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Poésie 1 - Page 3

  • Lire Baudelaire au lycée

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    Mettre les poèmes en voix, les faire vibrer, c'est ainsi que les élèves de la Seconde 7 du Lycée Alain Borne de Montélimar ont donné corps à la poésie de Baudelaire, c'est ainsi qu'ils ont acquis la connaissance du poète.

    "La musique souvent me prend comme une mer !"

    C'est une musique qu'ils ont donné à entendre mardi 29 mars 2016 à la Médiathèque de Montélimar.

    À l'initiative de leurs professeurs, Martine Français et Pascale Conjaud, ils ont travaillé sous la direction de André Cohen Aknin, écrivain et lecteur public, assisté de Naïs, comédienne. Les jeunes gens ont ainsi acquis une technique de lecture basée sur la respiration. Apprendre à poser sa voix, à introduire des silences. Ils sont entrés dans la compréhension du texte pour le restituer. La lecture à voix haute qui peut paraître simple et évidente, demande une maîtrise pour que les mots parviennent à l'auditeur, pour que la poésie soit à la fois sens et musique.

    Ils ont donné les images de la mer, si importante chez Baudelaire, images de paix, de passion et de tourments.

    "Homme libre, toujours tu chériras la mer ! / La mer est ton miroir "

    Tous sur scène, ils étaient plus de trente vêtus de noir, mais aux pieds de couleurs. Certains glissaient vers l'avant ou reculaient au gré de la composition et de la mise en espace. Les voix se succédaient, voix légères ou bien timbrées, unies parfois, pour évoquer le poète-albatros avec "Ses ailes de géants qui l'empêchent de marcher" ou Le chat "ses yeux mêlés de métal et d'agate" ou encore "une dame créole aux charmes ignorés".

    Ils ont fait vibrer les poèmes d'amour, de sensualité, de voyage où étaient invités parfums et ivresse. La lecture s'est close avec le poème intitulé "La fin de la journée" la nuit voluptueuse / le cœur plein de songes funèbres et les rafraîchissantes ténèbres ont été chantés avec une belle inventivité par trois jeunes filles.

    Bravo aux lycéens qui ont su exprimer leur sensibilité à travers leur choix de poésies, dans une cohésion qui offrait au spectateur une belle harmonie, bien dans l'esprit de Charles Baudelaire.

    "Là tout n'est qu'ordre et beauté / Luxe, calme et volupté"

     Geneviève

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  • Printemps en poésie

    - Le 12 mars de 10h à 17h, à la librairie Clareton des Sources à Béziers. Dans le cadre d'une "carte blanche" donnée à l'éditeur Stéphane Landois - Atelier du Hanneton - les auteurs André Cohen Aknin et Monique Domergue donneront des lectures poétiques.

    - le 19 mars de 10h à 17h, à la Médiathèque de Crest (Drôme), André Cohen Aknin donnera des lectures dans le cadre d'un atelier créatif mené par l'éditeur-typographe Stéphane Landois.

    - Le 19 mars à 16 h, Naïs de l'Association Bleu 31 présentera dans le cadre du Festival de Mirmande (Drôme) une lecture intitulée "Dans ma maison vous viendrez". Dans la composition élaborée par Naïs, différents poètes parlent de cet espace d'intimité capable de s'ouvrir aux autres.

    "Il y aura ceux qui s'aiment / Debout devant ma porte je les attends" Andrée Chedid

    Infos sur https://www.facebook.fr/MaisondelaPoesiedelaDrome

    Pour le Printemps des poètes 2016, on peut consulter le site : http://www.printempsdespoetes.com/. On peut aussi consulter les rubriques "Apologie des poètes" dans lesquelles des auteurs d'aujourd'hui parlent de leurs coups de cœur pour des poètes du XXe siècle (thème de cette année) : Alain Borne par Geneviève Briot, Aimé Césaire par Cécile Oumhani, Hélène Cadou par Nicole et G. Drano etc. Plus de cent poètes sont évoqués.

    Célébrons la poésie et évoquons le poète d'origine palestinienne, Achraf Fayad condamné à mort pour apostasie en novembre 2015 en Arabie Saoudite. Devant l'émotion suscitée dans le monde, sa peine a été commuée en février 2016 en une sentence de huit ans de prison et de huit cents coups de fouet !

    Nous relayons les mots de Tahar Ben Jelloun qui écrit : "Les poètes sont des insurgés, porteurs de feu, compagnons de la vérité et de l’évidence. Ils sont la lumière qui éteint les ténèbres et donne les mots aux choses qui meurent de ne pas être dites. Ils sont fragiles et forts à la fois. Ils ne possèdent que leur souffle et leur âme qui résistent. On peut les frapper, les fouetter, les jeter au fond d’un puits, les enterrer vivants, leur voix continue de s’élever et réveille le monde. Les tribunaux les détestent. Les États les craignent. L’ordre les poursuit et les persécute. Les religions s’en méfient et les dénoncent. Mais ce sont les poètes qui donnent à la terre son sel, son grain de folie, sa musique et ses songes. La poésie ne peut être que fulgurance, clarté, doute et "intranquillité".

