tous les contacts, voire aux sollicitations les plus légères. Il sent avant que de voir, il réagit, immédiatement, au contact de l'objet, aux ondes qu'il émet de l'invisible. Il n'est pas œil, il est antenne. C'est sa puissance d'émotion, par quoi il prend connaissance de l'objet. Le Blanc européen tient l'objet à distance ; il le regarde, l'analyse, le tue — du moins le dompte — pour l'utiliser. Le Négro-Africain sent l'objet, en épouse les ondes et les contours puis, dans un acte d'amour, se l'assimile pour le connaître profondément…".(3)
    Ce que conteste le poète brazza-congolais Jean-Baptiste Tati-Loutard : il "n'est pas vrai du tout que le comportement du Noir soit essentiellement celui d'un être émotif, parce qu'avec un système d'éducation différent, nous arrivons à avoir un comportement beaucoup plus rationnel qu’émotif… L’homme se modifie à travers le temps et à travers l’espace".(4)
    J'ajoute qu'un poète qu'il soit d'ici ou d'ailleurs écrit avec son corps. Et quand Amadou Lamine Sall nous parle de Rimbaud, il parle pour nous. Nous lisons avec notre corps.

    "Rimbaud est avec nous
    il est ici il est là non couché mais debout dans nos paroles dans nos mémoires
    il est dans nos silences il est dans le jour il est dans la nuit"…

    Amadou Lamine Sall a un autre mérite. Avec son poème, il ramène Rimbaud dans ces pays du Sud où il a tant bourlingué. En Afrique et plus loin, à Aden, là où le poète souhaitait être enterré. Mais sa mère s'y opposera.

    Rimbaud, encore et encore ! 
    Dans ma lettre précédente, j'ai oublié de signaler qu'Anne Sexton avait emprunté son "Anne, Anne, / fuis sur ton âne…" à Arthur Rimbaud(5). J'ai écrit une lettre d'un colporteur-liseur en 2020(6) consacré au poète où je citais "On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans"(7). J'étais alors persuadé qu'il me suffirait ensuite de donner des extraits de sa poésie de temps à autre. C'était sans compter sur l'effet du poème d'Amadou Lamine Sall. Je n'ai eu de cesse ensuite de replonger dans "Une saison en enfer" et autres poèmes, dans les textes écrits à son propos par René Char, Blaise Cendrars(8), Jean Daive et Anne-Marie Albiach(9), Jude Stéfan, Kerouac, Daniel Régnier-Roux(10), Sylvain Tesson(11), Frédéric Musso(12)… Il y en a tant et tant. J'ai même plongé dans la somme de Jean-Jacques Lefrère(13). Edifiant. C'est clair, je suis pris dans la nasse rimbaldienne.
    Pourtant mon approche de l'écriture de Rimbaud a été tardive. Adolescent, j'étais rebuté par le tintouin qui était fait autour de lui par mes professeurs et mes camarades qui insistaient pour que je lise ses poèmes "révolutionnaires", que je m'extasie devant son “Verbe”, sa "Voyance". Il avait pour eux la puissance de l'astéroïde qui avait tout dévasté à l'époque des dinosaures. La perche était trop grosse. C'était une période où je traînais mon mal-être et rejetais le monde entier, révoltés compris. Les choses changèrent du tout au tout le jour où j'ai eu en main une étude qui interprétait les "Voyelles" de Rimbaud : le A inversé devenait le sexe noir d'une femme ; le E tracé tout en courbes figurait des seins d'une blancheur délicate ; le I rouge, des lèvres pulpeuses... J’entrais avec mes pulsions dans les mots du poète, découvrais son "Alchimie du verbe". "J'inventais la couleur des voyelles ! écrit-il dans Une saison en enfer... Je réglai la forme et le mouvement de chaque consonne, et, avec des rythmes instinctifs, je me flattai d'inventer un verbe poétique accessible, un jour ou l'autre, à tous les sens... J'écrivais des silences, des nuits, je notais l'inexprimable. Je fixais des vertiges". Que d'assurance ! Il en faut pour embrasser le ciel et la terre.(14)

