Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Ecriture

  • Le souffle d'une poétesse en terre drômoise

    AnGe Saillans2.jpeg

     

     

     

     

     

     

     

    La forêt habite ma chambre Editions Marsa productions

    "Dans notre maison sur la colline
    un jardin étoile se dessine sous nos pieds
    Nous mêlons terre lorraine et africaine
    Le grand chêne rassemble enfants et amis" 

    Des collines ardéchoises au désert algérien, en passant par les forêts lorraines, la poétesse nous fait entrer en résonance directe avec les éléments naturels, ses voyages, ses amours, ses deuils qui composent sa propre histoire de vie et par sa voie et sa voix, elle  touche cette force vitale qui est dans le cœur de chacun. Comme l'écrit André Cohen Aknin dans la préface : Il ne tient qu'à nous d'étirer ses textes pour y tracer son propre chemin. Il écrit aussi qu'elle est un arbre qui marche. Elle est connectée au mouvement perpétuel, qu'elle nomme la source. Pour elle, Le poème est une énergie qui appartient à tous les êtres et à toutes les choses du monde, qui leur permet de se connecter entre eux… La poésie est sa manière de vivre, de rester connectée à la sève même de l'arbre avec lequel elle entretient un rapport étroit. 
    Extrait de l'article paru le 12 février 2026 dans La Tribune de Montélimar
    Jessica Roy

    Annonce pour 2 lectures de "La forêt habite ma chambre", le 21 février à 17h à l'atelier du Chouchalout aux Pilles, près de Nyons et le 26 février à 19h à la Librairie des Cordeliers à Romans-sur-Isère

  • Livre sur table

    Lettre d'un colporteur-liseur N°39
    "Livre sur table" de André Cohen Aknin (16 mars 26)
    Les poètes cités sont : Anne Sexton, Pablo Neruda, Allen Ginsberg, Forough Farrokhzâd, Serhiy Zhadan, Tuvya Ruebner, Ziad Medoukh  

    "Aujourd'hui les corbeaux jouent au blackjack sur le stéthoscope"

    nous dit Anne Sexton dans son poème "Fuis sur ton âne". C'est un peu ce que nous vivons avec les chaînes d'info. Journaliste et intervenants auscultent le monde, prenant parfois un ton de chroniqueur sportif pour captiver leur hypothétique auditoire cathodique. 

    Il y a des cerveaux qui pourrissent ici
    telles des bananes noires.
    Des cœurs sont devenus aussi plats que des assiettes.
    Anne, Anne,
    fuis sur ton âne, 
    fuis cet hôtel triste,
    monte une bête poilue,
    galope en reculons en appuyant 
    tes fesses sur son garrot,
    adapte-toi d'une manière ou d'une autre à son trot gauche… (1)

    Anne Sexton est une poète américaine des années soixante qui a été internée en hôpital psychiatrique, son "hôtel triste". Heureusement, "De la pulsion de la mort jaillit l’énergie créatrice", nous dit Patricia Godi dans la préface des Œuvres poétiques (1960-1969) de la poète, "depuis l’hôpital où la patiente est sauvée doublement par la parole : celle de la psychothérapie poursuivie tout au long de sa vie, et celle de la poésie qui ne la quittera plus."
    "Anne, Anne / Fuis sur ton âne". 
    L'âne d'Anne Sexton est une peluche(2). Ce qu'on aimerait que nos dirigeants jouent à la guerre avec des peluches ou des soldats de plomb ! Pour ce qui est de la psychothérapie, autrement dit la parole authentique, l'échange, ça ne semble pas leur correspondre, "chacun parle à sa bouche" nous dit Anne Sexton. Elle évoque ailleurs l'aphorisme de Francis Scott Fitzgerald : "Toute vie est bien entendu un processus de démolition"(3). 
    Heureusement, il y a la poésie. Une poésie qui s'ancre dans le réel qui nous dépasse.

