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08/02/2012

Jeanne Benameur

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Une auteure dont la sobriété de l'écriture est proprement stupéfiante.

Dans les romans que nous avons lus avec délectation, Jeanne Benameur met en scène des êtres de silence et de contemplation, dans une langue poétique qui va à l'essentiel. On est touché par une grâce qui détonne avec notre monde où les paroles tourbillonnent, nous empêchent de penser et peut-être de voir.

Dans Les demeurées les mots font leurs nids dans la tête de Luce. La petite héroïne fait bloc avec sa mère dans un monde de gestes du quotidien. Objets en gros plan. Mots nimbés de silence. Phrases courtes.

Les blancs sur la page ouvrent des espaces où le lecteur peut s'arrêter, imaginer, toucher, sentir, exulter. Le voile de ma petite grand-mère qui me revient, toute ridée, odorante, ma bouche contre sa joue, le voile au bord, épice musc, odorante livre-t-elle dans Ça t'apprendra à vivre.

Les mots se font rares, ont une vibration. Jeanne Benameur sait même faire parler leur absence.

Dans Les mains libres, il n'y a pas eu de mots pour qu'Yvonne devienne Madame Lure. Monsieur Lure a simplement été ému par le mouvement de ses mains, c'est tout. Nous-mêmes n'avons-nous pas été parfois interdits, privés d'expression parce que le tumulte en nous était trop grand ou que nous nous sentions dans une grande vacuité.

Les mains ont une présence particulière, celles de son père dans Un jour mes princes sont venus : je n'ai pas su quitter la paume de sa main. Je t'en prie souffle souffle sur ta main pour que je sois libre. Trouve ton dernier souffle papa, envole-moi.

Il y a l'Algérie, une terre qui nous est chère.

Dans Ça t'apprendra à vivre, elle se souvient de son enfance là-bas, de tout ce que ses parents ne disent pas et de tout ce qu'il ne faut pas dire. Fille d'un Arabe et d'une Européenne, l'enfant demande : Est-ce que nous serons toujours des "à moitié, des demi" Quand serons-nous entiers ?

En elle :

le désarroi parce rien ne lui est expliqué de ce voyage vers un ailleurs inhospitalier. Moi aussi j'ai une frontière, elle est dedans. Personne ne la respecte 

et une détermination : Je me suis fait le serment que je ne m'habituerais jamais à rien.

 Ces romans nous apparaissent comme un désir d'ouverture, de compréhension du monde dans ce qu'elle a de plus secret. Ne dit-elle pas il y a … des jardiniers invisibles qui cultivent les rêves des autres ? Elle nous fait sentir à quel point nous sommes liés les uns aux autres : personne ne meurt vraiment. Jamais.

Une force étonnante se dégage de cette écriture, quelque chose d'irréductible qui rayonne de l'intérieur. 

Geneviève et André

30/12/2011

André du Bouchet

Nous descendions dans la nuit de décembre, dans l'ombre de la vie et nous avons rencontré "Une lampe dans la lumière aride " de André du Bouchet aux Editions Le Bruit du Temps :

"Je me trouve au-dessus de la terre

            dans un rapport de délicatesse

voilà le jour

                        écru

mais je pense que nous sommes aussi fragiles l'un que l'autre

                        …

le jour éclaboussant le sol autour de la porte

et cette branche noire qui se détache contre la façade noire

                        …

j'ai revu ton visage cette nuit, tes lèvres gercées

c'est toujours ton visage dans la lumière blanche - le mien - comme la lumière qui vient couvrir - d'un trait - doucement se poser sur l'entaille

j'étais toujours à côté de mon visage

celui qui n'est pas le nôtre

devenu visage de vent

que le jour dénature …"

 

De la nuit profonde puiser la poésie limpide pour rafraîchir les fronts les plus obscurcis, pour étancher les soifs les plus brûlantes. La poésie parle une langue "d'étrangèreté" et ouvre un voyage immobile au cœur de nous-mêmes.

André et Geneviève

08/12/2011

LIEU DE MURMURE

l’atelier du Hanneton  (édition & typographie - librairie de campagne)

&

l’atelier poterie Marie-Pierre Bonnardel

présentent :

LIEU DE MURMURE

à Charpey, dans la Drôme

On y trouvera des livres, de la poésie, des poteries, de l’encre et du plomb pour la typographie, du papier naturellement, mais aussi des courts-métrages, une roulotte de haïkus, un gueuloir poétique, des musiques, des lecture, un temps pour se rencontrer, sourire, boire…

Les 11, 17 et 18 décembre 2011

Deux dimanches festifs à ne pas manquer

Horaires 10h à12h et de 14h à 19h

Se renseigner au 04 75 59 69 54


Le dimanche 11 décembre (après-midi)

André donnera lecture de « Ce rouge qui brillait dans le torrent »

Une petite histoire de peinture et de Soutine de Sylvie Durbec

que l’Atelier du Hanneton publie et présente à cette occasion. 

07/12/2011

couleur en murmure

 

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couleur en murmure sur les tempes la vague immémoriale remet le signe à sa place dans la pierre que l’eau trace inlassablement suivre son mouvement respirer

André

La Coudoulière, nov 2011

 

06/11/2011

Les oiseaux et nous

poésie,théâtre du ciel,geneviève briot,aquarelle,gallotta,guy delahaye,actes sud

dans le sillage de l’oiseau bleu

voyagent nos rêves

 

l’azur les boit

tout crus

 

parfois ils jouent à saute moutons

sur les nuages

 

ou s’enlisent

dans la brume

 * 

rêves aux mille senteurs


 il y a ceux des hommes

derrière les grilles

 

les espoirs des mains

qui vibrent en éventail

 

des rêves papillons de jour

papillons de nuit

 

il y a des attentes

aux regards de volubilis

 * 

désir d’oiseau

à travers le temps


rêve d’Icare

brûlé aux feux du soleil

 

rêve d’Ader

et naissance de l’avion

 

décollage immédiat

pour des terres lointaines

 

lien entre les hommes

tissé par l’aigle et l’archange


texte extrait de "Le théâtre du ciel" (inédit) Geneviève

aquarelle de Geneviève inspirée d'une photo de Guy Delahaye dans le livre "Gallotta" chez Actes Sud