    Une question s'impose. Pourquoi revenir à Rimbaud en ce début de XXIème siècle, alors qu'il y a tant de poètes à découvrir aujourd'hui ? Tenez, hier, j'entre dans une librairie, je tombe (comme on tombe en pamoison) sur "Rhapsodie"(15) de Jean d'Amérique. Deux écritures se font face page à page - poésie et prose en dialogue - Leurs musiques éclatent au premier regard. Je me laisse emporter, puis très vite, reviens à Rimbaud. Il y a bien une raison à cela, me dis-je. Alors, je me mets à gambader de recueils en études, de documentaires en spectacles. Ce jeune homme aux semelles de vent est toujours une référence. Un talon d'or, comme il en est de l'âge d'or évoqué par René Char(16). De leur côté, Flore-Anne d'Arcimoles et Grégoire Kauffmann nous disent, dans leur documentaire "Arthur Rimbaud, six mois en enfer"(17), qu'il est à la fois une source, un ressort, un prétexte, une référence, un refuge, un aide-mémoire". Ils citent "Le dormeur du Val" : "Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme / sourirait un enfant malade". Ce sourire est une virgule que l'on retrouve d'époque en époque, disent-ils. Anne-Marie Albiach nous parle du Rimbaud voyageur : "il pense toujours à aller plus loin, ce qui fait que c'est quand même le même Rimbaud. Parce qu'il veut partir d'un pays à un autre, il fait des jours, des mois à cheval… Finalement, c'est toujours le mouvement".(18) 
    Quand Rimbaud écrit, bouscule la langue pour qu'elle renaisse, ou qu'il voyage, "finalement, c'est toujours le mouvement". C'est un mouvement vers nous-mêmes, comme un retour à la source, à un idéal, à une quête d'absolu que nous n'avons pas su ou pu atteindre en notre adolescence, ou une façon d'ouvrir d'autres portes. 
    Anne-Marie Albiach dit encore qu'il lui "paraît impossible de rentrer dans Rimbaud. Ce sont des exclamations closes dans Une saison en enfer et dans les Illuminations, des voyances un peu obscures, ce qui fait qu'on se retrouve toujours au point de départ, au début".(19)

    Oui, revenir au début et aller vers un renouveau. 
    J'écarte la référence biblique (une nouvelle Genèse). C'est plutôt une invitation à une nouvelle aventure. J'imagine Rimbaud ne mourant pas à Marseille. Après s'être remis de sa tumeur au genou, il ne retourne pas à Harrar en Abyssinie, mais se dirige droit vers une autre terre lointaine, vers le Pôle Nord, ses grandes étendues aux allures de désert blanc… Et plus de cent ans plus tard, un poète sâme viendrait à son tour à Charleville écrire un poème.

    Amadou Lamine Sall a raison : 
    "Rimbaud venait de l'enfance et sa terre était le monde"
    Notre enfance
    Notre monde.