    Un livre était en évidence sur le bureau du Président E.M lors de sa déclaration début mars, une anthologie de la poésie de Pablo Neruda "Résidence sur la terre"(4). Je ne commenterai pas l'emplacement du marque-page, d'autres s'en sont chargé. Je me suis juste réjoui de la présence d'un livre de poésie en pareille circonstance. J'ai même pensé qu'il allait nous en lire un extrait et qu'il allait proposer, pourquoi pas, aux autres dirigeants de la planète de s'envoyer des poèmes plutôt que des bombes !
    Pierre dans la pierre, où est allé l'homme ?
    Air dans l'air où est allé l'homme ?
    Tendre le temps, où est allé l'homme ?
    Qu'est devenue la parcelle brisée 
    de l'homme inachevé, de l'aigle vide, 
    qui, dans les rues d'aujourd'hui, qui, sur les traces
    qui, sur les feuilles de l'automne mort
    tourmente l'âme jusqu'à la mort ? (5)
    Que pourrait twitter le président états-unien D.T ? Le "Post-scriptum" de Howl de Ginsberg ? S'aventurer dans des textes qui ne conviennent pas a priori offre parfois des solutions. 
    Le monde est sacré ! L'âme est sacrée ! La peau est sacrée ! Le nez est sacré ! La langue et la queue et la main et l'anus sacrés !
    Tout est sacré ! tout le monde est sacré ! partout est sacré ! toute journée est dans l'éternité ! Tout homme est un ange ! (6)
    L'Ukrainien V.Z lui ferait remarquer que "Le monde déborde de musique et de feu". Il cite Serhiy Zhadan, qui ajoute :
    Dans l’obscurité, s’élèvent les voix de poissons volants et d’animaux chanteurs.
    Depuis, presque tous ceux qui s’étaient mariés sont morts.
    Depuis, les parents des gens de mon âge sont morts…
    Le ciel se déploie, amer comme dans les romans de Gogol. (7)
    Le nouveau guide suprême iranien M.K enverrait un poème de Forough Farrokhzâd :
    La vie, c’est peut-être
    Cet instant captif
    Où mon regard s’anéantit dans la pupille de tes yeux (8)
    Quant au Russe V.P, il resterait sur sa position, du moins au début, avec son poète préféré Mikhaïl Lermontov :
    Le temps viendra où toi-même apprendras
    La vie guerrière ;
    Et, hardiment, tu monteras ton cheval
    Et prendras les armes.
    Moi-même ta selle de combat
    Je la broderai de soie... (9)
    L'Israélien B.N se jetterait dans la danse, poussé par des poètes comme Tuvya Ruebner :
    Ce n’est pas ce que nous voulions, non, pas ce que nous voulions.
    Que sommes-nous sans eux et pour quoi ?
    Ce n’est pas ainsi que nous pensions, que nous voulions, non,
    pas ce que nous voulions
    qu’ainsi la terre dévore. (10)
    Ce à quoi le Palestinien M.A, répondrait avec la voix de Ziad Medoukh :
    La joie vient toujours après la peine,
    Le soleil brille après la nuit sombre,
    Gaza sera heureuse, Gaza sera brillante,
    Gaza sera libre, Gaza vivra en paix (11)
    Et cætera… 

    Reste que si les dirigeants demeuraient dans leur coin, leurs conseillers finiraient par leur suggérer un poème plutôt qu'un autre et ils retomberaient dans leurs travers. Il faut de l'instantané si l'on veut que ça bouge. Je suggère pour ce faire de les regrouper de manière aléatoire dans des hôpitaux psychiatriques pour des séjours courts et intenses. Leur pulsion de mort pourrait ainsi se transformer en énergie créatrice. Ce que dit Patricia Godi à propos d'Anne Sexton nous concerne tous, n'est-ce pas ? La poète était en hôpital psychiatrique, c'est donc là que ça marche. La thérapie consisterait en des joutes poétiques diurnes et nocturnes. Les dirigeants de la planète s'adresseraient des poèmes, à la manière de poètes-performeurs où la langue est étirée, déchirée par endroits, pour offrir à celui qui écoute un passage possible ; ou simplement à plat, respectant de cette façon le rythme de chacun. Pour ce qui est des langues étrangères, pas de limites, la vibration de la poésie parle d'elle-même, elle est notre voix(e) commune… J'ai découvert dernièrement que dans le désert du Sahara, Eberzeouêl ägg Äzebbedah, des Kel-Ghela, répondit par un poème à Äbekkeda äg Kelâla, des Oûraghen, qui discréditait par un poème le parti de la paix après le combat d'Oudjmîden. 
    "En quoi la paix t'est-elle insupportable ?
     Toute paix qui se conclut sans contrainte et sans injustice est douce"(12)

    Si le besoin de jouer des muscles devenait inévitable, je conseillerais la lutte sénégalaise (on dit "làmb" en wolof et "njom" en sérère, on parle aussi de lutte mandingue), à cause de ses dimensions bestiale et mystique. Elle se pratique sous la protection de marabouts, avec un cérémonial de danses et de chants. Les lutteurs sont couverts de multiples mixtures. J'imagine fort bien nos dirigeants couverts d'onguents et de plumes… Il y a aussi la lutte japonaise, mais je ne vois pas notre Président E.M en lutteur de sumo.

    André Cohen Aknin 
    16 mars 26

    L'idée de cette lettre a surgi, alors que je me préparais à une petite intervention chirurgicale (rien de grave). J'étais dans une salle d'attente en compagnie d'une dizaine de personnes, hommes et femmes, l'air grave, en chemises chirurgicales et charlottes sur le crâne strictement identiques. La télévision projetait sur plusieurs écrans notre Président de la République sur son porte-avions. On se serait cru dans un film de science-fiction. En sortant de là, j’avais besoin de me divertir.
    J'ai une pensée pour ceux et celles qui reçoivent les bombes en vrai. Cette lettre leur est dédiée.

