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24/07/2012

La marche des femmes

natalia capellini,valentine lavanture,campement européen des jeunes féministes,étoiles d'encre,féminin masculin,behja traversac,miki nakumara,jean-michel letellier,olga valparaiso,carole menahem-lilin,annick demouzon,wassylia tamzaliEn juin s'est tenu à la Maison de quartier St Nicolas à Romans sur Isère une rencontre européenne "Marche mondiale des femmes" avec des débats, projections, expositions, concert et pique-nique.

Deux jeunes femmes, Nathalia Capellini et Valentine Lavanture ont présenté le premier Campement européen des jeunes féministes. Il avait eu lieu à Toulouse en juillet 2011 et avait rassemblé 70 jeunes femmes représentant dix pays. Elles avaient organisé ensemble le programme, la répartition des tâches pour une vie communautaire pendant une semaine. Le but était de créer un espace de partage. Les discussions en ateliers s'orientaient principalement sur le féminisme et l'écologie, mais aussi sur des problèmes concrets qui se posent à elles et qui peuvent être différents selon les pays et les traditions. Cet été, le rassemblement est prévu en Roumanie. Le témoignage de Nathalia et Valentine montrait la capacité et la volonté de jeunes femmes pour s'affirmer et créer une solidarité qui corresponde aux besoins réels des jeunes européennes.

Qu'est-ce donc être femme aujourd'hui ?

C'est la réflexion que s'était donnée la revue "Étoiles d'encre" dans le numéro 47-48 intitulé Féminin Masculin paru à l'automne 2011.

On trouve dans ce numéro des écritures fortes et audacieuses. Le thème y est abordé avec subtilité, sincérité, dans des textes questions, des textes affirmations, des textes témoignages. "Une mosaïque empreinte de  gaieté et de nostalgie, de rires et de cris de douleur, d'humour aussi, d'exubérance" ainsi que Behja Traversac la définit dans son édito. Un couple d'artistes Miki Nakamura et Jean-Michel Letellier y présentent leur démarche artistique duelle dans l'harmonie et non l'opposition.

Les récits de vie à travers prose, théâtre, poésie donnent chair à cette réflexion plurielle marquée par l'authenticité, la générosité, la révolte. Entre en jeu la grammaire de notre langue qui laisse son empreinte sur la pensée. À travers des entretiens et articles, particulièrement celui dOlga Valparaiso "Mauvais genres", s'affirme le désir de changer les normes, la revendication d'une liberté de vivre entière, non plus dans la complétude des sexes, mais dans la capacité de s'affirmer seul au féminin ou au masculin. "Une androgynie fondamentale qui ouvre des chantiers insoupçonnés dans tous les domaines des relations humaines et de son action sur le monde". Devenir Autres, écrit-elle, entrer dans un changement radical des mentalités. Ce que Carole Menahem-Lilin exprime en disant : "Tout porter en soi, fille et garçon, terre et ciel, émotion et mesure,/ quelle merveille" et encore "On ne trouve jamais sa part manquante / on la crée"

Cet appel au changement fait le grand écart avec la femme voilée de la nouvelle d'Annick Demouzon "Le Prix", avec l'évocation de Wassylia Tamzali qui  parle de ses rencontres avec des étudiantes algériennes à Constantine, de leur liberté qui reste à conquérir.

Les femmes sont en marche, leur regard porte loin devant et le chemin sera long.

Geneviève

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