  • La matière du poème

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    Du choc des mots

    jaillit l'étincelle

    entretenir le feu

     

     Encre : A. Cohen Aknin (encre, placage et toile de jute)

    Haïku : G. Briot

     

  • Face à la tragédie un poème

    Dans la tourmente que nous vivons, nous pensons à ce poème de Guillevic que nous avons envie de partager.

    Douceur

    Je dis : douceur.

     

    Je dis : douceur des mots

    Quand tu rentres le soir du travail harassant

    Et que des mots t'accueillent

    Qui te donnent du temps.

     

    Car on tue dans le monde

    Et tout massacre nous vieillit.

     

    Je dis  : douceur

    Pensant aussi

    A des feuilles en voie de sortir du bourgeon,

    A des cieux, à de l'eau dans les journées d'été,

    A des poignées de main.

     

    Je dis : douceur, pensant aux heures d'amitié,

    A des moments qui disent

    le temps de la douceur venant pour tout de bon,

     

    Cet air tout neuf

    Qui pour durer s'installera.

     

  • Les poètes Alain Borne et Paul Vincensini

    Nous avons eu le plaisir de présenter une lecture musicale le 30 octobre 2015 à la Médiathèque de Montélimar en soirée de clôture du Centenaire de la naissance d'Alain Borne. Avec beaucoup de talent, Lise Péchenart, violoncelliste qui nous accompagnait, a glissé ses mélodies, souvent improvisées, entre les textes ou à l'intérieur des poèmes.

    Nous avons connu Paul Vincensini. Celui-ci, ami d'Alain Borne disait qu'Alain avait été son initiateur en poésie. Quant à nous, nous avons marché sur les traces de Paul dont l'ambition était de faire vivre la poésie.

    Pierre Seghers disait qu'Alain Borne était avec Paul Eluard l'une des grandes voix amoureuses du XXe siècle. Ses poèmes de passion et de sensualité jaillissent peut-être d'autant plus intensément qu'il est hanté par la mort. Pour cette soirée souhaitée légère, nous n'avons donné que la face amoureuse. Paul Vincensini, poète funambule, pouvait apporter son humour qui cache une forme de gravité.

    Les deux poètes savaient la fêlure qui était en eux et que nous avons tous, mais ils en avaient la lucidité et seule la poésie leur permettait d'avoir les yeux ouverts. L'un se perd dans la femme aimée sans jamais pouvoir assouvir son désir d'absolu. L'autre ne cesse de revenir à l'enfance, de célébrer avec désinvolture les pierres, les oiseaux, le cheval, la rivière… dans la dualité des personnages "Toujours et Jamais."

    Deux poèmes dits en cette soirée :

    Tu étais belle ce soir dans le soleil

    plus que de lui vêtue

    on aurait dit que tout entier

    il se donnait pour te faire. 

    Tu me brûlais de loin

    tantôt tu étais d'or

    tantôt de miel tantôt de lait

    tu étais la rosée

    doublant de transparence l'aubépine.

    Je te savais brûlante

    je te savais la fraîcheur même

    tu étais l'aube mystérieusement couchée

    sur un million de lis.

    Alain Borne "La nuit me parle de toi" 

     

    Moi j'ai toujours peur du vent

    Me voici

    Mes poches

    Bourrées de cailloux

    Pour rester avec vous

    Ne pas m'envoler dans les arbres.

    Paul Vincensini "Toujours et jamais"

    Après la lecture, il y a eu un échange chaleureux avec le public, Chantal Brunel et Thierry Trial de la médiathèque. Merci à tous.

    Geneviève et André - Ass. BLEU 31

    Les œuvres complètes d'Alain Borne aux éditions Curandera sont épuisées. Des recueils ont été publiés chez des éditeurs dont : Voix d'encre, L'atelier du Hanneton, Jacques Brémond…

    L'œuvre poétique de Paul Vincensini est publié aux éditions L'arbre à paroles. Une sélection pour les enfants : "Je dors parfois dans les arbres" aux éditions Motus

  • Théâtre à Clérieux - Drôme

    Nous vous communiquons le programme du Festival Théâtre Automne que nous avons le plaisir de parrainer.

    Festival Théâtre Automne

    Salle des fêtes de Clérieux Drôme

    les 23 24 25 octobre 2015 

    • vendredi 20h30 - comédie "Au rendez-vous des autres" par le Théâtre inattendu de Sauzet 

    samedi 10h30 - rencontre d'auteurs Geneviève Briot et André Cohen Aknin sont auteurs de théâtre, de poésies et de romans. Ils sont Drômois, mais pas seulement. leurs vies sont marquées par le voyage. Ils viennent en voisins se présenter à nous. 