     

    (1) Extrait de Tu vis ou tu meurs. Anne Sexton. Œuvres poétiques (1960-1969). Traduit par Sabine Huynh. Préface de Patricia Godi. Editions "des femmes-Antoinette Fouque" 
    (2) "Lettre d'adieu"- Tu vis ou tu meurs. Anne Sexton
    (3) La fêlure. Folio Gallimard. Rapporté par Patricia Godi
    (4) Résider sur la Terre, une anthologie qui regroupe une partie de l'œuvre de Pablo Neruda, publiée dans la collection Quarto des éditions Gallimard en 2023
    (5) Pablo Neruda, par Jean Marcenac. Poètes d'aujourd'hui, Seghers Editeur
    (6) Allen Ginsberg. Howl.  Christian Bourgois Editeur
    (7) https://www.recoursaupoeme.fr/6-poetes-ukrainiens/
    (8) https://arbrealettres.wordpress.com/2025/03/29/une-autre-naissance-forough-farrokhzad/
    (9) 1814-1841. "Une berceuse cosaque". 
    (10) https://www.recoursaupoeme.fr/vingt-ans-de-poesie-israelienne-engagee/
    (11) Extrait du poème "Gaza espère". Poèmes d'espoir dans la douleur. Ziad Medoukh. Scribest Editions. 
    (12) Dominique Casajus, "Art poétique et art de la guerre dans l'ancien monde touareg". Article paru dans la revue L’Homme, N°146, 1998

  • "La forêt habite ma chambre”

    geneviève briot,la forêt habite ma chambre,marsa,marsa publications,collection "poésie sur tous les fronts”,christian viguié,jean-pierre siméon,pascal delalée,musicien,martin montarien,autrice

     

     

     

     

     

     

     

     

    VIENT DE PARAÎTRE

    "La forêt habite ma chambre” de Geneviève Briot

    Avec sa poésie, Geneviève Briot froisse le temps et trace un chemin à la rencontre d'êtres proches et lointains, en osmose avec la nature et nos origines. La sève coule dans ses veines. Elle puise dans son enfance lorraine : "Mon village est sur ma peau / Je suis son tambour." La Drôme où elle vit est une autre source d'inspiration. 
    On entend une musique intérieure qui se décline en quatre mouvements : J'écoute la source - Une lumière mirabelle - Le souffle de la parole - Au clair de ma page.

    Les Editions Marsa accompagnent Geneviève Briot depuis son roman “L’appel du sud” et des récits “Un livre à la mer” sur l’Algérie et le Sahara.

    "Une poésie sobre et sensible, à fleur de vie". Jean-Pierre Siméon, poète.

    "Il y a des phrases magiques qui émettent un écho sourd et vibrant en moi… La lire me procure une grande paix intérieure." Pascal Delalée, musicien

    "Un recueil qui embrasse l'intime et l'universel, l'attention au monde, les liens tissés." Valérie Martin Montarien, autrice

    Ce qui est magnifique avec Geneviève Briot, c'est qu'un seul de ses poèmes vous envoie sourire avec les étoiles pour une journée d'éternité… sa forêt habite aussi ma chambre à présent et mes nuits respirent l'odeur du poème et du jasmin. Juan Antonio Martinez metteur en scène

    Editions Marsa Publications
    Collection "Poésie sur tous les fronts”
    dirigée par Christian Viguié
    https://revue-a.fr/
    ISBN : 978-2-494652-27-9

  • Marie-Paule Richard poète

    L'horloge de la poète Marie-Paule Richard s'est arrêtée en juillet 2025, la stoppant dans son élan. Elle devait donner une lecture à Névache dans les Hautes-Alpes, avec Cathline, lectrice et chanteuse. Elles cheminent ensemble depuis longtemps.

    J'ai rencontré Marie-Paule sous le nom de Marie-Renée au début des années 2000. Elle présentait à la médiathèque de Romans-sur-Isère son roman "Hôtel de la plage". Mais son domaine était la poésie.

    Elle-même a évoqué la mort d'un poète devançant la sienne de plusieurs années :

    l'horloge du poète s'est / arrêtée / il va... / au bout de lui-même... / au bout de ses mains poussent/ les feuilles qu'il n'a pas écrites

    Sa vie se déroule dans une histoire et une géographie. Vivre près du Vercors n'est pas anodin.

    Plus qu'une montagne / un pays / une famille / protectrice et rude / massive et secrète... ...des morts surgissent les vivants /...l'homme fait corps avec la montagne
    au profond de ses entrailles/ elle a ses secrets / ses morts ses batailles

    J'ai sous les yeux son recueil Fleur d'orage, beau titre inspiré d'Andrée Chedid paru chez Jacques Brémond en 2018. "Chaque fleur d'orage porte la graine de demain" inscrit-elle en exergue.

    Dans la lignée de la poète franco-égypto-libanaise, Marie-Paule cherchait les alliances. Elle a publié avec des artistes, Marie-France Chevalier pour "Mon Vercors", Jean-Paul Meiser pour "Riflesso".