    André Cohen Aknin
    19 avril 2026
    http://briot-cohenaknin.hautetfort.com

    (1) "Notre besoin de Rimbaud". Amadou Lamine Sall. Dans "120 nuances d'Afrique". Anthologie établie par Bruno Doucey, Nimrod et Christian Poslaniec. Editions Bruno Doucey
    (2) Etude sur Rimbaud et Lautréamont, sous-titrée "Du génie au silence", et rédigée en 1959 par Jacques Dufour (Jude Stéfan) pour son mémoire d'agrégation ". La conclusion titrée "Car la poésie n'est pas une fin" est parue dans la Revue Europe de mars 2023. p.116
    (3) Qu’est-ce que la négritude ? Léopold Sédar Senghor (1967). Études françaises, 3(1), 3-20 https://doi.org/10.7202/036251ar (p.5-6)
    (4) Baptiste Tati-Loutard. "Nouvelle poésie négro-africaine - La parole noire". Poésie 1 - N° 43-44-45. Janv. Juin 1976
    (5) "Ma faim, Anne, Anne, / Fuis sur ton âne…". Arthur Rimbaud, "Les fêtes de la faim" in Poésies. Une saison en enfer. Illuminations, Malakoff : Armand Colin, coll. "Bibliothèque de Cluny"
    (6) Lettre d'un colporteur-liseur N° 10, avril 2020 "J'ouvre la porte"
    (7) Dans le poème "Roman", 23-9-1870. Arthur Rimbaud
    (8) Extrait de la lettre dédicatoire à son premier éditeur. Blaise Cendrars
    (9) "Rimbaud, Poste Restante". Entretien de Jean Daive avec Anne-Marie Albiach. Revue Europe n° 1139 – Anne-Marie Albiach – Louis Zukofsky – mars 2024
    (10) "Je suis… Arthur Rimbaud". Daniel Régnier-Roux. Jacques André Editeur. Collection dirigée par J.Paul Chich
    (11) "Un été avec Rimbaud". Sylvain Tesson. Edition France Inter - Equateurs parallèles
    (12) "Arthur Rimbaud". Frédéric Musso. Editions Pierre Charron.  Collection "Les Géants"
    (13) "Arthur Rimbaud". Jean-Jacques Lefrère, Editions Fayard. 2001
    (14) Ce paragraphe est extrait de mon roman "Je descends juste de la bascule". Inédit
    (15) "Rhapsodie" de Jean d'Amérique. Cheyne Editeur
    (16) "Arthur Rimbaud. Dans "Grands astreignants ou la conversation souveraine". René Char, Œuvres complètes. Editions Gallimard. Bibliothèque de la Pléiade. p.733
    (17) Documentaire réalisé par Flore-Anne d'Arcimoles. Écrit par Flore-Anne d'Arcimoles, Grégoire Kauffmann. 2025
    (18) "Rimbaud, Poste Restante". Op. Cit.
    (19) "Rimbaud, Poste Restante". Op. Cit

  • Mon livre pèse

    Lettre d'un colporteur-liseur N° 23
    "Mon livre pèse" de André Cohen Aknin
    Poèmes cités : Sur la robe elle a une corps et  Tu es plus belle que le ciel et la mer de Blaise Cendrars
     
    Ce matin, mon boucher a soupesé mon steak avant de le jeter sur la balance. Il annonce 200 grammes tout rond. La balance lui donne raison. Un fortiche mon boucher ! Suis-je capable d'en faire autant ? Combien pèse le livre que je suis en train de lire ? Environ une livre. Drôle ça, un livre d'une livre ! Peser est chez moi une marotte. Quand j'habitais dans le Nord et que le charbonnier vidait ses grands sacs de boulets dans ma cave, je me demandais combien chacun pouvait peser. Cinquante kilos et plus. À la fin, je nous servais ce que j'avais sous la main. Je me souviens d'un pâté de grives et d'un Muscadet pas piqué des hannetons. 
    Question poids, il y a quelqu'un qui s'y connaissait : Blaise Cendrars. Cet homme avait une conscience profonde des corps, de leur enveloppe, de leurs mouvements, de ce qu'ils dégagent. Il écrit dans Sur la robe elle a un corps :
     Mes yeux sont des kilos qui pèsent la sensualité des femmes (1)
        Et dans Tu es plus belle que le ciel et la mer :
    Je sors de la pharmacie
    Je descends juste de la bascule
    Je pèse mes 80 kilos
    Je t'aime. (2)
        Tout se pèse.
        Tenez, prenez la poésie d'Alain Borne, une poésie de lumière et de désir, jusqu'à la brûlure. Eh bien, elle me laisse en bouche un goût d'amande caramélisée ; et les amandes, on en achète une grosse poignée, 250 - 300g. Les mots de Léopold Sédar Senghor dégagent, quant à eux, une impression de chocolat noir légèrement amer ; ils ont été nourris du chant de Marône la poétesse de son village - une tablette par lecture. Il y a aussi cette terre rouge du Sénégal emportée sous les ongles des esclaves passés par l'île de Gorée ; ça fait quoi 1-2 grammes qu'on multiplie par le nombre d'hommes, de femmes et d'enfants par traversée, à raison de tant de traversées par an, pendant des dizaines et des dizaines d'années… Chez Barjavel, j'entends le bruit du plateau de la balance quand le boulanger pèse ses pâtons. Je mange à mon petit-déjeuner un quart de baguette, pas plus, soit 50 grammes environ. Avec Andrée Chedid, on aperçoit des kilos d'étoiles, même en plein jour. À première vue, les ellipses d'André du Bouchet laissent un lecteur perplexe, mais avec le temps, elles valent leur pesant de cacahouètes ; et je m'y connais en cacahouètes, j'en ai récolté des journées entières. Pessoa, lui, laisse une toute autre impression, il vous fait comprendre que vous n'êtes qu'une pierre qu'on lance en l'air. Elle pèse combien celle qu'on glisse dans un lance-pierre ? 
     
