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  • La mémoire individuelle et collective 

    "La mémoire individuelle et collective" 
    Guy Masson, Bibliothécaire pour le blog des critiques de lectures écrites par les bibliothécaireshttp://everitoutheque.viabloga.com/
     
    Voici un livre bouleversant qui décrit  après une longue absence la rencontre d’un fils  avec sa mère atteinte de la maladie d’Alzheimer. Confronté aux atteintes neurologiques irréversibles engendrées par cette maladie, il va malgré tout essayer de rentrer en communication avec Juliette. Il va noter toutes les bribes de mots qu’elle prononce. Pour réveiller ses souvenirs d’ancienne couturière à Oran, il va lui faire toucher du tissu. Il va également lui faire écouter de la musique arabo-andalouse… Se sentant coupable, conscient d’être à l’origine du chagrin maternel, le narrateur va lui raconter ses souvenirs d’enfance en Algérie,  son exil volontaire et ses nombreux voyages.

    Cette tentative de rapprochement va se heurter au regard critique de son frère aîné, mais aussi de l’assistante de vie. Heureusement, il retrouvera un peu de réconfort grâce à Mourad, l’épicier arabe avec qui il apprendra à réaliser une loubia, un plat typiquement algérien et que Juliette faisait si bien.

    La mémoire individuelle et collective est sans doute le thème central de ce récit écrit  avec  sensibilité et délicatesse. Il est question de la guerre d’Algérie, d’exode forcé, de nostalgie. C’est un ouvrage qui mélange les goûts, les couleurs, les odeurs, les recettes de cuisine, les musiques et les traditions juives et musulmanes.

    On retrouve dans ce roman des thèmes chers à André Cohen Aknin, écrivain et poète : l’attachement à l’Algérie, aux racines, aux traditions, la douleur d’avoir perdu sa sœur et le pays de son enfance. C’est le bilan d’une vie passée à comprendre son sens. C’est aussi le regard lumineux d’un poète qui apprécie le mélange des cultures et qui dresse un pont entre celles de l’Orient et de l’Occident.
    Ce roman apporte un regard bienveillant sur l’autre qu’il s’agisse de la personne malade perdue dans un océan inconnu ou de l'étranger. 

    Récit à la fois intime, poétique et humaniste qui peut se lire à plusieurs niveaux.

    Une mention spéciale pour le soin apporté par l’éditeur à la composition de cet ouvrage qui est aussi un bel objet.

  • Voyage au pays des saveurs

    Voyage au pays des saveurs
    de Genevieve Briot pour la revue A. LITTERATURE ACTION
     
    Qui se laisse porter sur l'océan ? Est-ce le narrateur qui s'abandonne au chant de la vague ? Est-ce Juliette sa mère qui vogue sans repères dans la maladie d'Alzheimer ?
     
    Le fils revient vers elle après une longue absence. Un choc. Le souhait des retrouvailles pourrait s'arrêter là, tant le silence qu'elle lui oppose est impénétrable, tant il est démuni par son mutisme. Elle est devenue une inconnue. Comment la rejoindre ?
     
    Bien sûr, dans sa jeunesse, iI avait voulu aller à contre-courant des habitudes et souhaits du milieu familial, pour devenir LUI dans sa part solitaire et indépendante. Désir d'un enfant bouleversé par la guerre d'Algérie, d'un adolescent meurtri par une forme d'exil et qui avait soif d'un ailleurs, de plusieurs ailleurs.
    Combat de l'homme avec l'ange qui rallie la terre et le ciel, l'individu à l'être.
     
    Sa mère est la nourriture terrestre qui porte le parfum d'un pays, d'une histoire. En sa présence végétative, il entreprend un voyage au long cours où il lui faut vaincre des obstacles. Les odeurs, les goûts de la loubia et des plats des fêtes juives d'Algérie concrétisent le chemin sur lequel il entraîne le lecteur avec humour et gourmandise. L'apaisement vient avec le triomphe des sensations, des saveurs de l'enfance.
     
    Ils ont vécu dans deux mondes qui s'ignoraient mutuellement.
    Raviver la vie heureuse et tragique de Juliette, les musiques d'autrefois, raconter enfin ses voyages à lui, ses épreuves, sa passion de la lecture à elle qui lisait à peine, son envie d'écrire qui a progressé pas à pas.
    Ce qui n'a jamais été dit est révélé à travers des dialogues surréalistes, des rêves…
     
    Juliette a oublié parole et sensibilité au monde qui l'entoure. Il faut reconquérir le lien perdu, syllabe à syllabe, mot à mot, note à note, regard à regard. La présence attentive du fils prodigue, la musique de ses mots opèrent un éveil.
    Le narrateur flotte sur la vague des onomatopées de la vieille dame, de ses sons et phrases décousues. Par un nouveau langage fait aussi de voix et de gestes, il réunit deux mondes séparés.
     
    La phrase est ajustée dans sa musicalité, souvent proche de l'oral, ce qui donne une présence physique au texte, une résonance vivante. 
     