    Elle animait des ateliers d'écriture. Elle a aidé Chantal Umuraza à raconter "Une jeunesse rwandaise" au milieu des massacres qu'a connues la jeune fille en 1994. Jean Magalhaes a pu dire ce qui lui tenait à cœur "Dans le ventre du loup". D'autres, grâce à elle ont pu écrire des mots libérateurs.

    Elle écrit dans "Fleur d'orage" : Cheminer, s'accorder, s'émerveiller. Et aussi :

    inventer sa route /dans le débris de ses rêves à la rencontre / de l'autre

    Elle est avant tout REGARD, me semble-t-il. Sensible à l'éphémère, elle voit les petits riens qui sont tout. Un rire, la chute d'un pétale, un papillon. Elle dénonce les artifices. Elle dit aussi que le langage est de sable.

    Tout autre est le recueil "D'infinis paysages", poème d'amour à la femme aimée.

    la caresse / est notre langue / un chant / la houle qui nous aimante

    La sensualité s'y déploie d'autant plus sublimée qu'elle est en retenue et va vers la rupture

    toi et puis rien / une brise/ un vol d'oiseau / en moi tous les désirs / toute l'intranquillité du monde

    Le désir interdit laisse la page blanche : je pleure / ce que je ne sais pas nommer

    Marie-Paule, je l'ai plus croisée que connue. Je ne sais pas si elle était facétieuse. J'aime à penser que ses mots pourraient resurgir parmi nous comme "un petit nuage qui gonflait ses joues dans le couchant"

    Geneviève Briot juillet 2025

  • Les nymhéas à deux voix - Musée de l'Orangerie

    Nymphéas.jpeg

    Entrer au Musée de l'Orangerie, c'est entrer dans un temple où règnent les nymphéas. Des ondes d'un bleu vert pailleté d'étoiles dansent sur les murs. Le silence s'impose et chacun s'y trouve seul au milieu de tous. Une divinité de la Paix y séjourne, déesse primitive de la nature. Les visiteurs sont pris dans une ronde d'étangs. Sur les murs, en sourdine, un chant se devine, mystique. Plongée dans le bleu.Claude Monet peint pendant des jours et des jours. J'imagine que dans son sommeil, il nage dans la transparence, prêt à saisir la moindre lueur. L'onde est aussi le ciel. Lequel reflète l'autre ? Un buisson ardent, un soleil qui insuffle le rire et des chuchotis. Des vents agitent la surface. Le fond frémit, là où s'enracinent les algues. Les plantes enlacées enfantent dans le clapotis de l'eau. Des saules pleureurs réfléchissent l'aube. Des bulles d'air éclatent.L'artiste peint les couleurs en bourgeons sur le point de s'épanouir. Tous ses tableaux sont là, visages de porcelaine dans les fleurs des nymphéas, cheveux lumière, robes clartés du féminin, habits sombre des hommes. Nous entrons dans le secret de l'art. Claude Monet livre un mystère aux regards qui plongent au cœur des eaux. Vibration de poètes et d'artistes, traversée de miroirs.Il peint pendant des jours et des nuits, même quand les pinceaux gorgés de couleurs se reposent. Ses rêves sont dans l'étang, errent avec des antennes qui appellent les enfances, les chemins étranges de la vie et de la mort.Monet devenu étang, fait son autoportrait qui flotte tel Ophélie.Les nymphéas, déesses de l'onde dansent sous nos yeux d'intérieur et nous offrent l'innommable douceur d'un jardin sous les eaux.

    Geneviève

     

    Je n'ai qu'à tendre le bras pour sentir les remous de la main du peintre. Les flots sont vivants. Une aubaine pour quelqu'un né en bord de mer qui aspire à se baigner. Les herbes sont folles ; elles imitent les voyelles et font des pirouettes sous les yeux amusés des nénuphars. L'eau, son bleu multiplié, couvre la page. Les Nymphéas sont un livre ouvert. J'assiste à une leçon d'écriture. Forcément, chaque visiteur, devenu lecteur, trouvera son compte. Devenus également corps à la dérive parés de silences. Car tel est le vœu du peintre. Silence, il faut faire silence. Les gardiennes de l'Orangerie le rappellent régulièrement. Des silences aussi nombreux que les visiteurs. Derrière les murs peints, une mer immense, d'un bleu noir, originelle. On devine son bouillonnement dans les éclats de voix soudains des visiteurs. L'émotion est telle que j'en oublie mon chapeau.