    • samedi 16h - comédie dramatique "Échec à la reine" d'Andrée Chedid par les Zygomatics de Valence 

    samedi 20h30 - comédie dramatique "L'Atelier" de Jean-Claude Grumberg par le Théâtre d'en Face d'Annonay

    • dimanche 11h - Apéro spectacle. Temps convivial animé par les troupes du CD 26

    • dimanche 15h - comédie absurde "Le spectateur condamné à mort" de Matei Visniek par le Théâtre de la Grille verte de St Étienne

    tarifs :10 € - réduit : 6 € - Pass : 15 €

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  • Voyage au cœur de nous-mêmes

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    Au cours d'un stage de Qi Gong avec le Dr Liu Dong*, nous avons ressenti plus que du bien-être. Il y a chez Liu Dong une vibration que l'on rencontre chez certains poètes. Une vibration qui émane de sa voix, mais aussi de quelque chose de plus impalpable, un fluide né de sa présence. Une porte s'ouvre : nous sommes à la fois dans l'intériorité et sur une onde qui unit les participants. Créer des liens entre les énergies pour acquérir une conscience de soi. On se situe dans la nature, les saisons, entre le ciel et de la terre. C'est aussi la saison de l'âme qui prend sa source dans le corps en mouvement, en mutation.

    Une perception intime et profonde nous fait évoquer la poésie qui est essence de la vie. Des mots de Guillevic nous viennent aux lèvres :  

    "Laisse faire le silence.

    Laisse-le agir à sa guise"

    "Voilà que cette nuit

    Tu désirerais tenir dans ta main

    Une boule de lumière,

    Et soudain tu comprends

    cette lumière est en toi,

    tapie dans ton corps"

    "La voie du calme", ainsi que l'indique le titre d'un livre du maître chinois, nous invite à poser sur la page des mots surgis d'un silence fécond,  invite à une autre trace sur le sable.

    Geneviève et André

    * Stage de 4 jours organisé au château de Beauregard à St Péray (Ardèche) en août par le Taiji et Qi gong Grangeois

     - © photo d'André dans le Vercors

  • Hélène Cadou

    La poète Hélène Cadou nous a quittés à 92 ans en juin 2014.

    Je l'avais rencontrée en Ardèche à Privas en 1982. Elle était venue de sa Loire-Atlantique, invitée par Paul Vincensini. Une femme discrète et attachante. Elle a lu sa poésie qui puise sa source dans celle de René-Guy Cadou disparu trente ans plus tôt. Elle est dans l'espace de l'amour indéfectible et dans l'attention au monde.

    "dans les étages

    quelqu'un m'appelle

    mais je n'ai pas encore de nom

    je marche vers toi

    sur les feuilles mortes

    de la nuit"

     

    "la vie

     aura goût de pomme

    et la parole

    ton visage

     

    j'ai mis ma fenêtre

    au-dessus

    du fleuve

    pour le voyage"                   

    Nous avons continué la soirée dans une ferme auberge ardéchoise. Nous étions une vingtaine assis à une grande table. Une autre table était occupée par des architectes. A la fin du repas, Monique Domergue, poète, pour rendre hommage à notre invitée, s'est levée et de sa voix bien timbrée a lu un poème. D'autres lecteurs tour à tour ont fait vibrer les mots d'Hélène. Les conversations à la table voisine se sont tues et les architectes se sont mis à l'écoute de la poésie. Soirée d'échanges entre deux univers.

    Ensuite, j'ai eu quelques échanges épistolaires avec Hélène Cadou, en particulier en 2002. J'avais proposé la présence de ses poèmes à l'exposition organisée par Michel Rouquette à Privas : "Fenêtre sur mots". Je revois son écriture élancée où elle disait me faire confiance pour le choix des textes à présenter.

    "Il faut revenir pas à pas

    Vers la seule fenêtre ouverte

    L'avenir est là

    Comme un enfant qui rit.

    Il reste assez de jour

    Pour guérir une forêt

    Assez d'arbres

    Pour croire à l'aurore

    Un grand coup de ciel sur ta vie

    A fait le monde pur

    Comme un drap gonflé par le vent."

    C'est toujours avec plaisir et émotion que nous disons les poèmes d'Hélène Cadou au cours de nos lectures. Simplicité apparente des mots, alliances surprenantes. Une clarté traverse le temps, laisse entrevoir la fragilité de la vie et la grâce de l'instant.

     Geneviève

    Les poèmes cités sont extraits de "L'innominée" et de "En ce visage l'avenir" et sont publiés aux éditions Jacques Brémond