    On perçoit là tout l'intérêt d'André Cohen Aknin pour le théâtre, pour le métier au sens étymologique du mystère, du travail et de l'artisanat ; il a été menuisier. 
     
    Roman de conciliation, de reconnaissance, d'harmonie. Roman d'amour donc.
     
    "Ma mère a le don des femmes vêtues de sable rouge… de celles qui écrivent avec leur cuisine d’où s’élève le parfum des épices… Sous ses mains, les grains de semoule parlent du désert, des chamelles, du quartier, des cris des enfants et du joueur de flûte sous un ciel étoilé…"

  • Comme acte d'amour d'un fils pour sa mère

    Un lit dans l'océan, un roman comme acte d'amour d'un fils pour sa mère.
    Radio France Alzheimer - Emission "Coup de pouce, coup de cœur" 
     
    André Cohen Aknin vient de publier Un lit dans l’océan (Editions Paroles), un roman largement inspiré de sa propre vie. Le narrateur est le fils de Juliette, une vieille femme juive d’Algérie atteinte par la maladie d’Alzheimer. Le narrateur, c’est lui, André. Juliette est sa mère. Le fil rouge du roman : la cuisine, la musique et l’amour d’un fils pour sa mère. “Ce livre est un acte d’amour. C’est comment libérer la vie là où elle est emprisonnée.”

    Radio France Alzheimer - Emission "Coup de pouce, coup de cœur". Animé par Laurent Dupuis. (13') https://radiofrancealzheimer.org/broadcast/1237-Un-lit-dans-l-océan-un-roman-comme-acte-d-amour-d-un-fils-pour-sa-mère

  • Avis Presse, lecteurs - extraits - "D'azur et de feu"

    • Du Maroc à l'Inde, en passant par la Russie, le Canada ou l'Afrique, de voyages en rencontres, de l'enseignement à la fréquentation des milieux littéraires et anarchistes, cet ouvrage retrace le parcours d'une femme libre, amoureuse, anti-conventionnelle, haute en couleur, qui force l'admiration par son dynamisme. Bulletin de Bourg-de-Péage
     
    • Le rire de Josette et de Geneviève, le jour de la photo de la quatrième de couverture, est un rire de soleil. Ce n'était pas un rire bruyant, ostentatoire, mais un rire plein, plein comme un corps entier, un corps de femme, plein comme un poème, un poème-rire.
    Elles riaient aux éclats, assises sur le canapé ; elles riaient d'être ensemble, de pouvoir se regarder, se parler. On aurait dit des adolescentes, même si l'une a 90 ans et l'autre presque 80. Josette est fille de menuisier ; Geneviève, fille de boulanger. Qu'ont-elles en commun ? D'être des femmes, d'être curieuses, d'avoir de l'intérêt pour les autres et une inébranlable volonté d'être libre, libre dans leur manière de penser et dans leur corps. Elles ont aussi le besoin insatiable de lire et celui d'écrire. Josette a beaucoup écrit sur ses carnets de voyage, Geneviève est écrivaine. Elles ont aussi en commun d'avoir enseigné. "Elles rient", André Cohen Aknin. extrait. Revue A Littérature Action
     
    • On y évoque la vie d'une Romanaise, née à Châtilllon - St-Jean en 1927. Josette a épousé Robert Passas de Bourg-de-Péage.
    … une femme qui portait les valeurs de la fraternité et de la liberté des anarchistes. Une femme en quête de spiritualité sans appartenir à une religion. Josette a aimé d'amour ou d'amitié des gens hors du commun. Elle se souvenait avec émotion de sa passion amoureuse pour le vieil anarchiste libertaire Alexandre Marius Jacob. Elle en témoigna sur France Culture lors d'une émission consacrée à cet "honnête cambrioleur". Laurent Thiot, L'Impartial 
     
     • J'ai admiré cette femme pour sa liberté de penser et d'être, son énergie de vie, sa confiance et son intelligence des choses de la vie. Yamina, lectrice 
     
    • Une vraie merveille, quelle aventure, quel chemin, quel rythme ! Et, parfois, quelle audace ! Tant de choses, tant de beautés, de bontés, de douceurs alimentent et nourrissent cette belle vie d’une femme d’exception ! … C’est la larme à l’œil que je referme ce livre, pardon, ce roadbook d’une vie extraordinaire, le sillage d’une vie-modèle, comme une procession de foi, une ode à la vie !
    Félicitations pour cette belle écriture qui cisèle et honore admirablement cette aventure d’une vie ô combien riche, émouvante, renversante parfois, mais stimulante, séduisante. Richard, lecteur
     
    • Je vois ce livre comme un tissage léger et presque transparent, alternant les rayures de laine fine et de soie brillante et cela, ce sont les deux écritures de Josette et Geneviève, sans que je sache laquelle est en laine et laquelle est en soie. Claudia, lectrice 
     
    • Je ne regrette qu’une chose, c’est de ne pas l’avoir connue... autrement que par cet ouvrage. Merci pour ce bel hommage à cette si belle personne. Jean-Luc, lecteur