    André

  • Des amandiers

    chemin amandierx.jpg

     

     

    Des amandiers sur le chemin

    Mes pas au jour le jour

    Appel d'un oiseau

    Geneviève Briot

  • Salon du livre à Chomérac

    5 avril 2025. 
    Premier Salon du livre de Chomérac organisé par Marie-Jo Volle et Christine Bénéfice, avec la présence de Caroline Thivel, la fille d'Alain Borne qui a publié La fille de l'autre, récit de son enquête pour confirmer sa filiation qu'elle a connue tardivement
    Avec une quinzaine d'auteurs de la région, nous présentons nos livres à la Condamine, lieu plein de charme en ce début de printemps.
    Nous donnons aussi notre lecture : Alain Borne. De l'autre côté du miroir. Plonger dans son monde et une époque, faire entendre sa vibration qui vient jusqu'à nous. Sa voix demeure vivante, en écho à son souhait de laisser après lui une sorte de feuillage / pour que des yeux voyant mon petit automne / se demandent s'il reste un peu de sève dans l'arbre. Il ne voulait, disait-il, que chanter l'amour, la mort et l'homme dans sa misère et sa grandeur.
    Relier Alain Borne à Caroline Thivel, c'est relier ce qui ne l'a pas été en son temps.
    En la circonstance, nous a rejoints Maël Vincensini, la petite-fille du poète ardéchois qui est écrivaine. Pour moi, c'est aussi retrouver un peu de la ferveur des rencontres de Chomérac des années 78 - 85. Elles étaient organisées par l'ami d'Alain Borne, Paul Vincensini, disparu en 1985. Il ne cessait d'inviter tout un chacun à vivre en poésie.
    C'est à Chomérac en particulier que mes poèmes ont pris racine avec l'amitié de Paul et de Guillevic. Mon premier recueil a pour titre Basalte publié chez Guy Chambelland, présent à l'une de ces rencontres ; il a la teneur de cette pierre nourrie du feu des entrailles de la terre. 
    La poésie emprunte des chemins sinueux pour se faire entendre. Elle est parfois rivière souterraine et resurgit en ignorant la chronologie, simplement parce qu'elle est pouvoir de vie.

    Geneviève

  • De l'autre coté du miroir. Alain Borne, poète

     Alain Borne-Encre.jpeg

    Lecture à la Médiathèque de Montélimar le 14 novembre 2024
    Un poète célébré pour les uns, demeuré inconnu pour d'autres. Cette lecture n'était pas une commémoration mais une fleur qui perce la neige du temps. Faire entendre la poésie de celui qui, de son propre aveu, ne pouvait s'éprendre que de l'impossible, et pour qui seule la poésie est vie, le reste est subsistance. 
    Notre souhait, à nous les colporteurs-liseurs, est de faire rayonner la beauté des vers d'Alain Borne, leur luminosité. A travers les mots coule une musique qui est aussi le sang de l'amour. Nous faisions entendre un homme généreux et tourmenté qui voulait être reconnu dans sa réalité profonde, hors des modes et des conventions. Le poète, éternel amoureux de la femme et avide d'absolu se heurtait à la mort. Alors il avait choisi de chanter aussi le néant.
    Le rêve d'Alain Borne était que sa poésie demeure : Je sais que ce pont frêle peut-être ne sera pas emporté par les eaux…
    Il y avait tout lieu de répondre au poète trop tôt disparu que sa poésie continue à vibrer, doublement puisque ses deux filles Béatrice et Caroline étaient présentes et que l'une d'elles écrit. Notre lecture précédait la présentation à la Nouvelle Librairie Baume de "La fille de l'autre" (Edit Plon) que Caroline Thivel venait de publier à propos de leur filiation.
    Remonter le temps avec quelques Montiliens qui évoquèrent la vie provinciale des années 50 où s'épanouit l'histoire d'amour d'Alain avec Marie, la mère de Béatrice et de Caroline. Cette histoire hors mariage avait scandalisé quelques esprits chagrins.
    Ce soir-là, la poésie était amour : Tu me brûlais de loin / tantôt tu étais d'or / tantôt de miel tantôt de lait / tu étais la rosée / doublant de transparence l'aubépine
    Ce soir-là, la poésie était vibration, ferveur et le public y prenait toute sa place. 

    Nous avons présenté cette lecture à l'Atelier du Hanneton à Charpey le 22 décembre, lors des Ateliers en fête. La même lecture dans un autre lieu devenait toute autre. Le public découvrait le poète et l'atmosphère était moins propice à l'émotion. La contrebasse de Maxime en intro initiait une certaine gravité qui n'excluait pas des éclats d'humour et de fantaisie propres au poète. Notre démarche état de montrer Alain Borne dans sa complexité, dans son humanité, pas de le limiter aux thèmes de l'amour et de la mort, comme il est souvent présenté.

    Prochaine lecture de De l'autre coté du miroir : le 23 janvier 2025, lors de La Nuit de la lecture au Broc'café à Espeluche dans la Drôme. Nous la donnerons sur un autre ton, un peu plus comme une conversation. Il y a tellement de façons de partager ce que l'on aime.

    Geneviève

  • Se maintenir en vie

    Lettre d'un colporteur-liseur N°38
    "Se maintenir en vie" de André Cohen Aknin (30 juillet 2024)
    Les textes cités sont tirés principalement  de  "J'aurais pu devenir millionnaire. J'ai choisi d'être vagabond". Alexis Jenni. Editions Paulsen - Andjelko Vuletić - “L'institutrice", film du réalisateur israélien Nadav Lapid, 2014 - “Avenirs". Jean-Pierre Siméon. Editions Gallimard.