        Il y a autre chose qui pèse, eh sacrement en plus ! Ce sont les envies. Je me souviens d'une envie de livre, un album de Tintin, qui appartenait à Germain, un camarade de classe, un patos qu'on disait en Algérie. Je n'en avais jamais lu. Il m'avait fallu négocier d'arrache-pied pour pouvoir le lire à la récréation. Ça m'avait coûté un Blek le roc, deux agates et j'ai dû laisser Germain jouer avec mon boulard de verre qui, quand on le lançait, donnait l'impression de tout dévaster sur son passage. Il pesait quoi mon boulard, 50 grammes peut-être.
     
        J'ai assisté à une vente de livres au poids. Étrange, comme impression. Il y certes le poids réel du papier et du carton, le poids des mots, c'est-à-dire leur impact. Mais a-t-on déjà calculé le ratio entre le poids physique d'un auteur et le nombre de mots qu'il a écrit ? Dans ce cas, quelle valeur donner à ce résultat ? À mon avis, la seule balance qui compte est la relation intime entre l'auteur et le lecteur. Et ça, ça n'a pas de poids. On dit aussi : ça n'a pas de prix. Mais, c'est une autre histoire…
    Le corps de la femme est aussi bosselé que mon crâne
    Glorieuse
    Si tu t'incarnes avec esprit
    Les couturiers font un sot métier
    Autant que la phrénologie
    Mes yeux sont des kilos qui pèsent la sensualité des femmes
    Tout ce qui fuit, saille avance dans la profondeur
    Les étoiles creusent le ciel
    Les couleurs déshabillent
    "Sur la robe, elle a un corps"
    Sous les bras des bruyères mains lunules et pistils
    quand les eaux se déversent dans le dos avec les 
    omoplates glauques
    Le ventre un disque qui bouge
    La double coque des seins passe sous le pont des arcs-en-ciel
    Ventre
    Disque
    Soleil
    Les cris perpendiculaires des couleurs tombent sur les cuisses
     
    ÉPÉE DE SAINT MICHEL
     
    Il y a des mains qui se tendent
    Il y a dans la traîne la bête tous les yeux toutes les fanfares 
    tous les habitués du bal Bullier
    Et sur la hanche
    La signature du poète (1)
     
    (1) Blaise Cendras. Sur la robe elle a un corps. Février 1914. Tiré de "Dix-neuf poèmes élastiques". Editeurs : Denoël, puis Gallimard. - (2) Blaise Cendrars. Tu es plus belle que le ciel et la mer. Extrait.