    Dans le livre d'Alexis Jenni "J'aurais pu devenir millionnaire. J'ai choisi d'être vagabond"(1), on découvre John Muir, un inventeur de machines en bois qui au XIXe siècle aurait pu devenir millionnaire, ses croquis de machines sont de la trempe de celles de Léonard de Vinci, mais il a choisi de devenir vagabond, plus précisément un amoureux de la Nature. Il n'aura de cesse de la sonder et de la mettre en valeur. Alexis Jenni dit que John Muir avait une "intuition aiguë des mécanismes de la Nature où vie et mort s'entrepénètrent et s'entreconditionnent en un cycle en rotation permanente". Pour cela, il donne la définition des Lumières de l'encyclopédie au XVIIIe siècle : "la vie est le contraire de la mort". Il poursuit avec celle de Bichat, au début du siècle suivant : "la vie, c'est l'ensemble de tous les mécanismes qui s'oppose à la mort" ; puis il ajoute celle de Claude Bernard qui, au milieu du XIXe siècle, tranche la question d'un aphorisme brutal : "la vie c'est la mort". John Muir semble s’être approprié l’essence de cette conception, comme si elle flottait dans l’air du temps. Alexis Jenni explique que "l'être vivant ne se maintient en vie qu'en avançant constamment vers la mort, détruisant d'un côté, créant de l'autre, vivant tant que cet équilibre se maintient”. 
        Nous détruisons d'un côté et nous créons de l'autre. Pour ce qui est des destructions, merci bien, nous avons notre lot avec ce qui se passe en Ukraine, à Gaza, au Soudan et les drames dus aux dérèglements climatiques…

        Après le 7 octobre, j'ai écrit une lettre d'un colporteur-liseur, mais je ne l'ai pas envoyée. La crainte d'être incompris. Mais on l'est forcément à une époque où les avis sont tranchés. Dans l'esprit de beaucoup d'entre nous, il y a un effritement des valeurs, tout se vaut, nous sommes dans la confusion. Aujourd'hui, c'est l'horreur qui a le plus d'impact. On a vu les images glaçantes du déferlement des miliciens du Hamas qui s'en prenaient volontairement à des civils en Israël. 
        "La vie c'est la mort", ce regard distancié n'est pas la première chose qui vient à l'esprit quand on est en sidération. Démuni, je me suis d'abord tourné vers les politiques. Il en est ressorti un sentiment d'impuissance, un air de déjà entendu à la suite de la découverte des fosses remplies de cadavres à Srebrenica et de celles creusées par les Khmers rouges, du gaz moutarde en Syrie, des gorges tranchées en Algérie, des génocides des Arméniens, des Juifs, des Tutsis, des massacres délibérés d'Amérindiens, d'Aborigènes, de la répression des Ouïgours, des corps calcinés de Boutcha… 
        A suivi la réplique de l'armée israélienne, comme un scénario écrit d'avance, avec ses bombardements, ses destructions, ses déplacements de populations et ses victimes civiles, cette fois palestiniennes. 
        Ceux qui tiennent les armes sont des communicants ; ils savent que les chaînes d'info et les réseaux sociaux sont friands d'images d'hommes, de femmes, d'enfants calcinés, violés, apeurés, écrasés par les bombes, de décors apocalyptiques et d'appels à la vengeance.
        
        À quoi bon espérer, puisque l'humanité est coutumière de ces fureurs sanguinaires ? Hannah Arendt la philosophe ne parle-t-elle pas de "la banalité du mal"(2) et Agrippa d'Aubigné dans "Les Tragiques", un ouvrage paru en 1616, ne dit-il pas que "L'homme est en proie à l'homme, un loup à son pareil" ? Faudrait-il alors se ranger une fois pour toutes aux mots d'Albert Camus : "L'espoir est le malheur des hommes" ? Aimé Césaire, au contraire, nous pousse à agir ; il écrit dans "Cahier d'un retour au pays natal”(3) : "Et surtout mon corps aussi bien que mon âme, gardez-vous de vous croiser les bras en l'attitude stérile du spectateur, car la vie n'est pas un spectacle, car une mer de douleurs n'est pas un proscenium, car un homme qui crie n'est pas un ours qui danse…”. Reste que je n'ai rien d'un fabricant de Golem. L'homme parfait n'est pas dans mes cordes. Que faire si les poètes sont tués ? Est mort sous les bombes le poète palestinien Refaat Alareer. Allons-nous dénombrer combien d'autres poètes ou aspirants poètes parmi les victimes des deux bords ? Que peut faire la poésie dans un monde où l'on condamne les poètes ? Les Russes Artiom Kermandine et Iegor Chtovba ont été condamnés à des peines de prison pour avoir participé à une lecture de poésie contre la guerre en Ukraine. Au lieu d'écrire, ne devrait-on pas plutôt agir à la manière du rabbin Arik Ascherman et affronter l'adversité bâton en main et godillots aux pieds ? Arik Ascherman protège ainsi les bergers palestiniens dans la région d'Hébron de ses compatriotes israéliens belliqueux. Il faut pouvoir parfois affronter ses propres frères. Cet homme est aussi un poète, puisque son regard porte au-delà de l’horizon.

        Des mois ont passé. Les bombardements se poursuivent à Gaza. On dénombre de nouveaux morts. Tous les otages ne sont pas libérés. Nous assistons à la résurgence d'un antisémitisme débridé et virulent sur les réseaux sociaux, dans les manifestations et dans nos universités. On meurt dans le Donbass et le Darfour. Des migrants continuent de se noyer.

        Je reviens à Césaire : "Gardez-vous de vous croiser les bras en l'attitude stérile du spectateur". Oui mais comment faire ? Abnousse Shalami parle de transcendance ; elle nous dit dans son discours sur la laïcité (4) : "peut-être que cette transcendance qui nous manque, c'est dans la culture qu'il faut aller la chercher". Et quoi de plus transcendant que la poésie ! Ce chant enfoui dans chaque pierre, dans chaque herbe, dans chaque parcelle de notre peau. Je me tourne alors vers les poètes, au hasard, de façon boulimique, à la recherche d'une phrase ou d'un simple mot auquel je pourrais m'accrocher. Textes de guerre, de résistance, de mort, de paix, d'introspection. Yehuda Amichaï parle de la nuit : "Et la nuit quand mon corps transforme / la guerre en paix…"(5). Mahmoud Darwich lui ne se fait pas d'illusion quand il écrit : "Le progrès pourrait être le pont du retour à la barbarie…"(6). René Char n'est pas très gai avec son "Avenir déjà raturé !"(7), alors que Federico Garcia Lorca fait fi de la mort : "que tous sachent que je ne suis pas mort"(8). Sipho Sepamla tente de nous rassurer : "un homme n’est pas aut’chose qu’un aut’"(9). Quant à Richard Rognet, il sait que "Les chemins sont limpides / quand la terre murmure"(10). Le problème est que la terre crie plus qu'elle ne murmure. Hélène Cadou nous met au pied du mur : "Plus d’avenir / Et le dos au mur / Que sauverais-tu ?"(11) Qu'est-ce que nous pourrions sauver ? Je suis passé par une foule de couleurs, du blanc au rouge le plus foncé, en passant par le violet, le rose, le jaune, l'orange. C'est la faute à Rimbaud, à ses "voyelles" et à son "Dormeur du val", avec ses "haillons d'argent", son "cresson bleu" et ses "deux trous rouges au côté droit". Bref, ça tourbillonnait dans ma tête. Au bout d'un moment, je me suis demandé si le mieux ne serait pas simplement d'"aller", comme le conseille René Char avec son "Aller me suffit"(12). Oscarine Bosquet nous rappelle de rester vivants(13). Oui vivants ! Et Liliane Giraudon nous parle de ceux qui restent invisibles : "ceux qui résistaient / ils sont devenus / invisibles"(14) ; elle nous met également en garde : "le problème n'est plus / de faire que "l'Art poétique" soit / un détournement de "l'Art de la guerre"
        La poésie est certes à la fois détachement et emprise sur le réel. Mais n'est-ce pas là qu'une façon d'accepter l'inexorable pour le dépasser et aller sur d'autres chemins ? Ne ferais-je pas mieux de rejoindre Andjelko Vuletić ? Ce poète est de Sarajevo, c'est dire qu'il a connu l'horreur. 

        "… cette histoire qui vient de l’est ou de l’ouest
        ne m’intéresse pas. Je suis moi-même et aucun autre, coupable de ma voie,
        de ma naissance, coupable de ce tout ou de ce rien.

        Pour cette raison, s’il vous plaît,
        ne me cachez pas le soleil."

        Rompre avec la vision du passé, c'est aussi ce qu'on retrouve dans la bouche d'un enfant-poète, un personnage du film de Nadav Lapid, “L'institutrice" (15) : 

        "Entre deux vies
        au cœur de la vie
        durant la vie
        arrive un moment étrange
        où tu apprends à rompre
        avec ta vision du passé
        car elle n'existe plus pour toi
        car tu dois l’oublier.
        Le moment de la rupture
        est un moment de mort.
        La rupture arrive comme une nuit d’hiver
        en pleine canicule…"

        On découvre dans ce film les travers de la société israélienne et par-là même de toutes les sociétés, qu'elles soient prétendument libres, réfractaires au changement ou soumises à des doctrines autoritaires. Cet enfant a des jaillissements poétiques comme réponse au monde. 

        Ou faire, comme le préconise Liliane Giraudon, rester invisible ? 

        Une lueur d'espoir. Au mois de février, j'écoute "La grande librairie"(16), une émission animée par Augustin Trapenard. Là, je tombe sur Wajdi Mouawad, le directeur du Théâtre de la Colline. Le sujet est l'"héritage". Au fil de la discussion, je me reconnais dans les mots de l'auteur libano-québécois : "l'héritage m'encombre"… "j'ai appris à détester ceux qui ne sont pas dans mon camp"… "cette situation fait de moi un monstre, parce qu'on m'a appris à détester"… "il faut lutter contre soi"… "le langage est littéralement piégé"… Wajdi Mouawad invite à "créer des espaces où les "ennemis" peuvent encore dialoguer et faire entendre ensemble une voix, même infiniment petite, qui ne soit pas celle de la haine. Le théâtre peut en ce sens être cet espace"(17). Je remplace instinctivement le mot "théâtre" par celui de "poésie". C'était comme s'il me disait : vas-y, écris ; si tu as des doutes, tu pourrais simplement les livrer…
        Quand les portes se ferment et que les amitiés tiédissent, il reste les rencontres, celles d'hommes, de femmes et de textes capables d'élargir les horizons. Car, oui, les textes sont des êtres vivants. 

        Patatras ! Les nouvelles concernant Wajdi Mouawad ne sont pas bonnes. La création de sa pièce "Journée de noces chez les Cromagnons", prévue à Beyrouth, a dû être annulée pour cause de cabale. Le metteur en scène n'est pas le bienvenu sur sa terre natale. On l'accuse de promouvoir "la normalisation avec l'ennemi". On lui reproche d'avoir accueilli au Théâtre de la Colline un spectacle d'Amos Gitaï, l'auteur israélien(18). Homme de théâtre, Wajdi Mouawad sait que pour avoir une chance de se poser les bonnes questions, il faut rassembler les contraires. Le mouvement vient de là. La vie est dans le dialogue, ce mouvement de l'un vers autre. 

        Heureusement, arrive l'émission sur France Inter "Sous le soleil de Platon" du 12 juillet. Il est question de "La théorie du bourgeon" de Fabrice Midal(19). On annonce : un remède anti-découragement. Ou comment la vie et la confiance en l'humanité ne demande qu'à éclore en nous… Sûr que je vais commander ce bouquin.  Le soir-même, j'ouvre le recueil de Jean-Pierre Siméon "Avenirs"(20). Le premier texte Donnez-vous un soleil me réjouit : 

        "…Donnez-vous un soleil 
        Franc comme la conspiration des amants 
        Contre la mort 
        Comme l'explosion d'un rire 
        Au sommet de la fatigue 
        Un rire de rivière
        Une rivière dans la gorge
        Donnez-vous je vous en prie
        Des mains de feu
        Pour étrangler la peur et la fatigue
        Ces chiens de garde de la mort
        La vie cela ne s'attend pas
        Cela s'arrache combat
        À plein bras
        À plein corps
        À plein cœur
        Contre les spectres amers
        Et les artisans frivoles du néant
        Hardi donc !…"

        Si j'ajoute le livre d'Alexis Jenni sur la vie de John Muir, il y a peut-être encore quelque chose à sauver. 

    André Cohen Aknin
    Le 30 juillet 2024

    (1) "J'aurais pu devenir millionnaire. J'ai choisi d'être vagabond". Alexis Jenni. Editions Paulsen
    (2) "Considérations morales". Hannah Arendt. Editions Payot & Rivages Poche - Petite Bibliothèque
    (3) "Cahier d'un retour au pays natal". Aimé Césaire. Editions Présence Africaine - Poésie
    (4) 17ème cérémonie des prix de la laïcité 2023 présidée par Abnousse Shalmani, journaliste et écrivaine
    (5) Autre poème de paix, Yehuda Amichaï. Extrait "Anthologie de la poésie hébraïque moderne". Ed. Caractères.1984
    (6) "Comme les fleurs d'amandier ou plus loin". Mahmoud Darwich. Editions Actes Sud
    (7) Contre une maison sèche. René Char. "Le nu perdu". Editions Poésie / Gallimard 
    (8) Gacela de la mort obscure - Frederico Garcia Lorca - Poésies, III 1926 - 1936 - Poésie / Gallimard
    (9) L'même l'même - Sipho Sepamla - "Poèmes d'Afrique du Sud". Anthologie composée par Denis Hirson. Edit. Actes Sud et UNESCO
    (10) "Elégies pour le temps de vivre". Richard Rognet. Editions Gallimard
    (11) Plus d’avenir - Hélène Cadou. "En ce visage l’avenir" - Jacques Brémond Editeur
    (12) "Fureur et mystère". René Char. Poésie / Gallimard
    (13) "Participe présent". Oscarine Bosquet. Le bleu du ciel Editeur
    (14) Je marche ou je m'endors. Liliane Giraudon. Un monde nouveau. Yves di Manno & Isabelle Garron. Mille&unepages. Ed. Flammarion
    (15) “L'institutrice", film du réalisateur israélien Nadav Lapid, 2014
    (16) "La grande Librairie" du 28 février 2024 sur France 5
    (17) Sur le site du Théâtre de la Colline
    (18) Le Monde du 7 juin 2024 
    (19) "La théorie du bourgeon" de Fabrice Midal. Editions Flammarion / Versilio
    (20) “Avenirs". Jean-Pierre Siméon. Editions Gallimard

    Lire la suite